Discipline domestique 021 – Halloween 2014 – Partie 14 : Au service !

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Sommaire du journal (si vous ne voulez pas tout reprendre depuis le début la soirée en cours débute au post 13)
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Mes amies et moi discutions, assises confortablement sur le canapé du salon. Mon homme était affalé sur le sol devant nous, encore sonné, par la séance de gifles qu’il venait de se prendre. Pas malheureux ou mécontent ne vous méprenez pas, simplement fatigué comme on peut l’être après du sexe. Le BDSM est une épreuve physique, sans entrainement vous ne tenez pas la distance, si nous insistons autant pour que nos soumis fréquentent les salles de musculations ce n’est pas tant par caprice mais par prévoyance.
À chaque fois que je fais une longue séance je laisse au soumis de courtes pauses pour le laisser récupérer.
Ce n’est pas du laxisme mais une nécessité. Parfois je sors un livre et je dis au soumis « j’en ai marre de toi. Reste là. Et si j’entends un bruit ça sera ta fête comme jamais. Je DETESTE que l’on me dérange pendant que je le lis ». De quoi maintenir son niveau de stress tout en lui permettant de récupérer. Pas besoin de s’éterniser, même dans les pires cas en 15 minutes il est de nouveau sur pieds.
Ce soir-là la séance était très longue, il fallait bien ça pour mettre au défi un soumis habitué à mes mises au supplice, les pauses devaient donc l’être tout autant. Comme nous étions plusieurs dominas l’excuse la plus simple pour justifier cette pause était de discuter entre nous comme si de rien n’était.
Nous entendre piailler et rigoler alors qu’il était astreint au silence devait être particulièrement humiliant. En tout cas c’est ce que j’imaginais. En lançant quelques coups d’oeil vers lui j’ai révisé mes attentes. Il respirait lentement, indifférent à ce qui se passait autour de lui. Il était dans son monde et ne cherchait surtout pas à s’en sortir. Après tout nous l’avions poussé dans ses retranchements, il était à terre, battu par des amazones, la définition du paradis selon lui.
Il a sursauté en entendant sonner à la porte d’entrée. Je me suis levée.
— Ça doit être les pizzas.
J’ai posé la cravache que j’avais en main à ma place et je me suis dirigée vers l’interphone.
J’ai beau avoir un passif de troubles alimentaires je suis toujours la première à me jeter sur ce genre de plat. Ce qui énerve souvent les gens parce que peu importe ce que je mange je ne prends pas de poids. Mon corps stocke relativement peu de graisse, il parait que c’est génétique, une défaillance partielle en une protéine du métabolisme des graisses ou un truc comme ça. Nous serions quelques siècles auparavant je n’aurais pas passé le premier hiver un peu rude.
Après avoir ouvert à distance la porte du hall au livreur j’attendais au niveau de la porte d’entrée de mon appartement qu’il monte. Du salon j’ai entendu Candice me dire en rigolant :
— Tu veux que je prenne une laisse et que je t’amène ton chien ? Pour te protéger ? C’est dangereux Paris la nuit.
Mylène a commenté :
— Faible comme il l’est il ne servira pas à grand-chose….
— Mais si ! Il peut toujours servir à faire mourir de rire d’éventuels agresseurs !
Je ricanais toute seule en imaginant la scène, le potentiel agresseur voyant sauter sur lui un homme nu tenu en laisse. Il y en a un qui devait moins rigoler, mon homme, je n’avais pas besoin de l’avoir dans mon champ de vision pour savoir qu’il venait d’avoir un frisson dans le bas du dos. Il avait dû s’imaginer en laisse à mes pieds, fixant le sol alors que le livreur essaye de faire comme si de rien n’était ou fait une plaisanterie nerveuse.
Au contraire de Candice mon homme n’est pas porté sur l’humiliation, surtout si elle est devant de larges audiences. Non pas qu’elle en soit une inconditionnelle mais elle estime, et à raison il faut le reconnaitre, que la honte est un puissant moyen de contrôle. En mettant mal à l’aise ses soumis elle conserve pour elle l’exclusivité de la maitrise de la situation.
