Week-end avec 3 soumis juin 2014 #31 : second interrogatoire #2

Hello 🙂

Comme je l’ai dit sur Twitter je me suis permis une incursion sur un site plus généraliste pour essayer de relever le niveau dans les débats sur 50 Shades of Grey. J’ai essayé de nous présenter sous un jour un peu plus favorable.
L’expérience a été positive même si les réactions ont été d’un bout à l’autre du spectre (pour ne pas changer !). Du « même soft le BDSM est une aberration » à « vous n’y connaissez rien le vrai BDSM est forcément hardcore ».
Si vous avez le temps partagez l’article et allez mettre un petit commentaire sympathique ça fera du bien 😀 Ce sont toujours les extrémistes qui s’expriment (s’emportent plutôt), ça ferait du bien à notre image d’avoir des gens équilibrés qui prennent la parole.
(n’oubliez pas c’est un site grand public donc soyez sages ! ^_^)

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1327959-50-nuances-de-grey-je-pratique-le-sm-ce-film-en-presente-une-version-malsaine.html

Le moins que je puisse dire c’est que le BDSM fascine autant qu’il fait peur même si tous les participants ne sont pas logés à la même enseigne. Vous avez d’un côté les soumis qui sont vu comme des victimes ou des amateurs de sensations fortes. De l’autre vous avez les dominants dont les motivations sont bien moins comprises. Après tout où peut être le plaisir à faire du mal ? Il faut vraiment être malade.
Les gens acceptent qu’avoir mal libère des endorphines à la manière de ce que ressentent les sportifs après une session d’entrainement et que cela puisse être épanouissant. Etre soumis passerait presque pour une pratique saine contrairement à celle de dominer.
Il est vrai que trouver les mots pour expliquer ce que je ressens en jouant est compliqué. D’une manière générale notre plaisir est souvent associé au déchainement d’une violence aveugle. Il est vrai que la punition est l’étape la plus visible mais il ne faudrait pas croire qu’elle est notre seule source de satisfaction, elle est juste le paroxysme. Le plaisir de dominer est plus subtil, il est constitué d’un ensemble de petites choses. En apparence nous avons tous les droits et nous pouvons nous amuser sans se soucier de froisser l’autre. Le temps d’un fantasme nous avons l’impression d’être égoïste et c’est libérateur.
Il y a une profonde différence de perception, pour beaucoup dominer et frapper l’autre est dévalorisant, c’est être une brute alors que pour moi au contraire je le ressens comme un rôle gratifiant. J’ai la responsabilité de l’autre, il met sa sécurité entre mes mains donc c’est que je suis digne de confiance. J’ai parfois des consoeurs qui me disent qu’elles font bien moins d’efforts que moi, qu’il y a tellement de soumis que ce n’est pas la peine de se fouler et que nous sommes déjà en position de force. Je ne pourrais pas agir de la sorte, j’ai besoin de me montrer digne de la confiance qui est placée en moi. Le soumis me laisse dominer en échange de quelque chose. Il y a un contrat entre lui et moi.
Le grand public doit avoir une vision exécrable des chefs pour penser que toute personne voulant jouer avec le pouvoir est forcément pourrie. Quelque part c’est triste.

Sommaire de l’histoire en cours

Bref, remettez-vous dans l’ambiance de la scène, j’étais déjà aux anges alors même que je n’avais pas encore levé la main sur mon petit Chiot. C’était ce que je disais à l’instant, pour moi il était agréable d’être habillée alors qu’il était nu devant moi. De même j’avais la liberté de mouvement alors qu’il était obligé de rester immobile. Je crois que la comparaison la plus parlante serait avec le voyeurisme, il se dévoilait alors que je restais cachée, ou plutôt je décidais de ce que je montrais. Je pouvais le toucher, le pincer, le griffer et il ne me refuserait rien. Qui n’a jamais rêvé d’avoir un membre du sexe opposé à disposition ? Et je ne parle pas de kidnapping ou de viol, il était consentant n’allez pas me faire la morale et laissez-moi fantasmer avec mes soumis.
Mon seul regret était qu’il n’avait pas les yeux bandés. Lorsque mes soumis peuvent me voir je ne me laisse pas autant aller à les dévorer des yeux de peur de leur montrer le pouvoir d’attraction qu’ils ont sur moi.
