Discipline domestique 022 – Halloween 2014 – Partie 15 : les montagnes russes 3 : fin de soirée


Sommaire du journal (si vous ne voulez pas tout reprendre depuis le début la soirée en cours débute au post 13)


Moi et mes amies discutions sur le canapé du salon. Du coin de l’oeil je surveillais mon homme, il semblait tendu, il faut dire que nous le forcions à retenir un plug anal pendant qu’il nous servait. Un soumis ne doit pas être trop à l’aise même lors d’une phase de repos, après tout nous étions dans une soirée BDSM et j’avais une réputation à tenir.
J’essayais de dissimuler que j’avais été contrariée par son comportement dans la cuisine, j’avais voulu être gentille et il m’avait repoussé. Qu’importe, je devais rester concentrée car la soirée était loin d’être finie, j’aurais d’ailleurs plus d’une occasion de décharger sur lui cette frustration. Une perspective intéressante.
J’ai regardé mes amies et je leur ai demandé :
— Nous sommes à combien de dénis d’orgasme ?
Anna a répondu avec nonchalance :
— 4 ou 5 je crois.
— Disons 4, et nous allons à 5. J’aime les chiffres ronds, c’est mon côté maniaque.
J’ai tourné la tête vers mon homme.
— Qu’en penses-tu ? 5 ? Ou tu préfères 10 ?
Question stupide en apparence mais amusante sur le plan de vue de la domination, je le forçais à choisir entre deux options désagréables et, loin de lui offrir une liberté, cela lui prouvait qu’il ne pouvait pas m’échapper.
— 5 sera très bien maitresse. Sauf si vous pensez que 10 valent mieux bien entendu.
À cause du changement d’intonation de la seconde partie de sa réponse je n’ai pu retenir un ricanement. On aurait dit que sa voix s’était mise à ramper à mes pieds pour me supplier de ne pas choisir cette option. Malgré son angoisse il l’avait pourtant proposé, il ne savait que trop bien que lorsque je laisse un choix à mes soumis je veux non seulement qu’ils prennent une position mais aussi qu’ils laissent une ouverture à la fin pour se montrer respectueux. Quoi que cela lui ai couté il avait dû le faire.
Repartir pour 5 phases n’était pas mon idée initiale, ça aurait même été redondant et ça m’aurait lassé, mais à le voir si pitoyable et impuissant face à ma décision j’avais presque envie de le faire pour de vrai. Voir quelqu’un s’aplatir devant mon autorité est tout à fait le genre de situation qui me fait planer.
Je suis une grande fan de tragédies, au sens grec, l’innocent brisé par le système.
Mylène a dit avec sarcasme :
— Quelle mauviette !
Nous avons ricané, visiblement je n’étais pas la seule excitée par la situation.
Elle a demandé :
— Tu ne vas quand même pas le laisser s’en tirer avec si peu ?
Je lui ai répondu sans quitter mon homme des yeux, je voulais qu’il voie dans mon regard la détermination à le faire souffrir. Il avait voulu que je reste dans le rôle d’une maitresse implacable ? Il allait le regretter ! J’allais être cruelle bien au-delà de ses « espérances ». J’ai répondu :
— Ne t’inquiète pas. Cette solution n’est pas la plus simple loin de là. Ça sera 1 seule séquence, mais elle sera bien pire que 5 autres réunies.
Mon homme a eu des frissons et a baissé les yeux ne pouvant plus soutenir mon sourire carnassier.
Ma menace n’était en réalité qu’un effet de dramatisation. Il en faut. Lorsque vous amenez un homme aux frontières de l’orgasme vous ne pouvez pas aller « plus loin ». C’est un endroit unique. J’aurais du mal à vous dire ce que « 5 fois pire » peut être.
Je me suis levée et je me suis approchée de lui, je ne pouvais pas me sentir aussi puissante que je voulais en étant assise alors qu’il était debout. Je lui ai mis une pichenette de l’index sous le menton pour lui faire relever la tête.
Tu te rappelles ce que j’ai dit au départ ? Si tu jouis avec une autre je considérerais cela comme de l’infidélité pure et simple. Tu veux te retrouver à la porte avec un sac pour seul bagage ?
— Non maitresse.
— Alors pourquoi as-tu choisi la voie qui te demandera le plus d’efforts ? Veux-tu me prouver quelque chose ?
— Je ne savais pas ce que je faisais maitresse.
