Discipline domestique 026 – Halloween 2014 – Partie 19 : moments de doute

Hello ! 🙂

J’ai eu des remarques selon lesquelles mes textes étaient trop long pour une lecture sur écran et qu’il serait préférable de les raccourcir. Je peux comprendre ce genre d’argument. Donc désormais je ferai des découpages inférieurs à 10 minutes de lecture (contre 12-14 comme précédemment). J’espère que ça ira mieux.

Du fait de sa longueur excessive cette partie du texte a justement été découpée brutalement (que de violence dans ce blog !) en quatre publications distinctes : les 26, 27, 28 et 29. Lisez-les dans l’ordre 🙂


Sommaire du journal


Il parait que la fin du dernier texte a eu un petit effet… J’aimerais pouvoir vous dire que j’ai fait ce découpage par pur sadisme et que depuis je prends plaisir à vous faire languir pour la même raison, cela serait cohérent avec ma réputation de femme sadique et fière de l’être, pourtant ce n’est pas la vérité. La vérité c’est que j’ai réécrit ce texte de nombreuses fois, souvent de la même façon, tout ça pour gagner du temps, j’ai saisi le moindre prétexte pour repousser d’un jour l’échéance. Pour être honnête j’étais, et je suis toujours, inquiète que le résultat ne vous plaise pas. Vu la fin à suspens de la dernière fois il est probable que vous ayez déjà imaginé la suite et que vos attentes soient stratosphériques, la vérité va sembler si fade à côté. Certes j’ai déjà prévenu plusieurs fois qu’une relation 24/7 est bien moins intense qu’une séance isolée, sinon elle ne serait pas viable à long terme, cependant je crains de ne pas répondre à vos attentes avec ce texte.

Assez tergiversé je dois passer aux actes, de toute façon il y a aura toujours des râleurs quoi que je fasse.

Je vous rappelle la scène (encore une technique pour gagner du temps), nous étions le lendemain matin suivant l’épuisante soirée BDSM que nous avions faites avec 3 de mes amies. Après une telle épreuve j’avais prévu un weekend sage pour que mon homme puisse se reposer. Le corps a ses limites quoi qu’en disent certains soumis. Après le rituel matinal pour raviver la flamme, que serait la chasteté masculine sans un peu de provocation, j’avais prévu de laisser mon heureux partenaire tranquille. À ma grande surprise il en avait néanmoins demandé davantage en réclamant que je lui « impose » un weekend entier de souffrances.