Il était donc à ma merci, et comme à chaque fois lorsque mes soumis me donnent un pouvoir j’ai une vilaine tendance à en abuser. Je m’amusais comme une petite folle à le provoquer. Je marchais autour de lui en laissant mes mains glisser sur son corps, sentant sa peau répondre sous mes doigts. Il y a avait entre lui et moi une tension très forte ce qui me mettait en position de force, j’étais la seule à savoir ce qui allait se passer. J’étais la seule à avoir les clés permettant de le libérer de cette attente très angoissante. De quoi bouleverser mes émotions et les siennes.
J’étais dans son dos, il avait le regard droit devant, luttant contre son envie de se mettre face au danger. Avec douceur je lui ai dit.
— Ferme les yeux. Concentre-toi sur tes autres sens.
Mécaniquement il a répondu.
— Oui maitresse.
Ma main droite était sur son épaule. Petit à petit j’ai augmenté la pression pour qu’il sente mes ongles appuyer contre sa peau. Avant d’atteindre le point où je lui aurais fait mal j’ai inversé la donne en reprenant mes caresses. J’ai glissé ma main jusqu’à sa nuque que j’ai pincée comme si j’avais attrapé un vrai chiot. Je voulais le tirer de sa transe, nous étions encore loin de la récompense, j’ai repris d’une voix autoritaire.
— Alors ces aveux ? S’ils ne veulent pas sortir spontanément vais-je devoir te secouer pour les avoir ? Tu sais bien que ça ne me dérangerait pas.
Il a mis quelques secondes pour reprendre ses esprits.
— Je ne sais pas ce que je dois dire.
J’ai gloussé, savourant d’être à la place dominante, et c’est peu de le dire j’arborais un large sourire sadique. Toujours calme je lui ai dit.
— Il va bien falloir trouver. Je ne suis pas du genre à laisser tomber.
Plutôt d’humeur taquine je me suis penchée pour lui murmurer à l’oreille :
— À moins que tu ne veuilles me donner un prétexte pour réaliser sur toi mes envies les plus sadiques ….
Je lui ai mordu avec douceur le lobe de l’oreille. Il a viré au rouge ne sachant pas comment réagir. Désarmer à ce point un homme est un vrai délice. Je me suis redressée plutôt satisfaite de mon effet.
— Alors ?
Il est resté bouché bée, j’en ai profité pour soulever son sexe du bout du pied.
— Tu vois, tu ne peux pas faire fonctionner ton cerveau en même temps … Tu m’as menti tout à l’heure.
Avec moi tout se paye à un moment où à un autre.
Les soumis débutant n’anticipent pas qu’en se masturbant devant des vidéos leur corps associe le supplice à l’excitation. Une fois en situation réelle leur sexe ne comprend pas pourquoi il n’est pas stimulé et bombarde le cerveau de messages pour donner envie. C’est très déstabilisant pour le pauvre soumis qui en fait les frais.
Pour bien faire les débutants devraient regarder des vidéos en se retenant. Soyons honnête ils n’y arriveront jamais et tant mieux pour moi j’adore être témoin de leur tourment.
Il a dégluti en essayant de se reprendre.
— Vous m’intimidez maitresse.
Le genre de déclaration qui a le don de m’enflammer.
— Je n’ai aucun mérite il t’en faut si peu …
Une petite étincelle s’est allumée au fond de ses yeux, le genre de regard espiègle qu’a un soumis qui prépare quelque chose. Ça m’inquiète toujours. Il a dit :
— Au contraire maitresse il a fallu un être parfait pour me déstabiliser.
Je rougissais comme une adolescente tentant de dissimuler son émoi et qui ne fait que le rendre plus visible. Je sais bien que le compliment faisait « cliché » et pourtant il ne m’avait pas laissé indifférente. J’aime les soumis charmants sachez-le.
Ne voulant pas montrer qu’il m’avait désarmé pendant un instant j’ai recentré la discussion.
— Si tu crois que je vais me laisser avoir si facilement, tu ne vas pas détourner mon attention comme ça. Ce n’est pas mon procès mais le tien.
Il savourait sa petite victoire.