J’ai ricané à nouveau, je venais presque de lui faire dire qu’il regrettait de ne pas avoir choisi de monter jusqu’à 10. Je ne sais pas s’il était vraiment convaincu par ce que je disais ou s’il faisait semblant. En tout cas c’était plaisant pour moi de surfer sur cette puissance. Mon arrogance a redoublé, je n’avais plus à me forcer pour incarner le personnage d’une maitresse gynarchique hautaine.
— Pour changer … Tu ne sais jamais ce qui est bon pour toi.
Instinctivement il a de nouveau baissé les yeux. Quel imbécile ! S’il pensait qu’il pouvait fuir de la sorte c’est qu’il me connaissait mal. J’allais lui faire regretter d’avoir voulu que je mette ma partie gentille en sourdine. Je lui ai mis une nouvelle pichenette sous le menton, il allait devoir affronter mon regard pendant toute la discussion.
Tu te souviens pourquoi tu es ici ?
— Parce que j’ai fauté, maitresse.
— Je ne te parle pas du prétexte mais de la vraie raison. Pourquoi as-tu demandé à revenir en cage ?
Je le voyais lutter pour résister à la tentation de baisser les yeux. Me défier du regard n’était pas naturel pour lui, ou plutôt il savait que cela revenait à souffler sur un brasier déjà bien allumé, cela n’allait qu’attiser mon envie d’être cruelle.
Il a répondu d’une petite voix :
— Parce que c’est ma place. Un soumis doit être en cage pour le punir d’avoir des envies.
Je me suis moquée de sa réponse.
— C’est ça, tu es « puni » par la cage. Ne te moque pas de moi ! Tu adores être en cage, être frustré, tu ne peux plus vivre sans maintenant que tu y as gouté.
J’ai laissé un silence pour dramatiser.
— Regarde-moi droit dans les yeux. Je veux que tu voies que je ne mens pas.
Il me regardait déjà en face mais je voulais amplifier l’effet.
— Je te promets, que si tu fautes, non seulement tu n’auras pas la récompense que je t’ai promise, mais en plus je ne te remettrais plus en cage pendant 3 mois. Tu m’as bien entendu, plus de jeux BDSM pendant 3 mois si tu me fais honte. C’est compris ?
Il est resté abasourdi pendant quelques secondes, il ne s’était pas attendu à ça, je venais de mettre la barre très haut. Il aurait pu supporter beaucoup de punitions mais pas celle-ci, la privation des jeux est la pire des sanctions sur l’échelle des soumis.
Lorsqu’il a pris conscience de l’ampleur de ma menace un frisson lui a parcouru le corps. Il savait que je tiendrais parole, je n’avais rien à perdre, j’aurais d’autres soumis pour me défouler pendant qu’il resterait seul à la maison dans ce qui ressemblerait davantage à une véritable chasteté que le simple port de la cage. La perspective était loin d’être réjouissante pour lui.
Je crois que si je lui avais de nouveau proposé de choisir entre « 1 ou 5 » il aurait pris les 5. Cette idée m’amusait.
J’ai fait un pas en arrière pour contempler mon « oeuvre », il y a vu une opportunité de baisser les yeux. Il semblait si faible face à mes décisions. C’était lamentable. J’étais contente de moi, j’aime mettre mes soumis à genoux, qu’ils sachent que rien n’est jamais acquis avec moi et qu’au moindre caprice je peux tout remettre en cause. Il faut me mériter et cela est valable pour lui aussi. Malgré son statut privilégié il ne me possède pas.
Je suis retournée m’asseoir et j’ai constaté que l’excitation avait été communicative, mes amies avaient toutes les joues rouges. Candice semblait particulièrement pensive. J’ai eu un doute. Désapprouvait-elle ma menace ? Il faut dire que 3 mois sans BDSM est une punition très sévère, 15 jours aurait déjà été un calvaire. Ça m’était venu comme ça. J’avais vu un peu grand mais maintenant que c’était dit j’allais devoir m’y tenir. Je me sentais un peu coupable de m’être emportée, sur le moment cela avait semblé être une bonne idée.
Elle m’a souri, j’ai été rassurée, elle semblait approuver ma décision. Avoir sa bénédiction compte pour moi. À l’occasion j’ai déjà été sa soumise et même dans mon rôle de dominatrice je reste un pas en retrait. Elle fait partie des personnes pour qui j’ai un tel respect qu’elle pourrait m’attraper par le bras pour me retourner sur ses genoux et m’administrer une déculottée sans que je résiste. Elle l’a déjà fait.
