Week-end avec 3 soumis juin 2014 #17 : échauffement sadique

Hello 🙂

Après les expérimentations de la semaine dernière je reviens sur du plus classique le temps d’intégrer les commentaires.

Le sommaire du récit est par ici.

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Après la déconvenue du jeu précédent j’avais plus que jamais besoin de me défouler et cela se voyait dans mon attitude. Je marchais d’un pas résolu vers la maison pour une bonne séance de douleur avec Chétif, au moins lui n’allait pas me décevoir. Je le connaissais depuis longtemps et il était régulier dans ses pratiques. Il marchait derrière moi en suivant mon rythme malgré la désagréable sensation d’être mené à l’abattoir, il était entrainé de force par mon élan, il avait trop peur de ma réaction si je me retournais et qu’il n’était plus là. Les soumis sont des créatures d’habitudes, ils ont une certaine tendance à l’inertie lorsque vient le moment de passer à l’acte, ils préfèrent que rien ne change et au moment de prendre une décision leur premier réflexe est de trouver un endroit où se cacher. Ils sont excités par la prise de risque et à jouer avec leurs limites ils en font parfois trop, c’est ce qui explique la quantité de lapins auquel nous autres dominas devons faire face. C’est en quelque sorte paradoxal, les soumis sont capables de se prendre des corrections magistrales, donc faire preuve d’un courage forçant l’admiration, et en même temps ils sont prêt à partir en courant avant même que nous commencions. L’appréhension est à double tranchant. Il ne s’agit pas d’une question d’expérience, c’était loin de la première fois que Chétif allait se prendre une dérouillée par une jeune femme sachant manier ses instruments, c’est davantage un trait de caractère des soumis, ils ne s’en débarrassent jamais vraiment.
Chétif savait bien qu’il était en sécurité et pourtant il était anxieux. Beaucoup de sentiments se bousculaient dans sa tête, la curiosité de ce que j’avais prévu pour lui, la détermination à tenir sa parole. Il était trop tard pour reculer et il avait peur de ne pas être à la hauteur de mes attentes et de me décevoir. Cette angoisse avait comme second effet de l’exciter, il repensa à sa chasteté imposée lorsque son début d’érection fut réprimé. Je n’étais pas de ces maitresses qui autorisent la prise de plaisir systématiquement, je suis de celles qui affament sexuellement leurs soumis pour accroitre leur pouvoir. Il eut un rictus à cette pensée, il était affamé de plaisir et tout ce qu’il gagnerait à reculer était de se faire languir encore plus longtemps.
Il n’est pas dur de faire obéir un homme il suffit de le tenir par la queue, c’est bien leur talon d’Achille.
Il frissonna de plaisir en se rappelant que je l’avais prévenu de me défouler sur lui et que cela ne pouvait dire qu’une chose, si je me sentais coupable après je l’autoriserais probablement à se masturber. Cette idée le revigora, la joie suprême l’attendait au bout du chemin il ne devait pas faire demi tour.
De mon côté j’étais pensive, je me demandais si j’avais bien réagi à l’incident « Chouchou ». Pour une telle crise il n’y avait pas si longtemps j’aurais piqué une colère monumentale, j’aurais cané mes trois soumis jusqu’aux premières gouttes de sang et je les aurais laissés plusieurs heures en immobilité forcée pour leur faire comprendre ma façon de penser.
À trop vouloir comprendre mes soumis je développais une certaine empathie pour eux, il est bien plus facile de les déshumaniser, de ne pas les individualiser. J’étais peut-être en train de tourner … gentille. J’ai eu des frissons rien qu’à penser à ce terme. Ne rigolez pas ! C’est un très grand danger pour une domina, la gentillesse est normalement une qualité sauf face à des soumis puisqu’ils en abusent. Nous devons être fermes ou nous nous faisons dévorer. Nous ne devons jamais rien laisser passer.