— Tant pis maitresse. Ça valait le coup de tenter. Inverser les rôles aurait été tentant.
Les soumis cherchent vraiment à se faire du mal. J’ai répondu en prenant une voix sensuelle.
— Tu rêves de me dominer ? Qu’est-ce que tu me ferais ? Des choses qui te feraient un bien fou je suppose.
Je l’ai nargué du regard avant de continuer toujours d’une voix aguicheuse.
— Tu me malaxerais les seins ?
J’ai joint le geste à la parole.
— Ou tu descendrais plus bas ?
Il a détourné le regard.
— Arrêtez de me tenter maitresse. Je sais bien que ça n’arrivera pas.
— C’est toi qui te tortures tout seul. À moins que tu ne juges qu’une femme ne devrait pas disposer de son corps comme elle l’entend. Je n’ai pas le droit de me toucher devant toi c’est ça ? Tu veux que je me cache sous un drap pour ne pas te tenter ?
Il grimaçait, je l’avais froissé. Il a répondu.
— Je disais juste qu’il était plus facile d’être à votre place qu’à la mienne.
J’ai soupiré.
— Arrête de faire l’idiot tu ne vas pas me faire croire que tu n’aimes pas ta position ! Ton corps te trahi de toute façon.
Pris au dépourvu il a répondu d’une façon très diplomatique.
— Je mesure la chance que j’ai à vous servir maitresse.
— C’est ça. En attendant je n’ai toujours pas eu ma réponse.
— J’ai peur que vous me tourniez en ridicule encore une fois.
— Et alors ? Attends ! Clarifions les choses. Tu es au courant que ça m’amuse de te faire tourner en bourrique ?
Il a répondu avec méfiance.
— Oui.
— Donc plutôt que tolérer un petit inconfort tu préfères te taire et me priver de ce qui m’amuse ?
Il a compris le piège dans lequel il venait de tomber. Il a essayé de se rattraper.
— Ça serait dommage de vous priver de votre plaisir en effet.
— C’est de l’ironie ?
Il a préféré répondre par un sourire retenu, j’ai haussé les épaules.
— C’est toi qui vois. Si tu veux jouer avec le feu pour voir ce que ça fait tu t’en mordras vite les doigts. Les représailles seront sanglantes !
— Ça fait peut être moins mal d’être battu qu’humilié.
— Tu mélanges les notions. La douleur n’est qu’un outil différent pour arriver à la même fin. Tu te souviens de ma main ? Tu te l’aies prise plusieurs fois en travers de la figure si je me rappelle bien.
— Comment l’oublier, elle a laissée son … empreinte.
— C’est le cas de le dire ! Et à chaque fois j’ai fini par obtenir ce que je voulais. Si j’ai envie de t’humilier j’arriverais à mes fins n’en doute pas une seconde. Tu vas te plier à mes caprices soit volontairement, soit parce que tu auras trop mal et que cela te paraitra désormais une option viable.
Il semblait gêné et honteux, j’ai continué de le provoquer.
— La perspective d’être livré à toutes mes envies ne te laisse pas indifférent à ce que je vois jeune homme.
Vexé d’être mis en positon de faiblesse il a répondu.
— Présenté comme ça qui ne serait pas tenté !
— Donc ? Toujours pas motivé à te confesser ?
Il avait une sorte de petit air mutin à me faire craquer. Il a répondu.
— Non. Si on suit cette logique il faut croire que si je ne suis pas motivé c’est parce que vous êtes trop gentille avec moi.
Il m’avait piqué au vif.
— Tu veux vraiment le savoir ?
Il n’a rien dit. Les débutants ont souvent cette attitude ambivalente « j’y vais, j’y vais pas », ce qui fait que j’ai du mal à les cibler et c’est un vrai problème. Ils font preuve de témérité pendant quelques secondes puis repartent aussitôt se cacher sous le canapé. Il semblait dire qu’il voulait que je le frappe et en même temps il ne me paraissait pas sûr de lui. Je n’avais rien contre l’une ou l’autre des options, j’avais juste besoin d’une ligne de communication efficace avec lui. Ces hésitations font partie du charme des débutants tout en étant un stress pour nous autres dominantes.