Selon sa définition dominer consiste avant tout à faire faire aux soumis des choses qu’ils n’auraient pas pu faire seuls ou dont ils ne se seraient pas cru capable. Elle estime qu’il n’y a rien de mieux pour leur prouver sa puissance que de les forcer à faire le tour d’un club en disant à haute voix « j’ai une petite queue », je n’ai pas de mal à croire que cela transforme l’état d’esprit des soumis.
Pourtant j’utilise peu ces méthodes, il faut dire que je vais rarement à des soirées, je suis plus à l’aise pour dominer en groupe restreint. Je reconnais l’utilité de pratiques en groupes pour aider le soumis à assumer son statut. Pourtant je n’arrive pas à me faire violence, je suis en général sévère avec mes soumis, j’aime dire que je les dresse à la dure, je dois être encore trop protectrice. En tout cas je n’aurais jamais infligé à un « innocent » la vue de pratiques BDSM. Question de respect. Je serais tout aussi gênée à voir des gens faire l’amour en public. Déjà que je suis mal à l’aise quand des gens s’embrassent.
J’ai répondu à Candice:
Pas la peine. Je saurais me défendre seule.
— Je vais quand même le faire.
J’ai entendu le clic de la laisse sur le collier. J’ai levé les yeux au ciel en essayant de donner des instructions à mon homme par la pensée, les chances de réussite était faible nous n’étions même pas dans le champ de vision l’un de l’autre. Cependant cela ne m’a pas empêché de penser « elle te provoque, ne fait pas l’idiotie d’essayer de résister où elle va le faire pour de vrai ».
Je faisais suffisamment confiance à Candice pour ne pas faire dans l’humiliation publique sans mon approbation je n’ai donc pas interféré dans son plan. En soirée nous prenons parfois des initiatives avec les soumis des autres mais toujours avec des pincettes, règle élémentaire de courtoisie et de respect de la propriété de l’autre. Elle ne m’a pas déçue puisqu’elle ne l’a effectivement pas fait.
Lorsque je suis retourné dans le salon avec les pizzas j’ai vu qu’elle avait fait mettre mon homme sur le dos et qu’elle appuyait sous les bourses, à la base de la verge, avec l’avant de ses escarpins. Vu le sourire crispé de mon homme elle ne faisait pas semblant pourtant il se taisait malgré l’inconfort. C’est une zone sensible qui fait transpirer les hommes dès que nous les menaçons. Ça doit être lié à l’angoisse de castration. Appuyer sous le sexe, à l’endroit de son raccordement avec le corps, le meilleur emplacement pour « couper », doit éveiller l’instinct de conservation. J’ai supposé que Candice lui avait dit de rester tranquille et d’encaisser ou elle l’amenait devant le livreur, ou un truc dans le genre.
J’ai posé les pizzas sur le coin de la grande table du salon et je suis retournée m’asseoir sur le canapé. J’ai regardé mon homme et je lui ai crié :
— Le service ne va pas se faire tout seul !
Il a tourné la tête vers Candice qui a relâché la pression et décroché la laisse avant de revenir s’asseoir avec nous.
Une nouvelle phase de la soirée venait de s’engager, nous l’avions battu et les règles des butins de guerre impliquaient que désormais il était notre esclave et qu’il devait nous servir. Bien entendu nous aurions pu l’exiger dès le départ mais le ressenti n’aurait pas été le même tant pour lui que pour nous. J’estime qu’un soumis ne peut pas se mettre dans l’état d’esprit adéquat s’il n’a pas tâté récemment du fouet. Au sens figuré bien entendu.
Il s’est dirigé vers la grande table du salon, je l’ai réprimandé :
— Ne fais pas l’idiot tu vas t’attirer des ennuis.
Il savait ce que je sous-entendais, pour moi le terme « service » a un vrai sens. J’apprécie beaucoup l’époque victorienne telle qu’elle existe dans l’imaginaire collectif. Pour moi un serviteur porte forcément un uniforme lui signifiant son rôle dans la société. De même mon niveau d’exigence est également très élevé, le service doit être impeccable.
Il est allé à la cuisine et a mis un petit tablier de soubrette associé à une coiffe.