Chétif savait qu’il allait devoir marcher sur des oeufs mais son instinct et son expérience lui faisait dire qu’il était préférable de me désamorcer de suite. Lorsqu’une domina se met à douter d’elle-même elle n’est plus capable d’être ferme et cela rend les choses plus difficiles pour les soumis. De son point de vue je n’étais pas dans un état optimal. Il craignait que je ne sois pas d’humeur à jouer et que je le frappe sans conviction par devoir, ou que je sois tellement dans mes pensées que je le punisse sans l’humilier verbalement, ce qui est important dans son fantasme. Il aimait s’entendre dire qu’il était minable et pathétique pendant qu’il se faisait battre et cela nécessitait que mon esprit ne soit pas ailleurs.
Il sentait qu’il devait prendre la situation en main ce qui lui imposait d’agir de manière subtile. Il serait idéaliste de dire que nous autres dominas sommes imperméables à la manipulation par les soumis.
Sa marge de manoeuvre était faible, il ne pouvait pas m’engueuler pour me recadrer, les raisons étant évidentes. Il ne pouvait pas non plus faire des bêtises volontairement puisqu’il n’aurait fait que m’énerver davantage ce qui m’aurait incité à me défouler et ce n’était pas l’effet recherché. Il ne voulait pas de la douleur supplémentaire il voulait que je m’amuse à le provoquer. Il devait faire en sorte que j’arrête de douter de moi et que j’affirme haut et fort ma supériorité sur lui. Il devait me réconforter sans se montrer condescendant.
Prenez un instant pour essayer de planifier le chemin à parcourir. Comment auriez-vous remonté mon moral si vous aviez été à sa place ?
Je vous préviens sa solution a été du grand art, les mots sont un peu fort, il a fait quelques erreurs mais globalement je connais bien des soumis qui devraient s’inspirer de son attitude.
J’étais toujours pensive lorsque j’ai tenu la porte pour qu’il passe devant moi. Je fronçais les sourcils et j’avais le regard dans le vide. Il m’a tiré de mes pensées.
— Vous êtes plus jolie lorsque vous souriez maitresse.
— Oh ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi !
Il a eu un sourire gêné. Il savait que me provoquer était nécessaire dans un premier temps pour que je focalise mon attention sur lui.
— Non, je voulais juste vous énerver un peu plus.
— Ça il n’y en a pas besoin.
Il a pris une inspiration le temps de rassembler suffisamment de courage pour continuer de jouer avec le feu.
— Vous ne devriez pas vous imposer tout ce souci. Vous simplifieriez la vie en étant un tout petit peu plus stricte avec nous.
J’ai tourné la tête pour le regarder et j’ai levé les yeux au plafond.
— J’ai tourné trop gentille je le savais.
Chétif a baissé les yeux en profitant pour laisser glisser ses yeux le long de mes courbes, la proximité d’une potentielle libération faisait ressortir ses pires réflexes masculins. Il marmonna.
— C’est une qualité de se préoccuper des autres.
— Alors pourquoi veux-tu que je sois plus stricte ?
Il a répondu, choisissant avec précaution ses mots.
— C’est à nous de vous faciliter la vie. Nous devons résoudre vos problèmes pas l’inverse. À être trop compréhensive vous vous laissez marcher sur les pieds. Nous avons peut-être besoin d’un rappel sur comment nous devons nous comporter en votre présence.
Il avait raison, si un soumis sait qu’en cas de désobéissance la punition est disproportionnée cela l’incite à la docilité. Une domina sévère n’a pas à forcer son attitude, il suffit que le soumis sache qu’elle est capable de colères noires pour le tenir en respect. Régulièrement les soumis doivent expérimenter ces phases de punition pour être remis sur le droit chemin.
Je le regardais froidement.
— Si tu veux de la fermeté tu vas en avoir.
Il frémit à cause de l’aura d’autorité que je venais de dégager. Il n’avait rien contre la complicité avec moi mais à ce moment précis voir cet autre aspect de ma personnalité l’a enflammé. Il avait terriblement envie de plaisir. Je me suis dirigée vers la caisse où j’avais rangé mes instruments, il s’est permis un autre commentaire pour capter mon attention.
— C’était simplement une observation. Je ne remets pas en cause vos décisions. Je pense que vous avez eu raison.
Sa réflexion a stimulé ma curiosité.