Pour clarifier la situation j’ai posé franchement la question.
— Qu’est-ce que je dois comprendre ? Que tu as besoin d’être encouragé des gifles pour avouer ?
Il a baissé les yeux.
— Je ne veux pas de problèmes avec vous maitresse. Je suis un bon chien cela implique d’obéir et d’être fidèle à sa propriétaire en toute circonstance.
Le dégonflé ! J’avais beau m’y attendre j’ai été contrariée par sa soudaine marche arrière. Pendant un instant j’avais bien cru que j’allais pouvoir m’amuser à le secouer. Tant pis je suis plutôt patiente, s’il voulait prendre le temps de bâtir une relation de confiance plus solide avant de passer un cap il en avait le droit. Les séances de gifles, je parle bien d’en aligner des dizaines pas juste une par ci par là, sont des punitions bien plus terrible que cela ne peut le laisser paraitre au premier abord. Soutenir une agression sur le visage demande bien plus de maitrise que beaucoup de soumis sont capables.
Ce n’était que partie remise et je n’allais pas le lâcher pour autant, le BDSM offre une gamme de jeu très large donc lorsqu’une porte se ferme une autre est disponible.
Pour éviter qu’il ne se sente trop en sécurité et pour essayer de le faire réagir j’allais choisir un angle qui le toucherait plus personnellement.
— C’est vrai, un bon chien obéit à sa maitresse. J’ai juste une question : qui t’a dit que tu étais un bon chien ?
Offensé par ma pique il a fait une grimace. Il a contre-attaqué.
— Tout à l’heure j’ai fait tout ce que vous m’avez dit. J’ai rapporté la balle et vous vous êtes amusée. D’ailleurs j’ai vraiment apprécié ce moment, c’était vraiment bien.
— Je n’ai pas dit le contraire.
J’ai réfléchi un instant pour trouver la formulation adéquate. Je voulais l’amener à un point particulier.
— Est-ce qu’un bon chien ça grogne contre sa maitresse ?
Il a tressailli. Il commençait à entrevoir ce que j’allais lui reprocher.
Non bien sûr ! Mais je ne grognais pas. J’ai toujours continué d’obéir.
— Ce n’est pas la question ! La soumission ce n’est pas que les actes, c’est aussi dans l’attitude. Tu obéissais mais tu grognais. C’est mal.
Il avait un air contrit.
— Mais pas trop.
Je n’ai pas lâché le morceau.
— Tout à l’heure tu as clairement pensé que j’avais tort lorsque j’ai été clémente avec Chouchou.
— Mais j’ai changé d’avis quand vous vous êtes expliquée. J’agis seulement vos directives même quand elles ne me plaisent pas.
— Et tu ne vois toujours pas le problème ?
Il bougonnait.
— Il faut me comprendre. Je n’ai pas apprécié lorsque vous avez mis fin au jeu. J’aurais voulu rester à vos pieds sans avoir le droit de parler. Je croyais avoir été un bon chien. Pas parfait bien sûr mais un bon. Je voulais vous faire comprendre à quel point j’aimais jouer au chien et que j’étais contrarié que vous interrompiez le jeu.
J’ai soupiré.
— Tu m’apprends quelque chose ! Si être un chien est ta passion je devrais te donner un surnom en rapport …
Il a baissé les yeux.
— Vous le saviez déjà…
— Difficile de manquer ton air béat. Tu galopais comme un chiot derrière une balle. D’ailleurs c’était exactement ce que tu faisais si ma mémoire ne me fait pas défaut.
Il a souri timidement, gêné par ma remarque.
— C’est humiliant de le présenter comme ça.
— Ça tombe bien c’est ce qui te plait ! Plus je te dégrade plus tu prends ton pied. Va falloir t’y habituer.
Reprenant en consistance il a répondu :
Si vous saviez que ça me plaisait et que vous vous amusiez pourquoi avoir interrompu le jeu ?
— C’est à moi de te le dire ?
Il a haussé les épaules.
Oui.
— Moi j’ai fait l’effort d’apprendre à te connaitre. J’ai cherché à savoir ce qui te plaisait. Tu es en train de me dire que tu n’as pas fait la même chose ? Tu appelles ça me respecter ? Qu’est-ce qui me plait ?