Elle a dit :
— Si les enjeux sont à cette hauteur je proposerais bien de changer un peu.
Mylène a fait une grimace.
— Comment ça ? Tu proposes quoi ?
Candice a fait un signe à mon homme pour qu’il vienne auprès d’elle. Une fois à portée elle a attrapé une des pinces qu’il avait sur le torse et l’a forcé à s’agenouiller devant elle en la tordant.
— Si c’est notre dernier jeu il est temps de jouer nos dernières cartes.
Mylène semblait sceptique.
— Tu crois pouvoir le faire monter suffisamment rien qu’en jouant avec ses tétons ?
Elle a retroussé le nez dans un rictus amusé.
Sans problème. Je sais y faire avec les hommes.
— Ça sera moins efficace qu’avec sa queue.
— Je ne crois pas. Sa queue commence à avoir l’habitude. Le changement lui fera du bien. Surtout que sensibles comme ses pointes doivent l’être il suffira que je les effleure pour le faire pleurer.
Anna s’est jointe à la conversation.
— Le problème c’est que je pensais utiliser sa sensibilité pour le faire descendre.
Candice lui a répondu :
— L’un n’empêche pas l’autre. Je joue avec et immédiatement après tu reprends la torture. Ça sera diabolique. Genre chaud et froid.
Anna a jaugé du regard mon homme, elle était dubitative, l’idée de Candice ne semblait pas recevoir l’unanimité. Pour l’observer de plus près Anna s’est levée et lui a tourné autour. Une fois dans son dos elle s’est penchée pour attraper simultanément les deux pinces et les tirer vers le haut. Mon homme a accompagné le mouvement du mieux qu’il a pu en bombant le torse. Entre la tension du plug entre ses fesses et celle sur ses mamelons le mélange douleur/plaisir devait être exquis.
— C’est vrai qu’il n’a pas l’air d’être très expérimenté sur le sujet. Il ne devrait pas être difficile de le tourmenter.
J’ai souri en coin, je connais mon homme et il est effectivement sensible du torse. En bien comme en mal.
Anna s’est retournée vers moi.
— Tu n’as jamais pensé à lui faire percer les mamelons ? C’est pratique et je connais quelqu’un qui pourrait le faire en rendant l’opération inutilement douloureuse si ça t’intéresse.
J’ai haussé les sourcils l’air peu enthousiaste, mon homme comme moi ne sommes pas portés sur les modifications corporelles. Je ne juge pas ceux qui le font, chacun ses gouts, ce n’est simplement pas notre truc. Je n’ai rien contre marquer temporairement mon soumis mais rien de définitif. S’en est même phobique. Je ne garde jamais longtemps mes boucles d’oreilles, même mes bagues m’étouffent avec le temps. À chaque fois que j’entends une femme dire qu’elle s’est fait refaire les seins je suis à deux doigts de tourner de l’oeil. Je ne serais pas contre avoir un peu plus de poitrine mais l’idée d’avoir deux prothèses en permanence dans mon torse m’est insupportable. Mon grand-père a une prothèse à la hanche, pour raisons médicales, rien qu’à y penser j’ai des vapeurs. Moi je ne pourrais pas. Je ne sais même pas comment je vais pouvoir survivre à une grossesse.
Pour en revenir au piercing, je sais que certaines aiment en faire un au gland à leur soumis, voire y accrocher une plaque pour marquer leur propriété comme s’il s’agissait d’un animal de ferme. Je préfère les cages « externes » mais l’idée est la même. Je considère être propriétaire de mes soumis. Ils peuvent reprendre leur liberté s’ils le veulent mais ils doivent choisir, moi ou une autre, pas les deux, c’est une condition de ma domination, l’exclusivité.
Je sais que certains soumis préfèreraient papillonner mais je ne peux pas, j’ai ce besoin de savoir qu’ils m’appartiennent et de les « marquer » pour que personne ne s’approche. Mais je ne pousse pas le vice jusqu’à les forcer de porter cette marque dans leur chair. Rien qu’un anneau cadenassé derrière les bourses peut me suffire mais il me faut quelque chose, mes soumis doivent être enchainés en permanence, au moins symboliquement.