— De ?
— Lui laisser le temps de méditer sa faute.
J’étais rassurée de ne pas avoir été la seule à arriver à cette conclusion et j’étais curieuse de savoir le raisonnement qui l’avait mené à m’approuver.
— Comment peux-tu en être si sûr ?
Il a eu l’air embarrassé.
— Parce que ce n’est pas ce que j’aurais fait.
J’ai ricané. Je m’étais attendue, et j’aurais préféré, un autre type de raisonnement. J’ai répondu en souriant.
— Argument valide.
Chétif était content de son effet, il m’avait subtilement rappelé que j’étais une femme et que je ne pouvais pas avoir tort, que je ne devais pas perdre mon temps à douter de moi. J’aurais aimé avoir sa conviction. Surtout qu’il critiquait sa capacité à prendre des décisions censées et pourtant il venait d’en prendre une bonne. Les soumis pensent souvent à court-terme, j’en connais plus d’un qui aurait profité de mon manque de concentration pour abuser de ma gentillesse. Chétif avait préféré tenter de me remettre sur les rails en me réconfortant. Cela peut vous sembler dangereux à quelques minutes de se faire mettre au supplice et pourtant à long terme il venait de gagner des points. Il a répondu.
— Si j’ai réussi à vous faire sourire maitresse j’ai atteint mon but.
Je suis toujours gênée quand un soumis me prend en faute, je devais jouer mon rôle de déesse infaillible. Je me suis contenté de répondre.
— Il en faudra davantage pour m’apaiser.
Il est revenu à la charge.
— Vous auriez préféré une punition collective immédiate ?
J’ai soupiré.
— Peut-être.
— Alors pourquoi vous ne l’avez pas fait ?
Il a regretté sa phrase immédiatement, il avait fait bien attention à ne pas dépasser les limites pendant la discussion mais il venait d’avoir un moment d’inattention. Ma réaction ne s’est pas faite attendre. Je l’ai pointé du doigt.
— Non ! Je n’allais pas reporter mon plaisir plus longtemps ! Je veux te démonter et je le veux tout de suite ! Et si tu as bien raison sur un point c’est que désormais vous pouvez tous aller vous faire foutre avec vos problèmes. Il n’y a plus que moi qui compte !
Cette petite explosion m’a fait du bien même si je me suis sentie coupable. Tout comme lui quelques instants auparavant je ne me suis rendu compte trop tard que je venais d’en dire trop. Je venais de lui donner des infos sur ce que je pensais. En temps normal j’évite autant que possible de dire à un soumis que j’ai envie de jouer avec lui, c’est un argument de négociation fort qu’il pourrait retourner contre moi.
Je n’avais cependant pas à m’en faire, lorsque j’avais haussé le ton Chétif avait cessé de réfléchir, préférant se laisser envahir par une montée de désir. Il avait toujours aimé quand je lui parlais sèchement, c’était un signal préliminaire à la correction. Il aimait la discipline, il ne pouvait rien y faire, et cela impliquait des mises au point fermes.
Dans un deuxième temps cette sensation a été renforcée par le contenu même de ce que j’avais dit, j’avais préféré venir m’amuser avec lui plutôt que de punir les deux autres. Il se sentait désiré comme si une femme l’avait abordé dans la rue en le suppliant de coucher avec elle. Si ce n’est qu’il était masochiste et que ma proposition était bien plus intéressante de son point de vue.
— Et la punition collective ne vous aurez pas défoulé ?
Je n’ai pas répondu à sa question préférant glousser sarcastiquement. Il a insisté.
— Ils avaient mérité d’être puni sévèrement mais vous n’auriez pas été satisfaite parce que vous auriez dû retenir vos coups ? Parce que Chouchou n’est pas dans son état normal et que le Chiot est un débutant.
Il était en train de marcher sur une limite. J’étais très attentive, je me méprenais sur ses intentions. Il y avait une alarme qui s’était déclenchée dans ma tête, si Chétif voulait me faire du chantage à la libération, sous entendu qu’il était le seul disponible pour me satisfaire donc je devais accepter ses conditions, j’allais à contrecoeur renoncer au plaisir et l’enfermer quelques heures pour le laisser réfléchir. S’il essayait de négocier la moindre chose il y passait. J’ai répondu évasivement.
