Dressage d’un débutant #5 : première rencontre entre un soumis et sa maitresse

Sommaire du récit

Alors que je marchais encore dans la rue je lui ai envoyé un sms pour savoir s’il était déjà sur place. Les soumis sont tendus avant une première rencontre et celui-là ne faisait pas exception. Faire vibrer son téléphone de temps en temps me permettait de le titiller un peu. Je sais que pour un début j’étais censée lui faciliter la tâche mais ça faisait longtemps que j’avais abandonné l’idée saugrenue de lutter contre ma nature. Il n’y avait pas que des côté négatifs. Je pouvais, d’une part, tirer avantage du fait que plus un soumis est mal à l’aise plus il est facile de prendre l’ascendant sur lui. D’autre part cela me permettait de savoir s’il était sur place. Je n’aime pas arriver la première, ce n’est pas mon rôle, je donne le top départ je n’attends pas derrière la ligne. Il m’a répondu assez vite, bon point pour lui. Je n’avais aucun mal à l’imaginer très tendu.
J’avais choisi un parc comme point de rendez-vous, un lieu public ayant une ligne de vue assez grande pour voir venir les ‘intrus’, la possibilité d’avoir de l’intimité est importante même en extérieur. Pas très original mais un bon compromis entre les différents impératifs. Ce jour-là il n’y avait pas grand monde, exception faite de quelques touristes, il faut dire que le temps n’était pas au beau fixe. Quelques gouttes étaient tombées il n’y avait pas si longtemps mais le pire semblait à venir. Ce n’était pas grave, j’avais prévu une solution de repli au cas où. Cela faisait plutôt mon affaire au final j’allais pouvoir me lâcher un peu sans risquer de me montrer irrespectueuse des passants, je n’ai pas à leur imposer une situation embarrassante.
Je n’ai eu aucun mal à repérer Simplet de loin, je l’avais déjà vu en photo, mais même sans ça il était clair qu’il était anxieux et qu’il attendait quelqu’un. J’ai généralement un comportement de prédateur dans ce genre de situation mais là il était exacerbé. Je devais littéralement avoir un regard de psychopathe. J’observais, je l’épiais, j’essayais de trouver le meilleur moyen fondre sur ma proie. C’était totalement imprévu mais j’avais envie de me faire plaisir dès le départ. Je ne devais pas, un débutant allait être suffisamment anxieux face à moi, c’était une évidence, pas besoin d’en rajouter. Je n’ai pas pu m’en empêcher il fallait que je le fasse. Je lui ai envoyé un autre sms lui disant de s’asseoir sur le banc le plus proche de lui, un banc à l’écart des éventuels regards extérieurs. Vous savez, le genre d’emplacement qui fait dire au héros d’un film qu’il va forcément tomber dans une embuscade s’il passe par là. Je lui avais également ordonné de garder son regard devant lui et de ne pas quitter des yeux un point fixe que je lui avais désigné. Il y avait plusieurs messages sous-entendus, déjà il savait qu’il était dans ma ligne de vision, les détails que j’avais donnés étaient trop précis, il savait que j’avais l’avantage puisqu’il ne me voyait pas encore. Il savait aussi qu’il ne pouvait plus m’échapper maintenant, il était pris au piège, vulnérable. Je lui interdisais également de me regarder approcher, il était évident que j’allais arriver dans son angle mort, en quelque sorte j’allais le surprendre en arrivant dans son dos. Il devait m’offrir cette vulnérabilité en sacrifice, un joli cadeau de bienvenue. Il n’avait plus le moindre contrôle de la situation à moins de vouloir me provoquer dès le départ en me désobéissant. Certains soumis sont comme ça, ils cherchent le conflit sans savoir de quoi je suis capable, je crois que c’est une sorte de pulsion suicidaire. Vouloir se mettre dans l’embarra et ne plus avoir