Anna a continué de vanter les mérites du piercing pour les soumis :
— C’est super pratique pour les attacher. Mes soumis ont un anneau à chaque mamelon. Et chez moi j’ai une barre à la bonne hauteur pour les attacher. Je verrouille avec des cadenas et je suis tranquille. Soit ils restent sur le bout des pieds, soit ils s’arrachent les tétons. Une très bonne motivation. Ça surprend un peu les débutants au départ mais après quelques heures ils s’y font. Ils n’ont pas le choix.
Pour couper court à la discussion j’ai changé de sujet :
— Pas trop mon style. On commence ?
Candice s’est levée et a fait signe à mon homme pour qu’il pose son tablier et s’allonge sur le dos par terre. Elle s’est ensuite mise à cheval sur lui. Il a tendu les bras au-dessus de la tête en mettant côte à côte ses poignets. Machinalement j’ai posé un pied dessus en travers, pour les immobiliser.
Mon homme regardait le plafond en tentant de faire abstraction des doigts de Candice qui glissaient sur son torse. Ce n’était rien d’autre que des préliminaires et pourtant son corps réagissait comme jamais. Toute la soirée il avait été tenté, il avait résisté tant qu’il pouvait, jusqu’à l’épuisement. Désormais nous étions dans la dernière ligne droite et il ne devait pas craquer, il ne devait pas réduire à néant tous ses efforts.
Il a murmuré les seuls mots qui lui sont venus à la bouche « je serais sage je promets ». Avant un supplice les soumis font souvent des tas de promesses qu’ils ne tiendront jamais. Je trouve ça un peu pathétique, voire un peu insultant. Comme si nous allions nous adoucir parce qu’ils prononcent quelques mots vide de sens.
Candice tapait de l’index sur chacune des pinces, hésitant avec laquelle elle allait jouer. Mon homme n’avait qu’une envie, qu’elle hâte le mouvement, après tout il savait que les deux y passeraient donc peu importe la première. Il ne se rendait pas compte que c’était justement la raison pour laquelle Candice prenait autant de plaisir à hésiter. Après un gloussement amusé elle s’est finalement décidé et a serré les mâchoires de la pince gauche entre le pouce et l’index. La dernière petite amplification de la pression avant la libération, les choses sérieuses allaient commencer.
En un instant mon homme a regretté la phase d’attente. Trop tard, le supplice était commencé, il était pris au piège.
Avec délicatesse elle a retiré la première pince puis à l’aide de deux doigts elle a étiré la zone, forçant le téton à s’allonger après avoir connu la compression. J’imaginais la brulure provoquée par la circulation sanguine se rétablissant, c’est comme avoir les doigts et les oreilles qui brulent en rentrant dans un bâtiment chauffé en hiver. Une fois la pince posée à côté elle s’est penché pour souffler sur le téton ainsi libéré. Mon homme en a eu le souffle coupé, se contractant comme jamais. Il sentait monter en lui l’envie de plaisir.
Candice jouait avec la pointe, la malaxant, la pressant, l’écrasant. Chaque caresse semblait avoir plus d’effets que la précédente.
Pour distraire son esprit et ne pas flancher mon homme devait essayer d’imaginer la punition que je lui avais promise, plus de BDSM pendant 3 mois, quel cauchemar ! La lutte était pourtant vaine. Malgré ses pathétiques tentatives pour se maitriser il se savait condamné à battre en retraite pallier après pallier tant que nous nous amuserions avec lui. L’impuissance caractérisée.
Les choses se sont aggravées lorsque Candice s’est mise à jouer avec sa langue, d’abord sur l’extérieur avant de monter les enjeux en lui faisant un suçon directement sur le pauvre mamelon déjà bien éprouvé par les pinces. Mon homme en pleurait comme un enfant.
Nous assistions à un combat de titans, l’obéissance du soumis à sa maitresse opposée à ses pulsions primitives. L’issue était toujours incertaine. La seule certitude était que j’appliquerais la punition des 3 mois à la lettre. Quelque part cela devait apaiser son tourment, il n’avait pas la tentation de se dire « 15 jours sans BDSM ce n’est pas beaucoup je pourrais y survivre ».
De mon côté j’étais un peu jalouse de voir son torse faire l’objet d’autant d’attention, moi aussi j’avais quelques « envies » qui auraient bien mérité que l’on vienne les chatouiller.
Le corps de mon homme semblait désormais parcouru par des contractions douloureuses. À l’inverse j’imaginais me laisser absorber par elles jusqu’à atteindre la récompense ultime.