— Oui.
Il avait la tête des mauvais garçons sur le point de faire une bêtise.
— Vous pourriez m’infliger ce qu’ils ont mérité.
Je l’ai regardé en souriant et avec un brin de fierté. Un peu coupable d’avoir pu penser que soumis expérimenté ferait cette bêtise. J’ai répondu avec sarcasme.
— Tu veux te sacrifier pour eux ?
Il a rougi.
— Non pas pour eux.
J’ai haussé les sourcils en rigolant. Il se retenait de sourire de satisfaction, malgré quelques imprévus son plan se déroulait comme prévu. En répondant à moitié il m’offrait sur un plateau d’argent un peu de résistance pour tenter mon côté sadique, c’était un appât et j’étais irrésistiblement attirée.
— Tu m’en diras tant. Si ce n’est pas pour eux qui en tirerait avantage. ? Toi ?
Il rougissait à vu d’oeil.
— Non maitresse.
Je n’allais pas le lâcher, je voulais qu’il le dise et lui faisait exprès de faire durer le suspens.
— Alors pour qui ?
Il s’est résigné à avouer quand il a senti que j’avais arrêté de penser à mes soucis précédents.
— Pour vous maitresse. Si ça peut vous aider à vous sentir mieux. Je ne veux que ce qui est bon pour vous.
Il était trop mignon à confesser son envie de me plaire. Je suis comme tout le monde j’aime me sentir désirée, je gloussais comme une adolescente et j’allais jouer avec lui en réaction. J’allais être la maitresse castratrice comme il l’aimait. Pile le résultat qu’il avait recherché.
— Tu parles ! Jouer avec le feu te fait bander.
J’ai empoigné sa cage de chasteté.
— Ah non ! C’est vrai tu ne peux plus !
J’étais contente de lui, les soumis nous promettent souvent de se plier en 4 pour nous lorsqu’ils sont derrière leur écran et ce n’est que trop rarement qu’ils passent de la théorie à la pratique. J’aime les hommes qui veulent prendre soin de moi à n’importe quel prix, cela me valorise.
Chétif était content de l’effet qu’il avait provoqué. Il aimait me faire sourire, me rendre heureuse, cela lui faisait pousser des ailes. Surtout en sachant qu’il allait en être récompensé.
La situation était quelque peu surréaliste, je m’apprêtais à le battre sans pitié et nous plaisantions comme si rien n’était. Au contraire il faisait tout pour aggraver son supplice.
— Bref, trêve de bavardage il est temps de passer au plus amusant. Je te préviens je vais me défouler sur toi.
Les soumis masochistes sont autant fasciné que craintif face à ce genre d’affirmation. Surtout qu’il savait que le petit bout de femme que j’étais ne prononçait pas ces menaces à la légère. Il n’avait pas tant peur de la douleur que de la déception qu’il pourrait me causer à ne pas tenir la distance. Il se remotiva en se disant qu’il était prêt à tout pour satisfaire, quel qu’en soit le prix. J’étais l’autorité suprême et toutes mes envies devaient être comblées.
Il avait réussi à rallumer ce soupçon d’espièglerie dans mon regard qui l’empêchait de me refuser quoi que ce soit.
— Je me déshabille maitresse ?
— Oui.
Il mourrait d’envie de se débarrasser de cette robe ridicule, ce n’était pas son truc. Il le faisait parce que ça ne lui coutait rien et que ça me faisait plaisir mais sinon ça le laissait complètement froid. Il estimait qu’une robe était jolie uniquement lorsque portée par une femme, ne se rendant pas compte que c’était justement l’effet recherché : insister sur la perfection des femmes. Qu’il ne s’agissait pas simplement des vêtements mais de celle qui est dedans par opposition à lui. Après s’être rapidement mis nu il m’a regardé en attendant de nouveaux ordres. Il s’est rendu compte que j’attendais avec un certain sourire malicieux qu’il ait fini.
— Regarde ce que j’ai amené ? Qu’est-ce que tu en dis ?