d’autres choix que d’assumer. Ce genre de soumis est très dur à garder sous contrôle, je ne cherche pas à rentrer dans leur jeu sinon je serais obligée par finir par les blesser. Un soumis ne me force pas à le punir, c’est moi qui décide, il ne faut jamais oublier que la privation de punition peut être une punition en elle-même. Ce n’était pas son cas mais des fois ça arrive. Plus je m’approchais plus je pouvais constater que je ne m’étais pas trompée, il essayait de camoufler son stress mais ça ne faisait que le faire paraître davantage mal à l’aise. J’allais faire comme toute bonne dominatrice se doit, j’allais appuyer là où ça pouvait faire mal. J’avais décidé d’être gentille ce jour-là, ce n’était qu’une rencontre préalable mais lorsque l’on me montre des vulnérabilités je suis obligée de taper dessus c’est un réflexe. Si je voulais être de mauvaise foi je tenterais de me justifier en disant qu’après tout il avait peur et il tentait de le camoufler, c’était en quelque sorte me mentir, j’avais le droit et même l’obligation de le punir. Même en y mettant de la bonne volonté cela sonne faux. Vous vous doutez bien que mes intentions étaient moins louables que cela. Ceci dit il y a du vrai, si un soumis est anxieux autant qu’il l’assume, ce n’est pas le pire des défauts. Surtout qu’il est probable que j’aurai tout fait pour exacerber ce sentiment et je serais satisfaite d’avoir réussi mon coup.
J’ai essayé d’arriver derrière lui le plus discrètement possible, je ne sais pas si vous avez déjà vu dans des reportages animaliers un félin en approche finale, prêt à fondre sur sa proie, je pense que c’est l’analogie la plus proche.
– Bouh !
Le premier mouvement d’une relation est important, là je lui indiquais que j’étais d’humeur joueuse. C’était une information primordiale, il ne savait probablement pas quoi en faire mais c’était important qu’il commence à apprendre à m’évaluer pour adapter son comportement. Une dominatrice doit savoir lire son soumis et vice-versa. Il y aurait des ratées mais progressivement il allait comprendre à réagir face à moi et mes humeurs. J’ai terminé de contourner le banc en prenant mon temps, sans le garder en contact visuel. Il ne savait pas s’il devait se lever ou rester assis. Il s’est levé, un stress dans la voix, en profitant pour m’évaluer du regard.
– Bonjour.
Je lui ai répondu en surjouant l’ingénue.
– J’ai eu un mail d’un petit pervers qui ne se sentait plus à l’idée de se faire maltraiter par une innocente et jolie jeune femme. Décrivant des fantasmes totalement immondes et choquants. Ça te dit quelque chose ?
Il a souri, le discours que j’avais débité été totalement cliché, il savait comment y réagir. Ce n’était pas une ouverture si méchante que ça. C’était une invitation à ne pas prendre la situation au sérieux, à dédramatiser. J’essayais de minimiser la situation sans pour autant agir avec lui de manière normale. Je ne peux en effet pas faire ami-ami avec un soumis avant de le dominer, ça ne ferait que rendre la suite plus difficile. Il faut installer dès le départ une distance mais sans que ça paraisse trop intimidant pour un débutant.
– C’est peut-être moi.
J’ai continué en surjouant l’étonnement, la main sur le cœur.
– Ça ne te fait pas honte ? Tu te rends quand même compte de ce qui se passe dans ta sale tête de pervers ? Oser tenter débaucher quelqu’un d’aussi fragile que moi.
En me décrivant comme quelqu’un d’innocent j’ai eu du mal à garder mon sérieux. Je me suis rapproché de lui, une fois à sa hauteur j’ai souri.
– Je plaisante. Ça va ? Pas trop inquiet ?
Je lui ai à peine laissé le temps de répondre avant d’enchainer en prenant un ton un peu plus dur et en fronçant les sourcils.