Il respirait de plus en plus fort. J’ai appuyé avec mon pied sur ses poignets pour capter son attention, il a ouvert les yeux et les a tourné vers moi. Je me suis moqué de son calvaire :
— Alors tu fatigues ?
Mylène a soufflé avec arrogance :
— Comment peut-on être aussi faible ? Cela me dépasse.
Candice a relevé la tête et a dit :
— J’ai pourtant encore beaucoup de choses en réserve. Il ne va tout de même pas me priver de mon jouet avant la fin !
Elle a immédiatement replongée sur le torse pour mordiller le téton libre. Pris par surprise mon homme s’est mis à gesticuler plus fort encore, il semblait paniquer. Entre deux inspirations il a réussi à crier :
— Je ne peux plus tenir !
J’ai fait signe à Candice d’arrêter. Elle s’est relevée pour éviter d’avoir une tâche sur l’arrière de sa robe. C’est toujours gênant au pressing d’avoir ce genre de marque. Ce n’est pas vraiment notre problème à vrai dire, je voyais déjà mon homme obligé d’apporter lui-même la robe à nettoyer. Bien entendu Candice l’accompagnerait pour s’assurer qu’il dise bien à l’employée « je n’ai pas pu me retenir et j’ai éjaculé sur la robe de ma partenaire ».
Il y a eu un moment de silence seulement troublé par les halètements de mon homme. Sans Candice sur son torse il s’était cambré et était resté la bouche ouverte. Nous ne savions pas s’il arriverait à se contrôler ou s’il giclerait. Nous l’avions amené pile sur la ligne limite, un souffle et il basculait du mauvais côté.
Anna m’a fait un signe de la tête pour me demander si elle passait à la douleur pour le faire descendre. Je lui ai fait signe que « non », cela aurait pu le faire fauter.
Tout ne s’était pas déroulé selon nos plans, nous n’avions pas anticipé une fin aussi rapide, mais nous étions pleines de ressources et ce n’était pas un changement de dernière minute qui allait nous faire peur.
Après plusieurs minutes mon homme a fini par se calmer et à se détendre, la faute n’était pas arrivée.
Candice lui a remis la pince. Elle lui a dit en ricanant :
— Juste quelques minutes ? J’avais déjà entendu parler de précocité chez certains hommes mais jamais à ce point.
Anna a complété :
— C’est décevant.
Une larme au coin de l’oeil il a répondu
— Pardon, mesdames.
Je crois qu’il était sincère, décevoir une femme est sa peur ultime. Nous l’avons laissé tranquille encore quelques instants pour lui laisser le temps de récupérer.
J’en ai profité pour mettre sur pied un nouveau plan d’attaque, je vous rappelle qu’il m’avait implicitement demandé d’être une dominatrice implacable. Je n’allais pas me faire prier.
Après avoir fini un nouveau morceau de pizza j’ai donc dit :
— C’est bizarre, il est jamais aussi rapide avec moi.
Voyant où je voulais en venir Anna a pris un air choqué et a dit :
— Ça voudrait dire qu’il ne trouve pas ce que tu lui fais agréable ? Que tu n’es qu’une partenaire de deuxième catégorie ?
Voyant les ennuis venir mon homme s’est empressé de répondre :
— Si, si, maitresse, j’aime ce que vous me faites !
Une réponse désespérée pour nous empêcher d’aller dans cette voie. Tentative vouée à l’échec vous vous en doutez. Il était pourtant obligé de réagir, le contraire aurait été suicidaire. S’il avait laissé le moindre sous-entendu que je ne le satisfaisais pas sexuellement il se serait pris une de ces raclées !
Pour vous rassurer je peux vous confirmer que nous n’avons pas de problèmes ensemble. Après une semaine de chasteté et une soirée très intense son corps réagissait au quart de tour il n’y avait pas besoin de chercher plus loin une autre raison. Il avait suffi d’un rien pour le mettre dans un état dingue. Argument qu’il ne pouvait pas utiliser sinon je lui aurais répondu « s’il faut te mettre en cage longtemps pour que tu réagisses fortement tu vas y passer du temps ! ». Surtout que ça ne faisait qu’une seule petite semaine.
Anna a repris.
— Non, désolé Emilie mais je crois que tu ne lui plais pas et qu’il se force à faire semblant. Il doit avoir pitié pour toi. C’est pour ça qu’être en cage ne le dérange pas trop, ça lui évite la corvée de coucher avec toi.