La plupart du temps je suis plutôt douée pour doser les tourments que j’inflige à mes soumis cependant il m’arrive de faire des erreurs, jouer avec le désir est un art si subtil. Nous étions à un de ces moments, j’avais joué avec le feu et j’en avais perdu le contrôle, il restait maintenant à sauver les meubles avant que tout ne soit réduit en cendres.
À la décharge de mon homme (jeu de mot non-intentionnel) il faut dire que depuis le début de notre jeu il y a 2 semaines il n’avait pas eu droit à un milking ou séance de strapon pour réduire sa tension. Je vous rappelle que dans ma version des jeux de chasteté j’autorise quelques jouissances anales en récompenses. Le problème étant que cette fois mon homme n’en avait pas mérité. Il était donc en privation totale depuis de le début.
Il est assez rare que je sois aussi sévère mais il l’avait bien cherché puisque quelques jours auparavant il m’avait provoqué en profitant d’un moment d’inattention pour tenter de se masturber. Mettez-vous à ma place, je n’avais pas eu d’autre choix que de le punir, et la soirée que j’avais prévue pour le chauffer et qui aurait du se terminer par une séance de strapon pour le consoler s’était transformée en soirée purement punitive. Avec moi les soumis ont ce qu’ils méritent, autrement dit pas grand-chose la plupart du temps. Être des rebelles les amuse jusqu’au moment où ils doivent faire face aux conséquences de leurs actes. Et à ce moment là ils nous font la gueule si nous appliquons les règles à la lettre. Comme s’il s’agissait de notre faute !
D’ailleurs à ce sujet il parait que j’ai la réputation d’être sévère, à titre personnel je trouve cela injustifié et cela m’agace un peu. À mon sens je ne fais que tirer les nécessaires conséquences du comportement de mes soumis, ce n’est pas ça la sévérité, certes je ne considère pas que je sois laxiste mais il ne faut pas exagérer.
On dit souvent qu’en BDSM la dominante a tous les pouvoirs ce qui est vrai et faux à la fois. Nous ne pouvons faire ce que nous voulons qu’à la condition de ne pas contredire la logique interne des jeux. Dans le cas contraire nous sortirions le soumis de son état de « transe » et il reprendrait son indépendance d’esprit. Autrement dit même si je suis de bonne humeur je ne peux décemment pas soulager un soumis qui se comporterait mal sans perdre mon aura. La dominante fixe des règles qui la lient autant que le soumis.
Ces conditions peuvent vous sembler exigeantes mais sachez que je suis plutôt gentille dans l’application et qu’il en faut peu pour me convaincre, d’où ma sévérité toute particulière lors d’un échec, situation qui semblait se profiler à nouveau ce matin-là. Tout cela faisait que j’étais plutôt inquiète pour la suite des événements. Vous devez savoir que pour faire redescendre la tension de mon homme j’avais prévu une séance de rattrapage 3 jours plus tard, mais s’il continuait à me chercher de la sorte j’allais devoir l’en priver une fois encore. Sincèrement j’avais envie de l’aider mais je ne pouvais pas le faire de manière ostensible, il devait me fournir une opportunité pour que je puisse être gentille.
Il était donc là, planté devant moi comme un imbécile, excité d’avoir le courage de chercher les ennuis et ignorant les conséquences qu’allaient avoir ses actes. Avec ses joues rouges il me faisait penser à ces soumis lorsqu’ils se retrouvent pour la première fois devant moi, enflammés comme c’est pas permis mais inquiets malgré tout. Le genre ayant un regard espiègle mais se triturant les doigts. Cela ne me déplait pas en temps normal, j’adore fasciner les hommes, cependant s’il continuait à également agir comme un débutant j’allais finir par mal le prendre. Parfois mes soumis font des erreurs idiotes comme si mon dressage n’avait aucun effet sur eux, j’en suis généralement très vexée parce que j’ai besoin d’avoir l’impression qu’il y a une progression dans les jeux, que nous ne faisons pas du sur-place. Etre la capitaine d’un bateau à quai n’est pas vraiment mon fantasme et je préfère aller découvrir des terres inconnues, quitte à être déçue.
Bref, sachant tout cela comment pensez-vous que j’ai réagi ? J’ai la prétention de dire que toutes mes actions sont logiques et qu’une personne qui prendrait du recul serait capable de tout comprendre. Donc en théorie si vous lisez mon blog depuis assez longtemps vous devriez avoir toutes les pièces en main pour imaginer la suite, vous devriez savoir comment réagit une femme dominante, une vraie, dans un couple FLR-TPE lorsque son partenaire réclame un jeu alors qu’elle n’en veut pas.
D’ailleurs à la fin de la partie précédente j’aurais dû ouvrir un sondage pour avoir vos opinions, il aurait été amusant d’avoir des statistiques. J’aurais pu voir à quel point vous avez retenu mes leçons sur la psyché d’une femme dominante. Quoi que, j’aurais peut-être été déçue. La plupart des lecteurs seront probablement partis en fantasme type film porno classique, la maitresse gifle le soumis et le gronde d’une manière peu convaincante puis le « puni » en le forçant à lécher ses escarpins. Il est vrai que j’avais la main qui me démangeait et mon homme aurait bien mérité de ce faire claquer les joues. Si vous avez imaginé quelque chose de cette trempe au moins je vous aurais fait fantasmer un moment. Parce qu’en vrai, avais-je été excitée par la perspective de pouvoir torturer mon homme tout un weekend ? Après tout nous autres dominatrices ne sommes pas difficiles à comprendre n’est-ce pas ? Vous nous foutez un soumis à faire souffrir et nous sommes heureuses, non ?
Même pas…
Déjà parce que j’avais été comblée par la nuit précédente et que je ne ressens pas le besoin de jouer tous les jours. Je suis une jeune femme comme toutes les autres et la plupart du temps j’ai d’autres choses en tête que mes fantasmes. D’ailleurs à ce sujet j’ai vu un reportage l’autre jour qui disait que les gens ont tendance à cataloguer les femmes en deux groupes : les vierges/mères d’un côté et les putains de l’autre, avec rien au centre. La réalité étant bien plus nuancée puisque nous alternons entre plusieurs états, tout comme les hommes. Pourtant la plupart des gens ont du mal à imaginer que nous puissions avoir une vie sexuelle sans qu’elle soit excessive. Parfois les soumis sont surpris que j’ai un « vrai » boulot, que je ne domine pas à temps plein, comme s’il était étonnant qu’une femme qui s’épanouisse sexuellement puisse également avoir une vie professionnelle et familiale classique. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être un cas exceptionnel. Cette fausse impression vient peut-être du fait que mon partenaire est hyper-réactif à la moindre stimulation du fait de son maintien en chasteté.