– Je crois me souvenir que je t’avais demandé de t’asseoir sur ce banc. Par contre je ne me souviens plus t’avoir autorisé à te lever. Je dois être tête en l’air pas vrai ? J’ai forcément dû le faire. C’est pas comme si tu osais bouger sans ma permission. Je n’ose même pas imaginer que ce soit le cas.
J’allais utiliser une technique très classique, j’allais alterner les mouvements de détentes et ceux plus sérieux. Progressivement j’allais installer une relation autoritaire mais sans que ça arrive de manière brusque. Il s’est assis en s’excusant. Il faut savoir que s’il était resté assis je lui aurai reproché le contraire. Il fallait qu’il commence à regretter d’être là, qu’il se demande dans quelle situation il s’était encore mis pour finir par se résigner à subir sans avoir de prises sur la situation. Je me suis rapprochée de lui en essayant d’avoir une expression la plus neutre possible. Je lui ai attrapé le visage avec une main, doucement, j’étais en train de l’habituer à mon contact, à pénétrer son espace personnel. Nous avons tous une distance de confort à laquelle on préfère que les étrangers restent. J’ai fini par lui sourire en lui tapotant la joue, un premier contact pas vraiment violent mais dérangeant, le visage est une zone sensible, les prémisses des inévitables baffes qu’il se prendrait plus tard. Il ne le savait pas mais j’avais eu ma dose, je ne ressentais plus la nécessité de gifler pour l’instant. Il était en sécurité de ce côté là.
– Relax je plaisante. Je joue avec tes nerfs. Faut pas être aussi stressé.
Doucement je voulais qu’il s’habitue à ce que je dispose de son corps. Je n’étais pas allé au bout de mon mouvement, cette fois-ci je m’étais aventurée jusqu’à le toucher mais pas brutalement.
– C’est que vous êtes intimidante.
– Merci, je le prends comme un compliment. Le banc est mouillé tu me passes ton manteau ?
En s’exécutant il s’est permis un commentaire.
– Vous savez c’est à peine humide.
Je lui ai lancé un regard noir, je me suis retenue de réagir. En temps normal j’aurai envoyé le soumis se rouler dans une flaque d’eau en représailles ou quelque chose dans le genre. Je n’allais pas commencer d’une manière aussi sévère avec lui, c’était un débutant après tout. J’étais comme un tigre en cage, ruminant derrière les barreaux, faisant tout pour paraitre adorable en attendant le moment fatidique où ma proie me libèrerait par imprudence. J’allais le déchiqueter, le mettre impitoyablement en lambeaux il ne perdait rien pour attendre.
– Contrairement aux tiens mes vêtements ont de la valeur. Je ne vais pas me contenter d’un écrin bas de gamme.
– Pardon, ce n’est pas ce que je voulais dire. C’est sorti tout seul. Le stress.
Je me suis assise à côté de lui, sur son manteau, il ne pouvait pas s’empêcher de se triturer les mains.
– Alors, qu’est-ce qui te met dans cet état ? Qu’est-ce qui te fais peur ?
– Je ne sais pas. De vous décevoir, de ne pas être à la hauteur.
– Tu as peur d’être puni pour avoir fait quelque chose de mal ?
– Oui, un peu.
– Alors j’ai une mauvaise nouvelle pour toi ça arrivera fréquemment. On est un petit peu là pour ça.
Il a souri nerveusement, il ne s’en rendait pas compte mais je commençais doucement à lui renvoyer ses remarques dans la figure, je commençais déjà à le ridiculiser.
– Oui bien sur
– Allez, calmes toi, tout vas bien se passer. Surtout aujourd’hui, je ne vais pas être exigeante, on va juste discuter de tout et de rien. Prendre contact. J’ai besoin de savoir des choses sur toi, tu as surement des questions à me poser. On va discuter ouvertement sans pression. D’accord, j’ai commencé en me moquant un peu de tes fantasmes, ce n’était pas très malin. D’ailleurs ça ne t’a pas vexé au fait que je te traite de pervers ?