— La robe aussi maitresse ?
— Non, ça ira comme ça.
Dans cet ensemble il était plutôt ridicule, surtout que sans la robe il avait les fesses à l’air.
J’ai rajouté quelques secondes après.
— Mais n’oublies pas le butt-plug !
Dans mon imaginaire un serviteur doit être un peu crispé, c’est un rôle très formaliste et pour le simuler je n’ai rien trouvé de mieux que d’avoir un objet dans les fesses. Il est donc allé chercher un modèle de plug particulier, pas tant spécial par la taille que par un anneau à l’extérieur permettant de lui accrocher d’autres joyeusetés. En l’occurrence j’aime lui faire mettre une sorte de cage de chasteté, un anneau derrière les bourses et un tube sur la verge, toutes les parties étant reliées à l’anneau du plug. Pour faire simple, plus il est titillé du point de vue sexuel et plus il doit serrer les fesses pour maintenir le plug en place. Cela permet d’associer érection et contraction anale, ça amplifie les envies et augmente l’inconfort rendant le service très érotique.
C’est fatiguant bien évidemment de serrer les fesses sur une longue période mais je n’ai jamais dit que me servir était une sinécure, bien au contraire, il allait transpirer un peu.
Après la mise en place il est allé se laver les mains et a découpé la pizza avant de nous l’amener sur un plateau comme s’il s’agissait de grande gastronomie. C’était totalement ridicule pas besoin d’en rajouter.
Lorsqu’il est arrivé à notre hauteur les moqueries ont commencé :
— Qu’il est mignon comme ça !
— Une vraie soubrette !
— Tu ne devrais pas l’autoriser à porter autre chose.
Tout ce qu’il a pu répondre c’est :
— Merci, mesdames.
À son sourire crispé il devait serrer très fort les fesses. Outre le fait de nourrir celles qui le punissaient, la symbolique était puissante, il devait se pencher pour nous servir ce qui signifiait qu’il devait se contracter davantage autour de son plug pour le garder en place. De quoi le mettre mal à l’aise.
Le temps de nous laisser manger il s’est mis en retrait, comme attendant avec le reste du mobilier de servir à nouveau.
Il avait l’air un peu envieux de notre repas, après ce qu’il avait vécu ça ne lui aurait pas fait de mal. Pas forcément pour le côté « glucides », même si pour de longues séances il n’est pas inutile de prévoir une collation. J’ai déjà eu le cas un soumis en hypoglycémie après avoir poussé un peu les jeux, enfin pas vraiment au sens médical, pas de coma je vous rassure, juste le besoin de manger un truc. Il n’avait mangé qu’un sandwich en vitesse le midi. Une très mauvaise idée. L’inverse aussi est mauvais, un repas lourd n’est pas bon avant une séance de soumission. Comme souvent le juste milieu est la meilleure solution
Mon homme avait déjà bien mangé donc ce n’était pas un danger, par contre un petit quelque chose aurait été un réconfort qui lui aurait fait du bien au moral.
Je le connais, il aime baver sur mes privilèges mais en même temps il est déçu lorsque je les lui accorde. En tant que soumis il a intégré qu’il passait toujours après nous.
De notre côté nous n’étions pas en reste côté fatigue, avec l’heure qui avançait et toutes ces émotions fortes nous étions tout aussi épuisées que lui.
Pour le narguer j’ai dit en le regardant :
— Ça creuse la domination.
Mylène a rajouté :
— Ne t’acharnes pas, il ne peut pas comprendre. C’est un soumis, il n’a pas la moindre idée de ce que c’est que de faire des efforts. Tu lui parles chinois.
Elle a agité son verre vide, mon homme s’est penché pour la resservir dévoilant davantage ses fesses, Candice en a profité pour lui mettre une claque dessus.
Il a sursauté mais a su garder sa contraction pour éviter tout incident.
— Merci madame.
Je lui ai appris que pendant une soirée se faire frapper par une femme est une bénédiction et qu’il doit remercier à chaque fois. Je tiens à la politesse de mes soumis. Ce qui ne fait qu’accroître l’envie qu’ils ont de mal se comporter. Je ne vais pas tant m’en plaindre cela me donne des occasions de les punir plus sévèrement encore.