Il a répondu la première chose qui lui passait par la tête.
— Me dominer.
J’ai répondu avec sarcasme.
— Tu ne peux pas être plus précis ? Genre que j’aime faire des machins avec des trucs …
Il a eu un sourire forcé de circonstance.
— Vous êtes une femme, vous êtes trop compliquée pour mon petit esprit d’homme.
Ma réponse a été plus sèche.
— Ça va aller 5 minutes ce genre d’excuse. Il y a un moment où il va falloir arrêter de te défausser et réellement t’impliquer dans la relation. Parce que me dire que je suis supérieure et ne pas m’accorder la moindre attention je ne vais pas le tolérer longtemps. Ça sera peut-être douloureux mais tu vas finir par t’occuper de moi à la mesure de ce que je mérite. C’est clair ?
— Oui maitresse mais …
— Tu vois lorsque je te contredis tu grognes !
— Je ne grogne pas.
— Tu veux vraiment que l’on parte en dispute sur ça ?
— Non maitresse.
— Donc ? Qu’est-ce que je veux de toi ?
— Me rendre triste.
J’ai sursauté.
— Pardon ? C’est ce que tu penses ? Tu crois vraiment que mon but est de te rendre malheureux ? Si c’est le cas la porte c’est par là.
Je ne rigolais plus, je veux bien être accusée de beaucoup de choses mais pas de manquer de considération envers le bien-être de mes soumis. Je m’amuse parfois à les priver de certaines choses mais il y a toujours un plan plus large. Je me base souvent sur une logique de privation temporaire pour accorder une récompense plus grosse après. Tous mes soumis doivent savoir qu’à la fin ils y trouveront leur compte.
Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire maitresse vous déformez tout.
— Alors exprime-toi clairement.
— Je croyais avoir fait quelque chose de bien.
— Jouer au chien c’était ce que tu voulais. C’était facile d’obéir. Tout ce que tu m’as prouvé c’est que tu obéissais lorsque ça te faisait plaisir. L’interruption était le vrai test. Je voulais savoir si tu grognais lorsque je prenais une décision qui est orientée sur mon plaisir et non le tiens. Comme tu ne vaux pas mieux qu’un homme de base tu t’es cru intelligent de me punir en me faisant clairement comprendre que ça t’énervait. Très mauvaise idée ! Tu m’as gâché mon plaisir et donc en représailles je vais prolonger la privation ce qui va te faire grogner encore plus. Tu vois le cercle ? Un de nous doit faire un effort pour enclencher une autre dynamique. À ton avis qui doit se sacrifier ?
— Je crois que la bonne réponse est « moi ». Mais mes envies sont aussi importantes.
— Tu l’as dit toi-même j’aime dominer. Où serait la différence avec une relation vanille si mes envies ne passaient pas avant les tiennes ? Surtout que je ne parle que de « passer avant », et non pas d’écraser tes préférences. Je t’ai fait jouer au chien pour te montrer ce que tu pouvais gagner à m’obéir. C’était un échantillon gratuit, c’est tout. Pour la suite il faudra te montrer docile. Tu crois que les deux autres ont déjà eu une récompense ? Non. Elle n’arrivera qu’à la fin s’ils sont sages. De toutes façon une fois satisfait les hommes sont dépressifs et ne nous accordent plus la moindre attention. C’est ça que tu veux ?
— Non maitresse.
— Fait moi la tête et nous ne rejouerons plus jamais au chien tu as ma parole. Tu es prêt à me satisfaire avant que je te donne ton nonos ?
— Oui maitresse.
Il est parfois bon de durcir le ton pour remettre les choses à plat.
Donc tu vas vraiment m’accorder de l’importance ?
— Vous méritez que je vous serve mais je ne sais pas comment faire. S’il vous plait expliquez-moi et je ferais des efforts.
J’ai gloussé.
— Tu te permets de dire que Chouchou est un mauvais soumis ? Alors même que tu ne sais pas ce qu’il faut faire ?
Il a répondu en forçant le trait pour essayer de s’amender.
— Je regrette mon attitude maitresse. J’en ferais plus si vous le demandez. Je pourrais avoir mal, si vous le voulez.
