Discipline domestique 034 – Halloween 2014 – Partie 27 : reprise du rythme habituel

Mon homme avait pris sa douche et je l’avais obligé à porter « l’aplatisseur » un jouet sexuel ressemblant à un string qui, comme son nom l’indique, exerçait une pression importante sur le sexe de son heureuse victime au point d’effacer toute trace de masculinité sous les vêtements. Je voulais qu’il passe quelques heures en sentant son entrejambe sous pression, un avant-gout de ce qui pouvait lui arriver si jamais je me fâchai.

Après quelques dizaines de minutes mon homme m’a rejoint dans le salon en tenant son carnet à la main ; il s’agit d’un petit cahier où chaque page représente une journée, le matin il doit me l’apporter pour que je vérifie les objectifs qu’il s’est fixés et le soir je contrôle leur réalisation. Il peut y mettre ce qu’il veut, je n’interviens que rarement, cependant s’il ne vise pas assez haut, ou qu’au contraire il ne finit pas sa liste le soir, des sanctions suivent. De temps en temps je le soupçonne de faire exprès de rater quelques objectifs pour me donner une occasion de le punir mais je fais comme si je n’avais rien vu. Dominer signifie parfois fermer les yeux. À l’inverse je dois faire attention à ne pas le laisser diriger la relation, je tape parfois du pied, même à tort, pour rappeler que je suis toujours la patronne. Les caprices sont le privilèges des dominantes, ils sont un peu notre marque de fabrique.
Cette manie de le maintenir sous une surveillance constante pourrait me faire passer pour une illuminée dangereuse mais sachez que nous y trouvons tous les deux notre compte. Pour lui c’est la satisfaction de me voir prendre des décisions autoritaires, il dit que je ne suis jamais plus belle que lorsque j’incarne l’absolutisme divin ou que je fais s’abattre sur lui le couperet de la justice. Il doit s’agir d’une réminiscence de l’angoisse de faire signer son carnet de notes à ses parents ou quelque chose du genre. De mon côté je m’amuse du côté infantilisant et castrateur de la pratique. En l’obligeant à me faire signer son planning je matérialise son appartenance, rien de ce qu’il fera de la journée ne sera de sa propre initiative puisque tout aura préalablement été approuvé par moi. Il ne s’agit pas de saboter sa vie mais de l’obliger à me rendre des comptes.
Mon homme s’est mis à genoux à côté du canapé, présentant son carnet à deux mains avec la tête baissée. Je l’ai ignoré, et pas qu’un peu, puisque j’ai attendu la fin de la sitcom que je regardais pour lui adresser la parole. Faire attendre est un autre privilège des dominants. Comme je vous le disais l’autre fois je maitrise le tempo des relations, ce qui implique les moments de privation d’attention sans que le soumis n’ait le droit de venir contester. Tout ce qu’il peut faire c’est se répéter en boucle « elle est ma dominante elle a le droit de me faire attendre » et à prendre son mal en patience.
Comme un bon soumis qu’il est mon homme n’a pas dit un mot et a attendu patiemment que je daigne m’occuper de lui, il a l’habitude.
J’ai fini par lui demander en désignant son entrejambe :
— Pas trop comprimé ?
— Non, pile ce qu’il faut pour l’empêcher de nuire.
Il avait bien appris sa leçon.
— Exactement ! Le sexe masculin est comme un robinet, il faut le serrer très fort pour éviter les fuites. Et je crois que là j’ai bien comprimé les vannes. Plus rien ne devrait en sortir. Au pire si ça ne suffit pas on essayera « l’autre méthode », je n’aurai qu’à taper dessus de toutes mes forces pour voir si ça fait effet.
Il a fait une grimace, je crois que cette perspective ne lui faisait pas envie.
— Tu as encore de vilaines pensées ?
— Non, plus aucune. Je suis un être asexué. Grâce à toi.
C’est fou comme il avait l’air sincère…
— Donc si je mets des talons toute la journée à aucun moment tu ne rêveras de te charger du massage de mes pieds ce soir ?
Il a retenu un sourire. Si vous savez lire entre les lignes vous avez compris que je venais de lui promettre que s’il était sage il aurait une récompense ce soir. À cette idée j’espère que son sexe a cherché à se gonfler et que « l’aplatisseur » l’en a empêché. À la grimace sur son visage je crois que c’était le cas. Il a répondu :
— Je rêverai de ce que tu m’autoriseras à rêver. Parce que ton corps t’appartient et je ne peux pas y penser sans ta permission. Tu n’es pas un objet de luxure à ma disposition.
— J’espère bien !
J’ai pris le carnet et je l’ai ouvert à la page du jour tout en faisant tourner un stylo rouge entre mes doigts.
Je me suis exclamée :
— 9 heures de temps libre aujourd’hui ?J’étais bien lunée lorsque je t’ai donné ça. Tu me diras c’est peut-être ça le problème ; j’ai été trop gentille avec toi cette semaine et tu en as abusé. Je vais devoir réduire de manière drastique ce nombre…