J’avais à la main un instrument particulier, un fouet à lanière simple. Un instrument particulier qui me plait beaucoup, il a même son petit nom : le Red Snake. Une référence tant à ses couleurs rouges et noires qu’au résultat des morsures qu’il laisse sur le corps des soumis, de magnifiques lignes rouges. C’est un instrument que je n’utilise pas souvent, ne serait-ce que parce qu’il nécessite de l’espace, mais surtout parce qu’il est du genre qui fait hésiter les plus endurcis des masochistes.
Chétif sentait l’excitation monter en lui, il adorait ce type de moment, ou les détestait, en tout cas il en était fasciné. Il voyait venir la douleur mais ne luttait pas, il ne le pouvait pas, toute sa volonté semblait réduite à néant. Il était incapable de me dire « non », fasciné par l’étincelle que j’avais dans les yeux. J’étais comme une enfant devant ses cadeaux de Noël. Il ne se sentait pas la force morale de me refuser quoi que ce soit. Il était trop faible pour me résister.
Les personnes extérieures au monde BDSM pensent souvent que les dominatrices utilisent la violence pour mater les soumis, lui avait un autre ressenti, pour lui la douleur n’était que la conséquence indirecte de la satisfaction de sa maitresse. Il n’avait pas la sensation d’être une victime molestée, c’était un sacrifice auquel il consentait. Il était comme un père gâtant sa fille pour ne pas avoir à faire face à la déception sur son visage, prêt à assumer toutes les factures pour maintenir son sourire. C’était ça, il allait se laisser fouetter au premier sens du terme pour que je sois simplement heureuse. Pour mon plaisir il était prêt à être un jouet aux prises d’une enfant capricieuse.
Je lui ai tendu le fouet.
— Tu veux le toucher ?
Avec certains instruments j’ai une relation très physique, j’aime les toucher, il y a tout un plaisir à les maitriser. Ils semblent si inoffensifs au repos et se transforment en machines de torture dès que je le décide.
Je l’ai laissé parcourir des doigts le cuir rouge et noir tressé, en le voyant faire je me mordait les lèvres dans un rictus qui l’excitait de plus en plus. J’imaginais la douleur qu’il allait provoquer et je n’en pouvais plus.
— Qu’est-ce que tu en dis ?
Intimidé par l’instrument, il a bafouillé.
— Il a l’air efficace.
— Oh ça oui ! C’est plutôt cool non ? Aujourd’hui nous aurons des vraies larmes.
Il a répondu sarcastiquement.
— Super !
Je n’ai pas relevé son ironie j’étais trop hypnotisée par mon jouet. J’étais désormais toute guillerette, tous mes soucis semblaient s’être envolés.
— Avec lui pas possible de tricher. Tu ne pourras pas truquer les scores.
Chétif a répondu.
— Ce n’était pas mon intention.
— Ah bon ? Je croyais que c’était la mode.
— Seulement chez les faibles.
J’ai pouffé de rire.
— Mauvaise langue.
J’ai tendu le fouet entre mes mains.
— Tu veux que je te rabatte le caquet ?
Il déglutit, ne pouvant décrocher ses yeux de l’instrument.
— Ce que je veux n’a pas d’importance.
— Je ne comptais pas en tenir de compte de toute façon. Bon, assez parlé il est temps de passer à l’acte. Tu es prêt ou tu veux t’échauffer avant le plat de résistance ?
— Je ne serais pas contre une mise en condition maitresse.
Les soumis saisissent toujours l’opportunité de l’échauffement, ils pensent que tout effort préalable me fatiguera et que je serais moins sévère après. La vérité c’est que cela me permet à moi aussi de m’échauffer, ce n’est pas forcément un bon calcul.
— Tu n’as pas a en avoir honte. Ne t‘inquiètes pas je sais que les hommes sont faibles par nature. Pas vrai ?
Je l’ai provoqué du regard, je voulais voir s’il avait le courage de me contredire. Il a baissé les yeux avant de répondre.
— Oui maitresse.