Elle y allait fort, j’avais du mal à ne pas partir en fou-rire tellement elle en rajoutait dans l’attitude. J’imaginais mon homme lutter pour ne pas rire lui aussi, ça devait être terrible.
Mylène a renchéri :
— Si mon mari me faisait comprendre que je suis incompétente sexuellement il ne resterait pas en vie longtemps. Et ses derniers instants seraient très douloureux.
— Ma maitresse est très douée je vous l’assure mesdames.
Candice lui a demandé :
— Alors pourquoi tu es aussi précoce avec moi et pas avec elle ?
Il est resté sans rien dire, l’air un peu idiot.
Mylène a soupiré.
— Il te méprise au point de ne même pas chercher à se défendre. C’est triste. Les hommes n’ont vraiment aucune dignité.
Je jouais la vexée qui se contient, enfin j’essayais, il était de plus en plus difficile de cacher que j’étais morte de rire. J’ai répondu.
— Non, mais ce n’est pas si grave. S’il n’aime pas les orgasmes que je lui donne il n’en aura plus. C’est simple.
Il pressentait déjà que je ressortirais cet argument souvent à l’avenir. Il avait raison.
— Je vous jure maitresse. J’aime bien ce que vous me faites.
Mylène s’est écriée :
— Juste « bien » ? Tu qualifies l’action d’une femme, une action tournée vers ton confort, de « juste bien » ? C’est encore pire ! J’aurais pu comprendre que tu aies des préférences et qu’Emilie ne les comble pas mais là tu insultes toute la gent féminine !
Il s’est repris :
— Je veux dire c’est exceptionnel. Mais comme je ne voulais pas vexer Madame Candice j’en ai rajouté.
Il y a eu un « ohhhhh » général qui n’augurait rien de bon.
Candice l’a pointé de l’index.
Tu veux dire que tu n’étais pas à bout ? Tu as fait semblant ?
— C’est de mieux en mieux !
— Tu avoues une tentative de triche pendant une punition ? Tu te rends compte de ce que cela signifie ?
Sur le moment dire qu’il avait surjouer le plaisir lui avait semblé une bonne idée, il n’avait pas pensé un instant qu’il nous mettrait davantage en colère. Du point de vue de la dominante c’était excellent, j’adore lorsque les soumis me donnent une occasion de les punir « pour de vrai ». C’est si réaliste que je me prends au jeu et c’est bon pour mon humeur.
— Tu veux que la prochaine fois nous n’arrêtions pas lorsque ça monte trop haut ? Parce que c’est ce que tu viens de gagner !
Je me suis penchée pour le regarder dans les yeux, pas tant pour qu’il voie ma détermination mais plutôt pour apprécier son angoisse lorsque j’allais lui annoncer ce que nous allions faire en représailles.
— Pour la prochaine phase de tease and denial nous allons être intraitable. Cette fois tu auras beau te débattre et supplier nous ne nous arrêterons pas, nous irons jusqu’à être certaines que tu es à bout. Si tu craques ça sera ta faute et uniquement la tienne. Compris ?
Il a répondu avec une petite voix :
— Mais vous aviez dit que c’était la dernière…
J’ai sursauté.
— Où tu te crois ? Ça aurait dû être la dernière mais tu l’as interrompu donc elle ne compte pas ! Sinon ça serait simple, les soumis n’auraient qu’à interrompre au début et ils éviteraient ainsi le doux effet du denial. Et soit déjà heureux de ne pas en avoir 2 supplémentaires pour t’apprendre à te tenir.
Il semblait contrarié, je crois qu’il avait vraiment cru que nous en resterions là, en tout cas pour le tease and denial, et que nous le punirions d’une autre manière.
Résigné il a répondu :
— Comme vous le voulez maitresse. Je ne peux qu’être toujours d’accord avec vous. Merci.
Je l’entendais penser « mais dans quel pétrin je me suis encore mis ». Je crois qu’il devait regretter de ne pas avoir accepté les « 5 fois », même si ça n’aurait rien changé en réalité.
Je trouve amusant que mes soumis regrettent les rares choix que je leur laisse. L’idée est qu’ils retiennent que décider est un fardeau dont je les libère la plupart du temps en faisant le bon choix à leur place.
Candice jouait avec ses doigts près de l’autre pince, prête à relancer les hostilités.
— Mon pauvre, tu vas souffrir tu n’as pas idée. Cette fois-ci tu n’auras pas besoin de « simuler pour me faire plaisir ».