– Non, non vous pouvez y aller je ne crains pas les piques verbales. Je suis plutôt endurant à l’humiliation.
Vous n’imaginez pas l’effort sur moi qu’il a fallu pour que je ne réagisse pas vivement à cette déclaration. Sincèrement, vous pensez que c’est une chose à dire à une dominatrice ? Me mettre au défi comme ça. Le petit prétentieux. Je devais avoir un sourire crispé.
– Mon grand, c’est juste que tu n’as jamais trouvé une personne pour t’attaquer sous le bon angle. Crois-moi. Si tu veux jouer à celui qui n’a pas de faiblesses, joues y si tu veux, mais tu perdras.
– Je ne voulais pas vous vexer.
– Ah non, je ne suis pas vexée. Je te le dis gentiment. Je ne veux pas te prendre en traitre c’est tout. Aujourd’hui ne t’inquiètes pas tu as le droit de dire ce que tu veux sans conséquences. Tant que je n’ai pas donné le top départ de notre relation les règles strictes du BDSM ne s’appliquent pas. Tu peux me dire tout ce que tu as sur le cœur. N’aie pas peur de dire une ânerie.
– Plus facile à dire qu’à faire.
Je me suis levé brusquement.
– A vraiment ? Là je ne passe pas, tu t’excuses.
– Euh, pourquoi ?
J’ai croisé les bras en prenant un air renfrogné.
– Alors tu veux la jouer comme ça ?
J’ai laissé un blanc de quelques secondes avant de lui sourire. Je l’ai repoussé au niveau de l’épaule.
– T’es trop facile à berner. Tu vois c’est pas si grave de me voir en colère. C’est pas si terrible de dire une ânerie.
Il avait les joues rouges sous le coup de l’émotion. Il ne faut pas prendre le BDSM trop au sérieux, bien sûr que je me mets en colère parfois, mais ce n’est pas la fin du monde.
– Toujours Intimidé ? C’est ça qui est bon. Il ne faut pas avoir peur de moi comme ça. Le BDSM c’est juste du sexe, c’est jouer avec ses peurs pour provoquer des émotions fortes. Je t’ai dit que ce n’étais qu’une rencontre préalable. Je ne vais pas te maltraiter, tant que tu te montres respectueux il ne faut pas être si tendu.
Je me suis rassise à côté de lui, le prenant par l’épaule.
– Ceci dit quand je te donne un ordre tu obtempères sans demander pourquoi. OK ? Je te demande de t’excuser, tu le fais immédiatement. Tu verras ça te sortira de pas mal de pétrins. À moins que ce soit ce que tu recherches. Ça ne serait pas très malin si tu veux mon avis, enfin, chacun sa vie je ne suis pas là pour juger. En tout cas tu sais comment je réagirais.
J’ai tendance à beaucoup parler, j’ai un débit assez rapide, c’est assez dur de me couper la parole, surtout pour une personne intimidé comme il l’était.
– Peu importe ce que tu peux dire. J’ai la prétention d’affirmer que je pourrais retourner n’importe quelle phrase contre son auteur. Peu importe la phrase, si j’ai envie de te punir je m’arrangerais pour que ça passe pour une bêtise de ta part. Moins tu parleras moins tu prendras de risques. Enfin aujourd’hui il faudrait quand même que tu parles un minimum là j’ai l’impression de monologuer. C’est assez désagréable je dois te l’avouer.
Je l’avais assommé de remarques sans lui laisser le temps de répondre, maintenant que je lui laissais la parole j’avais terminé sur une affirmation. Difficile de prendre la suite après ça.
Euh, oui…
– D’ailleurs, c’est mademoiselle le titre que tu cherches. Je n’ai aucun doute sur le fait que tu n’allais pas oublier de me donner un titre à la fin de chacune de tes phrases. Je suis sûre que si tu ne l’as pas fait jusqu’à présent c’est que tu ne savais pas lequel prendre. Pas vrai ? Tu ne voudrais me manquer de respect ? Enfin ça sera mademoiselle jusqu’à ce que je t’accorde le privilège de m’appeler maitresse.