Il était réticent prononcer une phrase complète alors même que son fantasme reposait sur ce concept. Ce genre de soumis veut être forcé à l’avouer.
— Oui quoi ?
— Oui je suis faible maitresse. Comme tout les hommes.
Savoir que me contredire signifiait le fouet tout de suite le rendait impuissant au plus au point. Je pouvais le piétiner autant que je le voulais il n’avait plus une once de virilité à m’opposer. Ce n’était d’ailleurs pas qu’un concept abstrait il tenait fortement à ce que je l’écrase.
— Je vois. Courageux jusqu’au moment de passer à l’acte.
J’ai posé le fouet tout en le laissant bien en vue.
— Une préférence pour l’échauffement ?
Il n’aimait pas ce genre de question, les choix le stressaient. Surtout que devoir choisir son supplice enlevait l’aspect « imposé par une femme ». Il n’a pas eu le temps d’y penser longtemps de toute façon, la question n’était que rhétorique, je n’attendais pas de réponse.
— Qu’est-ce que tu dis d’un peu de ceinture ?
— À vos ordres, maitresse.
Il s’est mis à genoux devant moi, relevant les fesses en prenant soin d’exposer ses bourses au cas où l’envie me prendrait de les mettre au supplice. C’était une proposition très alléchante mais j’avais envie de le piétiner, le mettre au supplice et ne rien lui épargner. Je voulais tester sa volonté, pas lui faire mal mais l’émasculer.
— Ne fais pas l’idiot, tu n’es pas un débutant. Tu sais ce qui va se passer, c’est dans l’ordre des choses, alors laisses-toi faire et ne résiste pas. Présentes-moi tes mains.
Il a tremblé en entendant la dernière partie de ma phrase. Il ne faisait plus le fier. Les mains sont non seulement sensibles aux coups mais surtout il savait que j’exigeais l’immobilité pendant le supplice.
Vous avez idée de la volonté qu’il faut déployer pour présenter ses mains aux coups d’une ceinture sans bouger ? C’est un rituel d’humiliation terrible. Le soumis doit prendre sur lui pour ne pas désobéir. Impossible de tricher. Je le mettais au défi de me prouver sa volonté de se soumettre.
J’adore voir les soumis humiliés de la sorte, se pliant volontairement au châtiment que j’ai décidé. Je me sens invincible lorsque je vois un soumis s’agenouiller et s’exposer à la douleur sur un seul ordre de ma part. Je ne me perçois plus comme une jeune femme vulnérable mais comme une dominante sans limite.
Lorsqu’il a exposé la paume de ses mains devant moi, comme en prière à la déesse que j’étais, j’en avais des frissons, j’avais envie d’abuser de ses faiblesses. C’était l’ivresse du pouvoir. J’étais excitée avant même le premier coup.
Il n’osait pas me regarder, j’étais trop intimidante. J’avais les pieds écartés pour tenir fermement ma position, le regard déterminé et la ceinture tendue entre mes mains, prête à claquer.
Comme il semblait craindre le premier coup j’ai décidé de le faire languir encore un peu. Je ne voulais pas lui faire mal, je voulais qu’il me supplie de le corriger. J’allais le provoquer jusqu’à ce que la douleur vienne s’abattre comme une délivrance. Il est facile de briser un soumis par la douleur mais c’est bien plus marrant par la voix.
— Je crois que tu as besoin d’être discipliné.
— Oui maitresse.
— À quel point ?
— Autant que possible.
J’ai pouffé de rire, s’il était dans la surenchère c’était que son excitation devait être à son comble. Je ressentais dans sa voix la douleur du plaisir bloqué et c’était loin de m’émouvoir, bien au contraire.
J’ai regretté de ne pas avoir mis des talons, j’aurais bien aimé les faire claquer sur le sol en tournant autour de lui. Je me suis dit que j’irais les chercher plus tard je ne pouvais pas m’éloigner de lui, il était comme un aimant. Je ne pouvais pas le laisser souffrir sans en profiter.
— Tu n’as pas l’air motivé.
— Si maitresse.
Je lui ai collé une gifle, lui faisant comprendre en un instant les règles de ce jeu improvisé.