Il avait fait un pas dans la bonne direction j’allais le récompenser en changeant de sujet.
Ça te fait peur ?
— De quoi ?
— D’avoir mal.
Il a haussé les épaules.
Non. Un peu. Je ne sais pas si je serais capable d’encaisser ce que Chouchou a pris. Je n’ai pas l’habitude d’avoir mal
— Tu te souviens du fouet de dressage de tout à l’heure ? C’était comment ?
Il a basculé la tête de droite à gauche pendant qu’il réfléchissait.
Pas vraiment douloureux. Comme des décharges électriques.
— Excitantes ?
Il a rougi.
Oui.
— Donc je pourrais y aller plus fort la prochaine fois.
Il a eu un ricanement nerveux.
— C’est une conclusion possible mais ne vous sentez pas obligée.
Je l’ai provoqué du regard.
— Tu veux essayer la cane ? Juste quelques coups.
Il a dégluti et a baissé les yeux
— J’ai été sage.
Vu la contraction immédiate de son corps il me faisait clairement comprendre qu’il y avait un blocage sur ce sujet. Il n’était pas prêt. Au moins ça c’était clair.
— Ce n’était pas ma question
Je me suis accroupie devant lui.
Tu veux obéir sans avoir un avant-gout de la punition avant ?
— Oui maitresse. Je ne veux pas …
Je l’ai poussé à finir sa phrase.
Tu ne veux pas quoi ?
— … contrarier une membre du sexe supérieur
J’ai gloussé en me relevant.
Après des siècles de sélection avons-nous enfin fini par créer une lignée d’homme à peu près censés ?
— Je veux faire de mon mieux pour éviter les problèmes, maitresse.
J’ai soupiré.
Si seulement. Malheureusement je crois que ce n’est qu’une promesse en l’air de plus.
— Je suis sincère.
— Pourtant je doute. Tu sais pourquoi ?
Il a tenté :
Parce que je suis un homme et que nous n’avons aucune parole ?
— Vrai. Mais surtout parce que tu n’en as pas tenu certaines promesses que tu as déjà faites.
— Celle de vous rendre heureuse ?
— Je ne pensais pas à celle ci. Plutôt une qui aurait dû prouver ton dévouement.
Il a froncé les sourcils.
Laquelle ?
— Lorsque nous avons discuté avant de nous rencontrer tu m’avais dit que tu étais intéressé par la chasteté. Hors ce que je vois c’est que tu es en liberté …
Il s’est exclamé.
Mais je veux être en cage c’est vrai !
— Pourquoi tu n’y es en pas alors ?
— Vous n’avez ….
— C’est ma faute ? Rassure-moi j’ai mal entendu. Tu n’as pas encore osé dire ça ?
J’ai tourné la tête vers les deux autres soumis pour leur adresser un sourire complice. Le Chiot a répondu avec maladresse.
C’est le rôle des femmes de nous contrôler. Nous ne sommes pas capables de le faire nous-mêmes. Ce n’est pas marrant sinon maitresse
— Donc, laisse-moi résumer, je t’avais dit que j’aimais jouer avec la chasteté masculine et tu en as déduit que tu ne devais rien faire « parce que ce n’est pas marrant de le faire tout seul ». On en revient à la même idée, tu agis comme je le veux uniquement lorsque c’est dans ton intérêt.
— Je vous assure maitresse je veux bien la mettre.
J’étais plutôt contente de moi, j’avais inversé les rôles, généralement les hommes sont réticents à la chasteté forcée, au moins en apparence, et je le faisais me supplier de le mettre en cage. Vous vous rendez compte à quel point un homme qui me supplie de l’enfermer est pathétique ? Mettez-vous à ma place et visualisez la scène. Excitant non ?
Savourant mon plaisir j’ai répondu lentement.
— Un peu tard pour ça non ? Au moment où la sanction va tomber tu veux me faire croire que ta motivation est sincère ?
Il a tenté de se rattraper.
Mieux vaut tard que jamais.
— Toujours de bonnes excuses à ce que je vois.
— Si vous voulez j’en mets une tout de suite. Si ça vous fait plaisir ça serait un honneur de me préserver jusqu’à obtenir votre permission.
J’allais encore faire durer mon plaisir. Je me suis retournée vers les deux autres soumis.
