Dressage d’un débutant #4 : préparation – partie 2

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Il m’avait séduite sur le papier, restait à voir ce qu’il valait en réalité, il y a toujours un risque de déception dans ce genre de situation. Mon côté rebelle m’avait fait temporiser une des règles de la soirée, notre première rencontre n’allait pas être sur place. J’avais tenu à le voir plusieurs jours avant pour avoir le temps de me retourner si besoin était. Je voulais pouvoir discuter, éventuellement tester différentes pratiques avec lui. J’ai une réputation à tenir et je ne voulais pas perdre le contrôle d’un soumis sous le regard de mes consoeurs. Ne faites pas les étonnés, je suis loin d’être la seule dominatrice avec de l’égo.
Je me suis levée d’un bond, faisant sursauter mon esclave par mégarde, il essayait de se faire tout petit depuis la séance de gifles. J’aime les voir dans cet état, complètements dociles, me craignant, prêt à tout pour ne plus me mettre en colère. J’ai tapoté une de ses joues en souriant.
– Ma chambre est en bordel, ranges la.
– Oui, merci maitresse.
Il a filé sans demander son reste. J’ai mis une des paire d’escarpins, quelque chose d’assez simple je ne voulais pas mettre mon débutant mal à l’aise. Des talons aiguilles noirs de 9cm à semelle beige avec une bride au niveau des chevilles revenant sur l’avant. J’aime les talons, je suis un peu complexée par ma taille ça me permet de compenser. Je suis petite, c’est de famille, il faut dire que j’ai des origines asiatiques et que nous ne sommes pas connus pour être des champions au basket. Chacun ses forces et ses faiblesses et des talons ne sont pas du luxe pour m’ouvrir l’opportunité d’avoir des regards de haut. C’est psychologique je crois, me sentir plus haute me donne plus de prestance et de confiance en moi. En sortant j’ai jeté un coup d’oeil à mon esclave qui s’affairait. Je n’étais pas forcément très fière de moi après ce qui c’était passé. J’ai quand même de la chance d’avoir un esclave à domicile pour ce genre de situation. Cela peut sembler contradictoire de gifler un soumis et 5 minutes plus tard avoir de l’affection et de la tendresse pour lui. Les relations BDSM sont dures à suivre et je ne fais rien pour vous aider. Commencer une histoire en vous décrivant une scène où je n’ai pas vraiment su garder le contrôle sur moi-même n’était pas vraiment ce à quoi vous vous attendiez mais je veux être honnête. Je suis humaine, avec tous les défauts que cela implique. Faites ce que je dis, pas ce que je fais comme le dit le dicton. J’ai envie d’être loyale et de ne pas de vous faire fantasmer sur une version idéalisée de moi-même. Je vivrais mal de m’encenser à tort en ne vous racontant que les parties où je suis la meilleure.
Pour en revenir au sujet, je ne crois pas vous avoir donné le nom de ‘mon’ débutant. Pour vous expliquer le raisonnement que j’ai eu : je pensais que prendre son prénom n’aurait pas été marrant. Il lui fallait un surnom pour incarner cette autre facette de sa vie, lui permettre de se distancier de son rôle habituel. En pensant à cela j’avais eu immédiatement une idée qui m’avait donné un sourire malicieux, une sorte de flash très net de ce qui aurait été parfait, ça allait être Simplet. Je savais que ça lui irait parfaitement. J’étais fière de ma trouvaille. J’ai regardé l’heure sur mon téléphone, il était d’ailleurs temps d’aller le rejoindre. Je lui ai envoyé un SMS pour lui rappeler une dernière fois son engagement et j’ai lancé à mon esclave mes derniers ordres.
– Je vais y aller. Quand tu auras finis tes corvées tu iras te mettre à genoux au milieu de la pièce, mains derrière la tête. Tu attendras sans bouger jusqu’à ce que je revienne. Il y a une enveloppe avec des instructions.
– Merci maitresse.
Ne vous trompez pas, il n’aimait pas ce que je venais de dire, il me remerciait pour ne pas lui avoir imposé une détention plus sévère. En réalité je ne lui avais pas dit le plus amusant, il allait devoir rester devant des vidéos BDSM qui passeraient en boucle pendant mon absence. Si j’étais de bonne humeur il aurait peut-être droit à un milking le soir pour le soulager, sinon tant pis pour lui. Même absente j’allais continuer à le tourmenter, je m’étais calmée mais visiblement pas assez pour le laisser tranquille. Il n’y avait pas d’inquiétude à avoir, peu importe que je ne sois pas là pour le surveiller il ne lui serait pas venu à l’idée de me désobéir, il avait appris à ne pas me chercher inutilement. Je l’avais déjà prévenu que je pouvais recourir à des moyens de surveillance à son égard. Par exemple j’aurai pu cacher une caméra et visionner la bande après. Ce n’était pas le cas cette fois-ci mais ça aurait très bien pu. Les risques d’une désobéissance sont trop important pour qu’un de mes soumis tente sa chance. Ça allait lui faire du bien d’éprouver sa volonté