– Oui, bien sûr maitresse euh mademoiselle.
J’ai souri
– Je sais que tu n’es pas con à ce point. Tu ne m’auras pas. Tu l’as fait exprès avoue.
Je savais éperdument que c’était accidentel, je continuais juste mon travail pour saper sa confiance en lui.Je voulais qu’il intègre qu’il passait pour un imbécile. Un soumis, surtout débutant, essaye de nous impressionner dès le départ, d’être le meilleur. C’est louable de vouloir faire des efforts mais je prends surtout plaisir à voir un soumis progresser. Je ne dis pas qu’ils doivent simuler des tares mais ça ne sert à rien de faire le malin au début.
– Plus sérieusement ne me provoque pas volontairement c’est une mauvaise idée. Là je suis cool mais bientôt ça engendrerait une situation très déplaisante, trop déplaisante pour toi probablement, ok ?
Il arborait un sourire forcé, je crois que j’avais touché son égo. Il allait devoir s’y habituer ce n’était pas la dernière attaque.
– je vous assure, je n’ai pas fait exprès.
J’ai insisté du regard pour lui signifier qu’il manquait quelque chose à sa phrase. Il a compris tout seul.
– Mademoiselle.
– J’ai l’impression que c’est la première fois que tu parles avec autant de respect à une femme. Qu’est-ce que ça fait ?
– C’est bizarre, mademoiselle.
Ritualiser la façon dont il s’adresse à moi est un moyen de contrôle plus efficace qu’il n’y paraît. Je prends d’autant de valeur qu’il fait d’efforts.
– Et ? Allez, prends une inspiration et lances toi. J’ai besoin d’en savoir plus sur toi.
J’ai laissé un blanc pour lui laisser une chance d’étoffer sa réponse. Il ne l’a pas utilisé. Je sais que les hommes sont en général réticents à parler d’eux-mêmes mais ce n’était pas part sadisme que j’insistais, pas uniquement. Si je voulais adapter ma domination à ses préférences j’avais besoin d’en savoir davantage. Après quelques dizaines de secondes j’ai repris la main.
On t’a déjà dit que tu avais beaucoup de personnalité ?
– Euh, non, mademoiselle.
– C’est bien, au moins tes proches ne te mentent pas.
Il avait fait le malin en disant qu’il était endurant aux humiliations, désormais il commençait à comprendre que je finirais par le briser, ça prendrait peut-être du temps mais je l’aurais. Il n’était pas blessé, juste vexé. J’essayais d’être gentille mais il fallait voir les ouvertures qu’il me laissait.
– Le but de cette rencontre c’est de faire connaissance. Si tu ne parles pas je ne vais pas apprendre grand-chose sur toi.
– Il n’y a pas beaucoup à savoir, mademoiselle. Je ne sais pas trop quoi dire. Je suis juste un soumis comme les autres.
– Et moi je mérite un soumis comme les autres ?
– Non, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire. Un bon soumis ne doit pas avoir de personnalité.
– Et ce n’est pas à moi de décider quelles sont les qualités d’un bon soumis ?
– Si, mais … Vous allez systématiquement retourner mes phrases ?
J’ai hoché la tête pour approuver, il avait compris que je jouais avec lui, il n’était pas si bête que ça après tout. Certains soumis ont besoin de beaucoup plus de temps pour le comprendre.
– C’est un réflexe désolé, mais j’écoute et je retiens ce que tu dis ne t’inquiète pas. C’est ma façon de faire semblant que ce que tu dis n’est pas impératif.
– Non mais ce n’était pas une critique. C’est vous qui dictez les règles. Faites ce que vous voulez de moi mademoiselle.