Une fois qu’il a eu fini de nous servir il s’est reculé discrètement. Anna lui a fait signe de rester à genoux près d’elle, le plateau tendu à bout de bras. Elle s’est amusé à déposer plusieurs verres et bouteilles dessus.
Pour se moquer elle lui a dit :
— Pas bouger !
Elle sait que j’exige de mes domestiques un service de grande qualité et que le moindre écart est vigoureusement sanctionné à la cane, décorum victorien oblige, et pas à faible dose.
Elle a continué d’ajouter des objets sur le plateau, mon homme n’avait pas d’autre choix que de se laisser faire, critiquer une invité étant pire que laisser tomber un plateau, ce qui, en soit, est déjà particulièrement grave.
Après quelques minutes à le voir trembloter j’ai été prise de pitié pour lui et je me suis interposée en le renvoyant vider son plateau à la cuisine.
Alors qu’il revenait j’ai repris mes provocations :
— Tu en veux ?
Je lui montrais un morceau de pizza. Mon homme a répondu :
— Je ne sais pas si j’ai le droit maitresse.
Mylène a eu l’air choquée.
— Parce que tu penses que c’est une possibilité ?
Elle s’est retourné vers moi :
— Ne me dit pas que parfois tu le nourris avec les mêmes plats que toi ! Tu le gâtes trop, pas étonnant qu’il devienne paresseux Trop de confort rend les esclaves inefficaces je l’ai toujours dit ! Une bonne gamelle de croquettes dans la cuisine ça suffit pour les tenir en vie, un truc qui a bon gout c’est un luxe inutile.
Anna a rajouté :
— Tu n’obtiendras jamais rien de lui de cette façon. Une vie à la dure c’est tout ce qu’il mérite.
Elles plaisantaient bien entendu, il n’empêche que la perspective de ne manger que comme un animal fait fantasmer pas mal de soumis. Envie qui est destinée qu’à rester un fantasme. La nourriture pour animaux n’est pas étudiée pour nous, question de digestion. Sous prétexte de domination il ne faudrait pas donner des aliments non-destinés aux humains à nos soumis. Il y a le fantasme et la réalité matérielle des choses.
Quoi que, nous mangions une pizza donc du point de vue « bon pour la santé » on pouvait repasser.
Candice a surenchéri :
— Je suis d’accord, ils n’ont pas besoin de plus. La dernière fois que tu l’as laissé en pension chez moi il n’a eu droit qu’à la gamelle de tout le week-end. Il ne s’est pas plaint.
J’ai pensé « tu m’étonnes qu’il ne s’est pas plaint, avec toi il savait à quoi s’attendre ! ». Je ne suis pas pour autant étrangère à ses pratiques, de manière fréquente je lui impose de manger dans une gamelle posée sur le sol mais le même plat que moi, ou de lécher mon assiette après que j’ai fini. Il y a une symbolique que j’apprécie.
J’ai dit :
— Vous êtes dures les filles.
Candice a répondu :
— Mais non, après une journée de dur service je peux t’assurer qu’ils se jettent tous sur leur gamelle de croquettes. Il suffit de les en priver quelques fois et la faim fait le reste.
Anna a rajouté :
— Au pain sec et à l’eau ça lui fera les dents.
Toutes ces discussions devaient avoir leur petit effet sur mon homme et rendre son embarra plus fort encore. Il devait s’imaginer dans ces situations, les redoutants tout en sachant qu’il suffisait de quelques mots de ma part pour que le rêve devienne réalité. À être auréolée de ce pouvoir je devais le rendre dingue de désir.
Candice a continué à le provoquer.
— Pas vrai qu’il aime ça le cabot ?
Elle a ramassé une poignée de biscuits salés.
— Aux pieds ! Fais le chien !
Il s’est agenouillé aux pieds de Candice.
De son autre main elle lui a mis une gifle.
— Mieux que ça !
Il s’est mis à tirer la langue en haletant. Elle lui a mis un biscuit dans la bouche.
— Brave bête.