comme ça. Ce que je viens de dire est stupide, ce n’était pas ma raison qui parlait, j’étais tout sauf bien intentionnée. Bien sûr qu’il y avait une petite voix en moi qui me poussait à être sadique. Il m’arrive d’être totalement injuste lorsque je punis un soumis, moi aussi j’ai mes envies mais j’essaye de les contrôler. Je critique souvent les soumis qui ne savent pas se maitriser mais parfois je ne vaux pas mieux qu’eux. Je peux me permettre d’être exigeante ceci-dit, il n’y aurait pas de raisons que je sois la seule à faire l’effort un travail sur moi-même. Les soumis ne le savent peut-être pas mais ils ne sont pas les seuls à avoir des pulsions et à devoir y résister. Lorsque je me rate les conséquences peuvent être autrement plus fâcheuses qu’en cas d’erreur d’un soumis, il est tout à fait concevable que je les astreigne à la même discipline.
En sortant j’ai eu une petite montée d’angoisse, ce n’était pas le moment de flancher, le premier contact avec un nouveau soumis est très important, je devais faire preuve d’aplomb pour l’inciter à être sage. Un soumis qui prend de bonnes habitudes dès le départ est plus facile à manœuvrer. Bien sûr, il sait qu’il a besoin de moi parce que je suis capable de résoudre ses problèmes. Je dois tout faire pour qu’il reste convaincu que je ferais de mon mieux, que je le forcerais à se conformer à un règlement exigeant lui permettant de tirer le meilleur de ce qu’il a à offrir. C’est une caricature mais les pyramides ont été bâties à coup de fouet pas avec des câlins et il y a une raison à cela. Un soumis doit avoir confiance en ma capacité à pour prendre soin de lui tout en étant sans pitié. Pour cela je dois avoir confiance en moi avant toute chose et ce n’est pas si facile. Je n’arrête pas de voir mes propres défauts, je suis plus complexée que prétentieuse.
Quoi qu’il en soit, même si j’avais fait préparer le sous-sol de mon appartement pour disposer du matériel si nécessaire, la première rencontre ‘réelle’ allait s’effectuer dans un lieu public, un lieu neutre pour dédramatiser la situation. J’ai toujours une angoisse que le soumis ne vienne pas, c’est tellement frustrant comme situation. Il faut qu’ils assument leurs fantasmes, je vais certes les éprouver mais ils en sortiront vivant il n’y a aucun doute à avoir. C’est que ça manque parfois de courage ces petites choses-là. En mettant le premier contact en dehors du cadre BDSM j’espérais que ça lui fasse moins peur. Je suis prévenante quoi qu’on puisse en dire.
J’étais très pressée d’arriver. J’essayais de réfréner mes ardeurs, ce n’était pas le moment de me tordre une cheville en marchant trop vite, j’étais en talons n’oubliez pas. Les trottoirs parisiens sont parfois des pièges dangereux dans ce genre de situation. Je crois savoir que les soumis ont une tendance à baisser les yeux lorsqu’ils viennent à un rendez-vous, moi je n’avais aucune honte à croiser le regard des passants en sachant ce qui allait se passer dans très peu de temps, je n’ai aucune culpabilité à aller jouer avec un soumis. Les soumis ne devraient pas avoir honte de réaliser leurs fantasmes, c’est tout naturel. Ils ne devraient pas plus avoir peur de moi ou de me décevoir. Si la relation se passait mal ça serait entièrement de ma faute, je suis en réalité très protectrice envers mes soumis. C’est une dynamique à 2 pour notre bénéfice mutuel, je ne suis pas là pour les traumatiser. S’ils se comportent particulièrement mal ils en sortiront avec tout au plus des marques sur le corps, ils ne passeront pas 2 semaines en psychiatrie en état de choc, il faut relativiser ce n’est pas de la torture. Je fais tout pour favoriser l’échange de pouvoir de manière pérenne. C’est des responsabilités mais chacun a ses obligations, les soumis font des efforts moi aussi. Je n’ai aucun intérêt à ce que la séance se passe mal bien au contraire. J’ai parfois l’air de leur forcer la main mais je ne fais rien qu’ils ne soient pas capable de me donner. Il ne faut pas confondre avoir peur de moi et craindre mes colères. Je suis exigeante pas irréaliste, je suis une passionnée avant tout.
En marchant dans la rue je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir un sourire malicieux. J’allais le déniaiser le pauvre petit, lui faire oublier tout ce qu’il avait connu jusque-là. Je voulais qu’il adore tout autant qu’il déteste passer entre mes mains. J’étais un peu prétentieuse mais j’aime toujours voir grand. J’allais tout faire pour qu’il se rappelle de moi toute sa vie. Je voulais que, pour lui, il y ait un avant et un après notre rencontre, c’était une perspective qui flattait mon égo.

4 réflexions sur « Dressage d’un débutant #4 : préparation – partie 2 »

  1. J’aime beaucoup votre façon d’écrire… moi même. aimant être soumis.
    Je serais heureux si vous pouviez m’écrire.

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