Toujours avec un air moqueur elle a lentement détaché l’autre pince et s’est mise à chatouiller le téton avec une plume. Cette phase n’a pas duré longtemps et elle a rapidement enchainé en alternant les caresses du bout de la langue avec les mordillements langoureux. L’effet a été dévastateur. Après quelques minutes nous avons dû nous mettre à plusieurs pour maintenir mon homme au sol tellement il se débattait. Pourtant il a tenu bon, j’étais plutôt contente de lui, je connais plus d’un soumis qui aurait craqué à cette étape.
Pour éviter qu’il ne s’habitue pas trop aux stimulations Candice s’est redressée pour attraper une roulette de Wartenberg, c’est une sorte d’éperon monté sur une tige. D’une main elle pinçait le téton pour raviver la douleur et de l’autre elle faisait des spirales avec la roulette. Elle a commencé par l’extérieur et a fini par faire le tour à la frontière des mamelons. Ça semblait intense, j’en avais envie moi-aussi, j’étais presque jalouse de mon homme.
Mylène m’a tiré de mes rêveries en disant :
— Je ne supporte plus ses gémissements.
Mon homme a répondu :
Pardon madame, j’ai du mal à contrôler mes tares d’inférieur. Je n’ai pas la force de caractère des femmes.
— Tu n’as pas idée…
Nerveusement elle s’est débarrassé d’une de ses chaussures, elle l’a carrément envoyé voltiger à plusieurs mètres, et sans avertissement à enfourner le bout de son pied dans la bouche de mon homme. Un bâillon de luxe. Elle lui a crié :
— Et tant que t’es là utilise ta langue !
Je reconnais que l’idée était bonne mais n’étant pas sexuellement attiré par ce genre de pratique j’ai plutôt pensé « elle va avoir de la bave sur ses collants ». Très terre-à-terre je le sais.
Candice a détaché l’autre pince, la première qu’elle avait remise après l’échec, et s’est mise à stimuler le téton ainsi libéré. Elle alternait rapidement de l’un à l’autre pour prendre mon homme de court. Entre le pied dans sa bouche et les caresses sur son torse tout se mélangeait, plaisir, humiliation, frustration, il en pleurait de nouveau. C’est ce que j’appelle un grand final pour un jeu BDSM !
À partir de là peu importe qu’il tienne ou qu’il jouisse sans permission, nous avions accompli notre mission, nous l’avions amené à un état émotionnel rare. Je me sentais comme une architecte devant un bâtiment tout juste fini.
Il était tellement perdu dans ses émotions, hors de la réalité, qu’il en avait oublié qu’Anna avait préparé de la cire. La surprise n’en a été que plus belle lorsqu’elle a commencé à couler sur son torse. Le cri a bien entendu été étouffé par le pied de Mylène cependant il a été suffisamment expressif pour que nous en profitions. Nous étions hilares, de vraies sadiques dans leur élément. Il haletait comme un chien, oscillant entre plaisir et douleur. Il avait été amené à la frontière du plaisir avant d’être violemment tiré en arrière. C’était le genre de moments intenses dans la vie des soumis, ceux où ils perdent pied avec la réalité, des moments éprouvant dont ils sortent sonnés mais tellement épanouis.
Candice a pris la suite d’Anna pour rajouter quelques gouttes sur le torse de mon homme, de quoi maintenir l’effet encore un petit peu. Nous n’allions pas arrêter si brusquement.
Mylène s’amusait toujours avec son pied en le passant sur le visage encore rouge de mon homme. Elle séchait les larmes avec ses orteils avant de les lui faire lécher.
Il semblait apprécier, même s’il y avait un peu de tristesse dans son regard, comme après un orgasme. L’état dans lequel nous l’avions mis lui manquait déjà.
Dans ces moments les soumis pensent toujours qu’ils auraient pu s’en prendre davantage, même si quelques minutes avant ils auraient été prêt à tout pour un peu de repos. Le corps humain récupère vite, il est prêt à repartir en enfer après quelques respirations. Il ne faut cependant pas abuser des bonnes choses.
Anna a ramassé du bout du doigt un peu de liquide séminal qui sortait du bout de la queue de mon homme et lui a mis sous le nez. Ce n’était pas du sperme, juste une « petite fuite ».
— Ouvre la bouche, tend la langue.