Anna a pris à son tour une poignée de biscuits apéritifs. Elle en a agité un pour le faire approcher. Nous rigolions de le voir agir ainsi, un homme adulte en train de courir de place en place la langue pendante pour attraper de la nourriture. C’est quelque chose à essayer.
J’ai dit :
— Vous me trouveriez trop laxiste si je lui proposais une gamelle d’eau ?
Mylène a répondu sur un ton très sérieux :
— Ça dépendrait de comment tu négocies. Un tel luxe nécessite qu’il fasse de gros sacrifices.
Nous nous sommes regardées en souriant, nous étions si méchantes, comme si devoir laper dans une gamelle à même le sol n’était pas assez humiliant, il fallait que nous le forcions à faire des concessions.
Comme circonstance atténuante je dirais qu’il adorait ça, et même s’il n’avait pas eu soif il aurait joué le jeu tout de même pour s’amuser.
Il savait aussi qu’il était bien plus dangereux de ne pas participer à nos idées, cela froisse nos égos et ce n’est jamais une bonne chose.
Candice semblait sceptique :
— Tu ne devrais pas le laisser boire. Si tu lui files de l’eau il ne pourra pas se retenir avant sa promenade de demain matin. Tu veux avoir une flaque sur ton balcon demain matin ? Après c’est toi qui vois mais moi, vu l’heure et la température dehors moi je ne sortirais pas pour lui faire faire ses besoins. Mais c’est ta vie. C’est pas moi qui vais me geler à deux heures du matin.
Mon homme et moi avons échangé un regard complice. Je savais ce qui se passait dans sa tête, cette vision de lui obligé de passer la nuit sur le balcon et d’attendre le matin pour se soulager dans le parc alors qu’il est tenu en laisse. Une partie de lui trouvait cette perspective terriblement excitante.
Quelques semaines auparavant, après une soirée de jeux, nous avions lancé des idées pour la suite, il était un peu euphorique comme peut l’être un soumis après avoir « survécu ». Il avait imaginé que je le force à passer une nuit sur le balcon. Certes il m’arrive de le faire en été quand les nuits sont douces, mais lui voulait que je le fasse aussi en hiver. Visiblement il y avait déjà pensé et avait un plan déjà prêt, avec un bon duvet de montagne et une niche/tente monoplace isolée il n’y aurait eu aucun danger pour sa santé. On trouve facilement des sacs de couchage certifiés pour des environnements à -15°C.
J’avais coupé court à la discussion, il n’était pas question que je le fasse. Pas uniquement pour sa propre sécurité mais pour mon confort, je passerais probablement une plus mauvaise nuit que lui avec tout le souci que je me ferais.
Je crois qu’il devait espérer que le fait que mes amies en parlent me fasse reconsidérer l’idée. Il pouvait toujours rêver.
Autant qu’il dorme sur le tapis du salon ou aux pieds du lit pas de problème, mais dehors en plein hiver c’est hors de question. Il trouvera une autre façon de se sentir comme « un animal sauvage ».
Mis mal à l’aise par la situation et se sentant coupable de continuer à fantasmer sur ce scénario malgré mon interdiction il a saisi la première occasion pour aller se réfugier dans la cuisine. Il devait espérer que la discussion ait changé de sujet lorsqu’il reviendrait.
Il sait que lorsque je mets un « point final » à une discussion il n’a plus le droit de m’en parler. Si jamais le sujet revient sur le tapis je passe généralement à des arguments bien plus « cinglants ».
J’ai profité qui s’isole pour aller le rejoindre et passer un peu de temps en tête à tête avec lui, pour prendre la température sur son ressenti de la soirée.
De mon côté j’étais plutôt fière de lui, de nous. Cette soirée était une épreuve que nous affrontions à deux. Après tout un couple domina-soumis est un duo, l’un de ne peut pas être heureux sans que l’autre le soit.
Je lui ai demandé :
— Tu n’es pas bien là ?
— Oui maitresse, servir est ce à quoi je suis destiné.
J’ai soupiré, « maitresse », parfois les soumis m’énervent. Au quotidien je n’oblige pas mon homme à m’appeler maitresse, ni même à me vouvoyer. Pendant les soirées je le laisse faire ça le met dans le personnage mais je n’aime pas ça.