— Ne contredit pas mon jugement, imbécile !
Pour la forme je lui en ai mis une deuxième. Il n’a rien dit, je l’ai relancé.
— Allez plus vite que ça ! Montres-moi à quel point tu as envie de te faire punir.
— S’il vous plait punissez-moi maitresse.
Il plissait les yeux, s’attendant à une nouvelle tarte, à la place je me suis moquée de lui.
— C’est ça ton maximum ?
J’ai gloussé.
— Tu es pathétique. Tu n’arrives même pas à avoir l’air minable correctement. Il y a un truc que tu sais bien faire ?
Il a réouvert les yeux pensant avoir évité la gifle cette fois-ci. Quel meilleur moment pour frapper par surprise ? Il allait devoir rentrer dans sa petite tête que j’étais déterminée à le briser et qu’il pouvait abandonner tout espoir de conserver sa fierté.
Les gifles sont un des moyens les plus usuels de conditionnement des soumis. Elles servent à les formater à penser comme il faut. Il faut qu’ils associent toute pensée un peu rebelle à la douleur de ma main sur leurs joues.
Il y a deux points importants lorsque vous vous lancez dans une série de gifles : la voix et l’intransigeance.
La voix tout d’abord pour l’humilier, lui poser des questions auxquelles il ne pourra pas répondre faute de pouvoir se concentrer. D’ailleurs petit jeu amusant, vous faites réciter aux soumis les tables de multiplications en leur mettant une gifle entre chaque opération. Très peu arrivent jusqu’à la table de 10. Surtout si vous les faites recommencer à zéro à chaque erreur. Je vous assure qu’ils voient rapidement des étoiles. Quel plaisir de leur asséner des « même un enfant de CP est capable de réciter ça ! », sûrement pas dans ces conditions. Le plus marrant c’est quand ils ne les connaissent pas, par exemple les tables de 6 ou 7. Beaucoup se trompent sur des 7 x 8, en tout cas hésitent avant de répondre ce qui me suffit pour justifier une double gifle pour refus de répondre. Je suis mauvaise quand j’y pense.
Cela permet aussi d’effectuer un contrôle sur l’état du soumis. Les gifles peuvent faire mal mais si le soumis est capable de parler c’est qu’il est capable de s’en prendre une autre. N’allez pas les mettre K.O. quand même !
Le second point pour réussir sa série de gifles est de faire preuve d’intransigeance. Les soumis ne doivent pas baisser les bras, ils doivent apprendre à persévérer malgré la douleur et pour y arriver vous ne devez pas les lâcher. Parfois ils semblent manquer d’imagination, comme dans ce que j’imposais à Chétif, ne vous y trompez pas ce n’est qu’une façade, un jeu de pouvoir auquel il ne faut pas céder. Je lui avais demandé de me supplier avec conviction de le punir et je ne devais pas abandonner l’idée. Ne vous inquiétez pas, après une bonne série de claques ils trouvent toujours l’inspiration, appelez ça la force du désespoir.
— Tant que tu ne seras pas capable de faire mieux je ne commencerais pas à te punir. Et ne pense même pas bouger sans permission.
— Pitié maitresse je vous en supplie, j’ai besoin d’être remis à ma place !
J’ai jugé qu’il était temps de jouer avec ses nerfs.
— Hummmmm ….. Non !
J’ai rigolé et il a souri en retour, je l’ai engueulé.
— Ça te fait rire ?
Je lui ai collé une autre paire de gifles.
— Tu peux essayer de trouver une faille mais je t’assure que le seul chemin pour te sortir de là est celui que je te montre.
Il a tenté une autre approche.
— Je ferais tout ce que vous me direz de faire en échange d’une correction maitresse.
— Non, toujours pas.
Une nouvelle gifle est partie.
— Tu te fatigueras avant moi. Dans le genre chieuse nous battons les hommes à plate couture.
J’ai laissé un silence pour voir sa réaction. Face à son inertie j’ai pris les devants.
— Eh !
Je l’ai giflé une nouvelle fois.
— Je dis une ânerie et tu ne la relèves pas ! Dis tout de suite que nous sommes des chieuses pour de vrai !