– Alors commence par assumer un peu tes fantasmes. Ne dis pas « un bon soumis doit » mais « j’ai envie de … ». C’est de toi qu’on parle aujourd’hui profites-en. Un soumis standard ça n’existe que dans ta tête. Remarque l’effort, je n’ai pas dit « ta sale tête de pervers ». Je me contrôle je tiens à le souligner.
J’essayais de le faire sourire mais ce n’était pas vraiment ce que j’éprouvais. Je déteste vraiment les débutants, toujours à dissimuler ce qu’ils ressentent. J’ai besoin de me synchroniser avec mes soumis pour faire en sorte que tout le monde en sorte satisfait. Je n’ai pas envie de me retrouver dans la situation honteuse d’être interrompue parce que je suis sortie des bornes. Je fais comment pour connaître les limites face à un bloc de glace ? Après on va me reprocher de les forcer à faire ce qu’ils n’aiment pas et je ne pourrais pas me défendre. Je serais la méchante sadique qui ne tient pas compte des sentiments des autres. J’essaye pourtant.
– Tu n’as pas envie que notre relation se passe bien ?Tu n’as pas envie de me faciliter la vie ?
– Si, si, mademoiselle.
– Alors lance-toi. Tu sais que ça ne dépend pas de moi. S’il y a une chose que je ne contrôle pas c’est bien ça. Tu joues le jeu ça passe, tu résistes et ça cassera.
– Je ne veux pas vous résister, mademoiselle. Je ne sais vraiment pas quoi vous dire.
– Ne t’inquiètes pas, tu trouveras quelque chose à me dire, ce n’est qu’une question de temps et de douleur.
J’ai marqué un temps de pause pour le laisser méditer sur cette menace. Honnêtement, je sais que beaucoup de soumis ne savent pas ce qu’ils veulent, c’est trop flou pour eux, mais même dans ce cas ils en savent plus qu’ils n’en pensent. Ils ont des débuts de réflexion qui peuvent m’être utiles. Là il ne faisait pas l’effort de me simplifier la tâche et c’est pour cela qu’il allait se faire gronder.
– Je te fascine ?
– Oui, mademoiselle.
– Pourquoi ?
– Je ne sais pas. Ce que vous êtes comme ça.
J’ai fait la moue. C’est difficile de faire parler un soumis en étant gentille, ça serait tellement simple de leur brancher du 220V entre les jambes. Foutue loi.
– Allez, ce n’est pas grave, c’est le début, je comprends. De toute façon j’ai dit j’allais être gentille aujourd’hui. Je te considère encore comme un être humain à part entière, ça ne sera plus longtemps le cas.
Nous avons échangé un sourire.
– Je rigole, mais tu dois bien comprendre qu’après ça je deviendrai plus stricte, je ne peux pas être une bonne copine qui passe sur tout, il y a une distance nécessaire qui va devoir être installée.
– Oui, bien sur, mademoiselle.
– Bien sûr, bien sûr. En attendant si plus tard tu es aussi peu loquace ça bardera et pas qu’un peu. Tu en as conscience ? Quand je poserai une question tu auras intérêt à être plus inspiré. Je n’hésiterais pas à y aller vraiment fort dans le cas contraire. Là, si tu as quelque chose à me dire n’hésite pas, plus tard tu n’auras le droit de parler qu’avec ma permission. Dans les rares cas où tu l’auras tu devras en faire bon usage. Des silences comme ça se paieront très cher. Aujourd’hui il n’y aura pas de punition peu importe ce que tu diras. Enfin, tant que tu restes poli.
Je m’efforçais d’être gentille, avenante. Ce n’était pas l’attitude qu’il attendait de moi. Je crois que je commençais à l’énerver un peu. Il s’était préparé à faire face à une personne hautaine, dans la caricature, qui l’attaquerait dès le départ en utilisant des clichés. Il aurait peut-être préféré que l’on reste dans des rôles sans personnalité, des « oh le vilain garçon qui ne sait pas faire 2+2 vient en travers de mes genoux », c’est tellement plus simple émotionnellement. Certains soumis préfèrent être dépersonnalisés dès le départ, d’autres y aller progressivement. Tous les profils existent. C’est aussi ça les soumis débutants, ils se focalisent sur les punitions et oublient toute la relation émotionnelle qu’il y a autour. Je suis une femme, c’est cliché mais le superficiel ne me suffit pas.