En utilisant ce terme il voulait me faire comprendre que moi aussi je devais rester dans mon rôle. Ne pas être « Emilie » mais « maitresse ». J’avais envie de l’enlacer pour le féliciter d’avoir tenu bon mais symboliquement il me repoussait.
Parfois, en tant que dominatrice, vous voulez être gentille, vous aviez dit 25 coups mais au bout de 20 vous trouvez que la punition est assez sévère et vous voulez lui faire cadeau des 5 derniers. Ça pourrait passer pour de la mansuétude et pourtant vos soumis vous en veulent. Si vous aviez dit 25 ils veulent 25. Ils refusent d’être bien traité, ou pire d’être considérés comme faibles. C’est un peu comme si je les insultais en les ménageant. Les soumis doivent considérer que nos paroles sont divines et même nous ne pouvons revenir dessus, aussi sévères soit-elles. En parlant à mon homme comme à un être humain c’est comme si j’avais franchi une ligne interdite.
Après ce n’avait pas été vraiment explicite, je ressentais une agressivité latente sans en avoir de preuve formelle. Il faut dire que les soumis ne sont jamais contents. Ils sont à genoux, c’était trop dur ; ils ne le sont pas, ça ne l’était pas assez.
Etant un peu têtue sur les bords – rires – j’ai persisté dans ma tentative d’être gentille avec lui.
— Pas trop éprouvantes les jouissances interrompues ?
— Un peu maitresse. Mais cela m’endurcit donc c’est positif.
— Porter la cage au quotidien n’est plus si dur finalement ?
— Non maitresse, j’ai de la chance avec la cage, je l’avais oublié, merci de me l’avoir rappelé.
— Qu’est-ce qui est le plus dur ?
— M’approcher du plaisir, Maitresse. Je ne m’en sens pas digne. Heureusement que vous êtes là pour m’infliger une douleur me remettant à ma place.
Je crois que le message était clair, je n’allais rien pouvoir tirer de lui. J’étais un peu dépitée de ne pas être arrivée à mes fins mais s’il continuait à répondre à mes questions avec des phrases aussi sincères que les promesses d’un politicien en campagne je n’allais pas aller loin.
Constatant mon échec je suis repartie dans le salon, un peu en colère contre lui. Je me suis promis qu’il y aurait des représailles à son attitude. Comme tous les soumis il sépare amour et soumission, je ne le peux pas. Il parait que ça a un fondement biologique, la nature n’oblige pas les hommes à s’attacher en associant amour et vie sexuelle. Ils peuvent aimer et être volage, sexe et amour sont deux processus séparés. Chez nous la nature associe les deux pour que nous forcer à nous attacher et trouver quelqu’un pour veiller sur nous pendant que nous portons un enfant. C’est d’ailleurs pour ça que les soumis changent de temps en temps de maitresse alors qu’une soumise sera plus fidèle à son dominant. La vie est compliquée.
Il est vrai que tout cela n’aurait fait que rendre la suite plus difficile encore à supporter pour lui. Qu’importe, mon bien-être passe avant le sien.
Juste après il est revenu avec des boissons et d’autres amuses-gueules. Sans me regarder. J’osais espérer que c’était par culpabilité. Peu importe, nous étions en public il fallait que j’évite de lui faire une scène, une vraie j’entends.

À suivre …

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Une réflexion sur « Discipline domestique 021 – Halloween 2014 – Partie 14 : Au service ! »

  1. Bonsoir Emilie

    Comme d’habitude,c’est en seconde lecture que j’apprécie encore plus votre nouveau texte.(c’est même la troisième)
    J’ai l’habitude de dire que vos posts sont tous plus beaux les uns que les autres, mais une chose est certaine, celui-ci je vais le relire souvent.
    En effet, l’humiliation est un de mes thèmes préférés avec les « jeux » de pinces sur les mamelons et ce récit en parle avec talent(c’est un pléonasme); avec en point d’orgue les commentaires de Candice sur les vertus de l’humiliation 🙂 et la définition du travail d’une domina envers son soumis .
    Merci Emilie, et Bonne soirée

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