Mon homme n’aime pas goutter à ça, ce n’est pas interdit, juste pas son fantasme, par contre Anna et Candice sont catégoriques : les soumis doivent apprendre que l’approche du plaisir doit être gâchée par le gout en bouche de leur semence. Tout ce qui sort de leur queue doit revenir dans leur corps, c’est une sorte de conditionnement. Anna s’amuse même parfois à mettre le sperme d’un milking dans une grosse seringue et à tout envoyer avec un peu d’eau dans le cul du soumis. Elle le laisse ensuite partir, il doit alors se contracter pour tout garder en lui alors qu’il rentre à son domicile. La symbolique est amusante.
Elle a dit à mon homme :
Tu sens ça ? C’est le gout de ta frustration. Ce sont les larmes de ton sexe. C’est bon ?
— Non madame.
— Alors pourquoi fantasmes-tu de salir une femme avec ?
— Parce que je suis un homme et que mon instinct est de nuire à la société, madame.
Mon homme n’adhère pas vraiment à ce mode de pensée, pour lui les hommes et les femmes sont surtout différents, et son rôle est de nous servir sans que ce soit lié à une infériorité. Mais face à des gynarchistes, ou en tout cas des personnes jouant ce rôle, il devait tenir un discours approprié. Encore une fois le BDSM que je pratique implique une part de jeu de rôle. Il n’y a pas besoin d’adhérer aux théories extrémistes pour mettre en scène un fantasme. J’ai des soumis qui adorent se retrouver prisonniers d’Amazones les torturant pour leur soustraire des informations lors d’une guerre des sexes. C’est leur fantasme, ça ne nous empêche pas de discuter normalement en dehors des séances.
J’ai regardé de haut mon homme, le voir épuisé et allongé par terre, à mes pieds, me faisait me sentir bien. Lui aussi aimait ça.
— Je crois que je vais être magnanime et lui permettre d’aller au coin le temps qu’il reprenne une taille compatible avec l’enfermement.
Essoufflé il a répondu :
— Merci maitresse.
Candice a dit :
— Déjà ?
Anna a répondu en rigolant :
— C’est encore un chiot, il doit aller au lit tôt.
Je l’ai attrapé par le collier et je l’ai amené contre le mur du couloir. Automatiquement il s’est mis à genoux et les mains derrière la tête. Du pied j’ai appuyé sur sa queue pour la forcer à pointer vers le bas.
— Bassin bien contre le mur !
— Oui maitresse.
De cette façon sa queue allait frotter contre la surface froide et rugueuse. Un dernier petit supplice. Il a quand même semblé soulagé.
Je suis retournée vers mes amies, avant de m’asseoir j’ai dit à haute voix.
— Ne te méprends pas, tu n’es plus un chiot. Tu en as fini pour la soirée avec elles, pas avec moi. À bon entendeur …
Je me suis assise en ricanant, j’allais le faire cogiter un brin pendant que mes amies et moi revenions à des conversations plus classiques. Nous nous sommes quand même permis de faire des commentaires sur la soirée qui venait de se passer, comme si mon homme n’était pas là pour entendre, pour lui permettre de revivre ce qui venait de se passer.

Un peu plus tard, au moment où elles allaient partir j’ai sifflé en tapant des mains :
— Aux pieds !
Mon homme est venu à quatre pattes dans l’entrée. J’ai claqué des doigts en pointant le sol.
— Dit-leur au-revoir d’une façon qui convient à des personnes de leur rang.
Il s’est approché du bout des chaussures de mes amies et les a embrassé passionnément en disant :
— Merci madame d’avoir pris de votre précieux temps pour éduquer un être aussi inférieur que moi.
Une fois qu’il a eu fini je lui ai crié :
— Dans le salon !
Il s’y est rendu en trottinant ce qui nous a fait rire encore une fois.
Candice a dit :
On se refait une soirée dans quelques semaines ?
— Tu nous diras s’il a fait des progrès ou si nous devons recommencer.
— Ne vous inquiétez pas les filles, je n’hésiterais pas une seule seconde à tout balancer s’il fait un truc qui me déplait. Tu as entendu ça ?
— Oui maitresse.
Peu après mes amies ont pris congé. J’ai fermé la porte derrière elle et je suis retournée dans le salon. J’ai remonté le couloir de l’entrée en marchant lentement, les escarpins claquant sur le sol, tant pis pour les voisins. Cette mise en scène a eu l’effet escompté, mon homme semblait de nouveau fébrile.
— Bon, nous avons quelques comptes à régler il me semble …

À suivre …


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