Les soumis devraient se méfier de ce qu’ils souhaitent. Au départ ils veulent que je sois stricte mais après une bonne fessée ils regrettent que je ne sois plus aussi gentille, question d’hormones à calmer je suppose. J’étais pourtant obligée de persévérer dans cette voie, ce n’était pas à lui d’imprimer le rythme dans notre relation, il voulait peut-être une punition mais ça allait être à moi de décider quand elle tomberait. Je voulais que plus tard il puisse regretter de ne pas avoir saisi cette chance.
– Bon, ça ne marche pas, j’arrête de te tourmenter de cette façon. Ne t’inquiète pas, j’ai encore plein de cartes dans ma manche.

6 réflexions sur « Dressage d’un débutant #5 : première rencontre entre un soumis et sa maitresse »

  1. Votre écriture est belle et fantasmatique, votre propos fin, intelligent et plus que plaisant. Mon compagnon croit à votre existence : celle d’une jeune étudiante parisienne , mince, belle, eurasienne , entourée de soumis,avec une cave donjon ! Une cave à Paris … Vous habitez un hôtel particulier ? Peu importe, merci pour vos textes…continuez , peu importe votre sexe, votre âge, c’est pour moi de la littérature…de la belle littérature érotique. Merci

    1. Merci pour les compliments, même si je ne comprends pas trop les remarques… Mon appartement d’étudiante avait une cave, certes à peine assez grande pour mettre 2 scooters à tout casser mais tout de même. Et si je ne suis pas issue d’un milieu excessivement riche je n’ai jamais dit que j’étais pauvre non plus. Je ne vais pas m’excuser d’avoir un bel appartement 🙂

  2. Je n’espère pas être publiée ni ne le souhaite, j’aime votre mystère et votre univers..le témoignage du « soumis de Candice » cependant , est si similaire à votre écriture qu’il laisse peu de doutes ..Soyez plus vigilant(e).Cela donnera plus d’ampleur à votre trame érotique.

    1. Certes, mais la version initiale du texte était à faire saigner les yeux j’ai donc réécrit une bonne partie pour le confort des lecteurs. Il ne faut pas voir le mal partout =)

  3. J’habite en Aquitaine, France. Je suis brun, les yeux marron, 1m72 pour 68 kg. Je me déplace en fauteuil roulant mais suis très autonome,
    Je cherche une PERSONNE, désintéressée financièrement, sachant être sévère et douce. Je veux vivre totalement soumis, avec un contrat légalisé. Mon devoir principal sera de faire quotidiennement la toilette intime avec ma bouche et ma langue de celui ou celle qui me prendra en main. Je supporterai tout, même la transformation corporelle, porter sa marque sur ma peau, subir traitement pour allongement du sexe et des tétons avec port de gros anneaux pour pouvoir être suspendu. Accepte épilation intégrale totale, même la tête de façon définitive. Je veux dépendre d’elle pour tout.. Je recherche donc une femme de caractère qui aimera se servir de moi pour son plaisir et pour une vie commune. Je ne demande pas la fidélité, juste vivre en permanence avec elle et que sous ses ordres, je sois transformé, formaté physiquement et mentalement en subissant tout traitement nécessaire
    Soumis frustré, je cherche à vivre sous contrat LEGALISE et être la propriété de toute personne qui prendra en charge MA VIE et TOUS les frais. Mon skype : ironside4052
    Contactez-moi sur jodever40@outlook.fr ou sur : pedro.verdejo52@gmail.com

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