Pour éviter qu’il me rétorque que je lui avais interdit 5 minutes plus tôt de me contredire je lui ai mis une gifle préventive.
Encore étourdi il a répondu.
— Non maitresse les femmes sont parfaites en tout point.
J’ai décidé de le provoquer pour tester son état de résistance.
— Qui de nous deux est en train de faire un caprice là ?
Il a dégluti.
— C’est moi qui fais un caprice. En refusant de vous répondre.
Je m’amusais comme une petite folle. J’avais réussi à lui faire dire que c’était lui qui était en tort. C’est un peu le même plaisir que lorsqu’ils doivent me remercier après une correction. Ils sont si ridicules à exposer leur émasculation de la sorte.
— J’attends !
— Punissez-moi à la place de tous les hommes qui ont pu vous faire du mal. Nous avons une dette envers vous.
— C’est mieux mais …. non. Et soit rassuré, les hommes qui m’ont fait du mal ne sont techniquement plus des hommes ….
Je lui ai mis une nouvelle gifle, elle a été un peu plus faible mais ce n’était pas volontaire.
— Attends celle-là ne compte pas je la refais.
D’une main j’ai pris son visage pour le maintenir en place, j’ai senti la peau de sa joue frémir quand ma main a glissé contre elle, une réaction classique, un contact doux sur une zone sensibilisée est toujours agréable. Son regard était néanmoins attiré vers mon autre main, celle qui était prête à s’abattre. J’ai commencé mon mouvement avant de l’arrêter à quelques centimètres de sa joue.
— Non ! Ne te contracte pas !
J’ai recommencé, prenant gout à le tourmenter sans le frapper. Je faisais semblant de partir mais je m’arrêtais en rigolant avant l’impact. Pour les soumis ces moments sont terribles, ils sont suspendus à notre jugement sans avoir aucune chance de s’en sortir par eux-mêmes, la douleur finira par tomber mais ils ne savent pas quand.
Le plus important dans ce genre de jeu c’est de savoir s’arrêter, il ne faut pas qu’ils durent trop longtemps sinon les soumis finissent par en avoir marre. Entre 5 et 10 fausses gifles suffisent à le frustrer puis il faut recommencer à lui faire mal pour de vrai.
J’ai relâché son autre joue. Avant de passer à la ceinture j’allais le faire profiter d’un « grand final », histoire qu’il ne regrette pas la séquence de gifles. J’ai enchainé quelques gifles.
J’étais plutôt fière du résultat, ses joues étaient rouges et ses yeux larmoyaient. Il a soupiré, reprenant ses esprits après la dernière tarte que je lui avais mise, c’était une ouverture dans laquelle je me suis engouffrée pour me moquer de lui.
— Qu’est-ce qu’il y a mon gros bébé ? Tu veux te frotter les joues ? Tes mains sont si proches il suffirait d’un petit mouvement pour te délivrer. Ça te démange pas vrai ?
Il suffit d’interdire à une personne de bouger et de lui parler de démangeaisons pour que justement il en ait envie. J’adore la psychologie humaine, c’est comme si elle était conçue pour me permettre de tourmenter mes soumis. Me répondre a semblé être un effort important.
— La douleur est bonne pour mon éducation je ne dois pas chercher à la faire disparaitre.
— Tu as bien appris ta leçon. Voyons si tu es désormais capable de me supplier correctement.
— Pitié maitresse, je ne suis rien. Le seul espoir que j’ai d’être remis sur le bon chemin est que vous m’y mettiez par la force. Sans vous je n’ai aucun espoir d’être utile.
J’ai gloussé.
— Tu vois ce n’était pas si dur. Vu que tu sembles demandeur prépare tes mains elles vont recevoir leur dû.
— Merci maitresse.

2 réflexions sur « Week-end avec 3 soumis juin 2014 #17 : échauffement sadique »

  1. Bonsoir Emilie
    je ne sait plus quoi penser, que c est bien écrit, que c est agréable à lire, même sur la méthode classique, faites comme vous vous voulez , cela sera toujours un plaisir immense à découvrir vos post.

    Merci

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