— Chétif, Chouchou, est-ce que porter une cage est bien ?
Ils ont répondu tour à tour.
Oui maitresse. Elle nous rend sage et obéissant.
— Nous n’avons pas droit au plaisir sans autorisation et la cage nous aide à ne pas fauter.
— Elle est juste, nous n’avons pas la tentation de prendre une récompense indue.
Je me suis retournée vers le Chiot, plutôt satisfaite de les avoir fait faire l’article de la cage.
Convaincu ?
— Je l’ai toujours été !
J’ai pensé « les hommes… toujours à foncer lorsqu’il s’agit de mettre leur truc quelque part même si ça doit leur causer des ennuis … ». J’ai rigolé à ma propre blague. J’ai essayé de reprendre mon sérieux.
— C’est un gros sacrifice que tu proposes. C’est agréable le plaisir c’est le moins que l’on puisse dire.
Immédiatement il a répondu.
— Pas autant que d’être à votre service maitresse.
J’ai ricané.
— Je pourrais profiter de ton ignorance pour te prendre au piège mais je préfère que tu y viennes en toute conscience.
Je me suis penchée.
— Tu sais que tout ça c’est des conneries. Une cage c’est irritant, frustrant et douloureux.
Ma phrase l’a surpris j’ai continué.
— Tu sais pourquoi cette bande d’abrutis te la conseille quand même ?
Ne comprenant pas où je voulais en venir il a répondu timidement.
Parce qu’ils en ont reçu l’ordre ?
— Même pas. C’est parce que ces trouillards ont tellement peur de rallonger leur supplice ne serait-ce que d’une heure qu’ils préfèrent faire du zèle. Ils sont prêts à tout pour s’en sortir quitte à te mentir. Je trouve ça génial. Tu veux une démonstration ?
— Je ne sais pas.
J’ai ignoré sa réponse.
— Décalotte ton gland.
Je suis allée chercher une règle plate. En revenant j’ai surpris sur son visage une grimace au moment où il touchait le très sensible bout de sa queue. Il devait lutter pour ne pas se laisser aller à prendre du plaisir. Il m’a lancé un regard inquiet en voyant ce que j’avais en main.
J’ai tenté de le rassurer.
Juste un coup. Ça va faire mal mais il faut y passer. Tu dois comprendre quelque chose avant d’aller en cage. D’accord ?
— Euh. Oui.
— Prêt ?
— J’ai le choix ?
J’ai écarquillé les yeux en mettant une main sur le coeur.
— Mais bien sûr que tu as le choix ! Tu as toujours le choix. Tu peux te prendre un coup ou choisir volontairement de me contrarier et d’en prendre plusieurs.
J’ai haussé les sourcils avec un sourire complice. Il a répondu.
— Je me contenterais d’un seul, maitresse. Je préfère.
— C’est ton choix tu assumes….
J’adore négocier avec mes soumis, encore une facette du plaisir de dominer.
D’une main ferme j’ai pris son sexe. En un instant son corps s’est raidi. Il aurait été un peu plus expérimenté je lui aurais caressé la longueur de la verge de l’index mais avec un débutant j’avais peur qu’il ne commette l’irréparable ce qui aurait été dommage en début de jeu.
Sans attendre je lui ai mis un coup sec qui l’a fait sauter sur place. D’une fois douce j’ai dit :
— Inspire profondément ça va passer. Ça réveille ?
Il avait les joues rouges.
Oui maitresse. Ça décuple surtout l’envie de … enfin vous voyez …
— L’envie de te réconforter en faisant des bêtises ?
— Oui voila.
Je lui ai tendu la règle. Il l’a prise avec méfiance.
— Recommence.
Il m’a regardé avec de grands yeux. J’ai dit.
— Je n’ai pas été assez claire ?
— Euh si maitresse.
Bon point pour lui il a tenté de le faire, même s’il se retrouvait paralysé à chaque fois avant l’impact.
J’ai rigolé en le regardant faire.
— Pas si facile d’être le bourreau pas vrai ? Je suis méchante. Je sais bien qu’il faudrait une volonté inimaginable pour le faire. Donne-moi la règle.
Soulagé il a dit.