Quoi qu’il en soit je n’avais pas particulièrement envie de dominer ce jour-là et la tentative de mon homme de me forcer la main venait de finir de me refroidir. Parce que ce genre de situation est un vrai tue-l’amour pour moi, c’est d’ailleurs pour ça que nous autres dominatrices avons une dent si acérée contre les « souminateurs » qui décrivent leurs fantasmes en long, en large et en travers. Il faut savoir que même si vous me décrivez mon fantasme idéal vous me laisserez de marbre. Si je n’ai pas l’impression d’avoir le contrôle absolu mon plaisir est réduit à néant. Tout doit venir de moi et rien que de moi. Et sans excitation pas de domination, je ne suis pas payée pour la feindre.
Tout ça pour dire que si vous avez imaginé que j’étais enchantée par la situation vous avez eu tout faux.
Alors, au contraire, étais-je en colère à cause de son attitude ?
Non, pas vraiment non plus.
Certes il essayait de me forcer la main et une partie de moi était en train de chercher la punition la plus méchante possible, et je parle de quelque chose de vraiment mal intentionné. D’ailleurs mettez la lecture sur pause et réfléchissez un instant à la pire chose que j’aurais pu faire à ce moment.
Une idée ?
Si j’avais laissé mon côté « sadique » prendre le dessus je lui aurais empoigné le sexe et je l’aurais masturbé jusqu’à la jouissance. Il aurait essayé de lutter mais après autant de chasteté il n’aurait pas pu faire grand-chose et aurait craqué en peu de temps. Parce que le plus méchant que vous pouvez faire à un soumis est d’interrompre le jeu en cours et de le ramener à la dure réalité. Certains le méritent parfois mais c’est vraiment hard. Si je l’avais fait mon homme m’en aurait voulu pendant des semaines et je pèse mes mots. Comprenez bien que la chasteté est un défi pour lui, cela ne vient pas de moi, tenir 3 semaines lui tient à coeur, et toute issue prématurée serait un échec. Je crois qu’il ne peut pas aimer sans y associer la notion d’effort. Lorsqu’une personne a une place spéciale pour lui il doit la traiter différemment, c’est instinctif. Donc lui refuser le droit de souffrir reviendrait à lui interdire de m’aimer.
Heureusement pour lui son attitude ne m’avait pas énervé suffisamment pour que je puisse avoir une réaction aussi disproportionnée. Parce qu’en vérité la situation était plutôt classique, un soumis tentant de reprendre le pouvoir et testant mes limites. Quelque part c’était un peu son devoir, et c’était le mien de résister et d’exercer mon autorité. Lorsque vous acceptez le pouvoir vous acceptez d’être obligée de vous battre pour le garder. Surtout qu’à ce qu’il parait une domina n’est jamais plus belle aux yeux d’un soumis que lorsqu’elle est autoritaire et le frustre. D’ailleurs un des plaisirs de la soumission est de s’entendre dire « non ». Parce qu’une femme qui ne dirait que « oui » ne dominerait pas grand-chose en définitive. En tout cas pour les fans de jeux de discipline.
Ne croyez pas non plus que je sous-estimais ses souffrances, au contraire je comprenais ce qu’il vivait pour l’avoir expérimenté. Dans ma période soumise j’ai testé le tease and denial et, même à petite échelle, je haïssais cette sensation, cette brulure si puissante au niveau du sexe qu’elle vous fait perdre toute dignité. L’effet est si intense qu’il vous rend prête à tout et n’importe quoi pour enfin avoir la permission de vous libérer. Sentir notre propre corps vous trahir comme s’il était mu par sa propre volonté est une torture très intime vous n’avez pas idée.
Tout ça pour dire que j’ai vraiment de l’empathie et du respect pour les soumis qui s’engagent sur la voie de la frustration sexuelle. Et c’est parce que je les respecte que je reste inflexible et que je fais tout pour les empêcher de flancher à mi-parcours.
À ce stade du raisonnement vous demandez peut-être si je n’allais pas tout de même le dominer, non par excitation mais par sens du devoir, pour lui permettre de crier un peu.
En réalité la question ne se posait même pas. Je n’allais pas lui donner ce qu’il voulait tout simplement parce que je ne le pouvais pas. Comme je l’ai déjà dit son corps avait été meurtri par la soirée précédente il était donc hors de question qu’il se passe quelque chose aujourd’hui, ce n’était pas négociable. Je sais bien que ses envies le rendaient irréaliste mais je ne devais pas me laisser entrainer. Je vous rappelle que le rôle d’une dominante est d’être sadique, pas irresponsable.
Quant à la solution de l’enfermement et du tease and denial il s’agissait de menaces en l’air et mon homme avait dû le comprendre. Il avait encore une semaine de chasteté à purger et en attisant son désir au-delà du raisonnable je ne lui aurais pas rendu service, au fond de moi je ne voulais pas qu’il échoue. Enfin « il », « nous » plutôt, nous sommes une équipe, son échec aurait également été le mien. Ce qui ne voulait pas dire qu’il ne subirait pas de conséquences à son attitude, je ne pouvais pas laisser son insolence créer un précédent. Simplement pas maintenant et pas de cette façon. Dans une relation BDSM la dominante fixe le tempo pas le soumis. Et vous me connaissez, vous savez que je suis intransigeante lorsque l’on en vient au chapitre du respect des privilèges liés à ma fonction, je peux réagir vivement lorsque l’on empiète dessus.

La suite par ici…


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2 réflexions sur « Discipline domestique 026 – Halloween 2014 – Partie 19 : moments de doute »

  1. Du bonheur de Vous re-lire enfin…
    Vous me manquiâtes (c’est français, ça ?) beaucoup. visites sur Vôtre twitter, infos pertinentes glanées mais pas d’annonces de texte. Je mets tout ça de côté pour lire avec ma (souvent) tendre Maîtresse.
    Merci et à bientôt, de Vous lire.
    Olivier Blanc

    1. Rédiger des textes prends du temps, surtout que j’en ai plusieurs en parallèle. Donc ils arrivent au compte-goutte. Mais j’invite les soumis-lecteurs à partager leurs histoires pour combler ! 😀

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