— Un homme ne peut pas bien faire le travail d’une femme.
J’ai rigolé avec lui.
— Je suis d’accord c’est impossible de s’infliger volontairement autant de douleur. Qui serait assez désespéré pour ça ?
— Oui.
J’ai jeté la règle aux pieds de Chétif puis j’ai claqué des doigts sans quitter le Chiot des yeux.
— Chétif pose ta banane et vient ici !
Il s’est approché de nous. Je lui ai défait sa cage. Je l’ai regardé dans les yeux.
— Je te laisse le choix, soit tu te frappes jusqu’à ce que je dise stop soit tu te prends 1 jour de cage supplémentaire.
J’ai regardé le Chiot.
— Tu prendrais quoi à sa place ?
— Euh, le jour.
— Chétif tu es à combien de détention ?
— Moins de 3 semaines.
— C’est tout ?
Il a soupiré.
Oui c’est tout.
— Et après cette courte détention tu choisis quoi ?
Hésitant à peine il a ramassé la règle et s’est donné un coup sec sur le gland, le Chiot était sidéré. Ses yeux faisaient l’aller-retour entre Chétif et moi. Après avoir inspiré profondément Chétif s’est mis un second coup. J’ai commenté en m’adressant au Chiot.
— Tu connais la douleur d’un coup de règle. Tu te rends compte de ce qu’il se fait ? Tu imagines la frustration qu’il faut avoir pour préférer se faire mal plutôt que de passer 1 journée supplémentaire en cage ?
Chétif continuait d’enchainer lentement les coups, il devait en être à 5. C’est pratique d’avoir des soumis masochistes sous la main pour intimider les petits nouveaux.
Chouchou ?
— Oui maitresse
— Tu préfères faire le tour de la cour en courant et en hurlant que tu es un minable ou passer 1 heure de plus en cage.
Sans attendre il s’est précipité dehors, il avait bien compris mon petit jeu et était content de participer à la mise en scène pour dramatiser la pose de la cage du Chiot.
Lorsqu’il est revenu j’ai fait signe à Chétif d’arrêter. J’ai dit au Chiot.
— Alors ? Tu vois désormais le vrai visage de la chasteté ? Renier sa nature est très douloureux et c’est un engagement qu’il ne faut pas prendre à la légère. Prêt à mettre ta queue dans cet engin de torture ?
— Je ne sais plus maitresse.
J’ai ricané.
— Il va bien falloir prendre une décision.
Il a pris une inspiration.
— D’accord. Pour ce qu’elle sert de toute façon.
J’ai haussé les épaules.
— Si tu n’as pas profité de ta liberté c’est ton problème pas le mien. D’ailleurs si tu n’as pas de vilaines habitudes ça sera plus doux.
— Comment ça va se passer maitresse ?
— Nous allons commencer par le début.
J’ai regardé les deux autres soumis.
— Aller me laver au jet ce clébard il est trop sale. Ne le laissez pas s’échapper ou je vous tiendrais pour responsable.
— Bien maitresse.
Chétif s’est avancé pour se faire remettre en cage. Avec un sourire complice je lui ai demandé à voix basse.
Tu m’en veux de t’avoir privé de libération tout à l’heure ?
— Non maitresse, je ne pourrais jamais vous en vouloir pour quoi que ce soit.
— Tu ne veux pas repartir pour une semaine supplémentaire c’est ça ?
— Il y a de ça.
Lorsque le cadenas a claqué il a gémi, prenant conscience qu’il revenait de se mettre à ma merci.
— Reste calme et tout se passera bien. La récompense n’est plus très loin il serait dommage de flancher maintenant.
— Oui maitresse.

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Une réflexion sur « Week-end avec 3 soumis juin 2014 #31 : second interrogatoire #2 »

  1. Bonjour Emilie

    Difficile de rester sage devant de tel propos à votre égard, mais bon promis, je vous obéis, pour la deuxième partie de mon commentaire, je serais , sage comme le moine thibétain dans la position du lotus 🙂
    Bientôt 15 000 lecteurs pour votre article, c’est génial, il est à souhaiter que pour la plupart, ils est lus le livre ou vus le film , votre mise au point n ‘en n aura été que plus primordiale.

    Mercie Emilie

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