— Quand on a la chance de servir une déesse telle que toi on n’a pas besoin de temps libre. C’est n’avoir rien à faire qui est la vraie corvée pour un homme soumis.
J’ai acquiescé de la tête puis j’ai pris mon temps pour rayer les cases correspondantes. Il faut savoir savourer l’exercice du pouvoir, parfois de simples petits gestes qui ne me prennent que quelques secondes ont de longues conséquences pour un soumis : 1 trait au stylo rouge, 1 heure de travail en plus, c’était tellement facile que j’avais envie d’en abuser. Et si vous vous demandez comment je fais pour remplir toutes ces heures une fois les corvées journalières accomplies la réponse est plutôt simple : tout ce qui ne lui plait pas ; des classiques mise au coin/lignes à copier aux tâches sans intérêt comme trier des perles par couleur ; plus récemment je me suis mise à lui faire préparer le JLPT, une source inépuisable de symboles à mémoriser ; sans oublier le « travail d’intérêt général », comprenez des heures que tous mes soumis doivent faire dans des associations, par exemple pour le nettoyage des plages/forêts après l’été. Lorsque les candidats-soumis s’engagent à me « servir » ils ne s’attendent souvent pas à devoir ramasser des bouteilles en plastique pendant une demi-journée !
Qu’importe, le point important est que lorsque vous voulez occuper le temps libre d’un soumis les activités ne manquent pas, l’intérêt étant de leur faire comprendre qu’ils sont en position de faiblesse et qu’ils doivent se résigner à baisser la tête et obéir.
En arrivant aux cases de la fin de journée sur son journal je lui ai demandé :
— Certain de ne pas mériter quelques heures de liberté ce soir ? Ou je raye tout ?
Il a fait une grimace, il hésitait, nous étions samedi et avoir un peu de temps libre lui aurait fait tellement plaisir après une semaine épuisante. D’un autre côté il savait que s’il était trop gourmand et en demandait trop cela se retournerait violemment contre lui.
À voir ses hésitations je pense qu’il aurait préféré que je prenne la décision de manière autoritaire sans lui demander son avis ; j’en avais conscience et c’était bien ça qui me motivait.
Après mûre réflexion il a dit :
— Le plus sage serait de commencer la journée comme ça, et si je me conduis particulièrement bien tu pourrais me récompenser par quelques heures de temps libre. Ne pas me les donner d’office mais les conditionner à ma réussite. Que tu serais bien entendu la seule à pouvoir juger.
— Ça me semble honnête.
J’ai signé en bas de son carnet et le lui ait rendu.
— Autre chose ?
— Non. Si ce n’est te demander si je peux avoir la chance de démarrer les corvées ? S’il te plait ?
— Vas-y.
Je me suis renfoncée dans le canapé pour lancer un nouvel épisode sur la télé. J’ai lancé sans tourner la tête :
— Et préviens-moi lorsque tu pars au supermarché, je viendrai aussi.
Mon homme a pris un air boudeur, même s’il a tenté de rester discret ; que je le force à bosser toute la journée il s’en moquait mais que je vienne avec lui faire les courses c’était inacceptable, non pas qu’il ait le choix. Il faut savoir qu’il n’accepte pas que j’empiète sur ses corvées, il les considère comme ses prérogatives, et il en est aussi protecteur que moi avec les miennes. Dès que je ramène mon assiette à la cuisine, dès que je sors les poubelles ou que je fais quoi que ce soit qui nécessite un effort je me fais limite engueuler. Et je pèse mes mots ! Après tout c’est peut-être ça la définition d’une relation FLR-TPE, nous convenons d’un rôle et nous avons interdiction d’en sortir.
Pour la plupart des hommes faire les corvées domestiques est une punition, chez nous c’est l’inverse. Par moment je me dis que la pire torture que je pourrais lui infliger serait de l’attacher à une chaise et de faire la vaisselle devant lui. Je dis ça en plaisantant mais il y a une partie de moi qui l’imagine en train de se débattre en pleurant et essayant d’enlever le bâillon pour me supplier d’arrêter. J’ai presque envie d’essayer pour voir…

À suivre…


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7 réflexions sur « Discipline domestique 034 – Halloween 2014 – Partie 27 : reprise du rythme habituel »

  1. j’ai lu toute la série..et même toutes les séries, vos récits sont à déguster sans modération.
    Ils vont au-delà du simple BDSM, une sorte de mise à nue littéraire fascinante.
    Mon préféré est celui de votre propre confession « de soumise à Maitresse », ça claque, et les digressions proustiennes en prennent un accent cinglant et cinglé criant de vérité 🙂

    1. C’est un classique du développement personnel de faire mettre par écrit les objectifs, je ne me souviens plus de l’augmentation des chances de réussite que cela représente mais c’est conséquent ^^
      Les écrits restent les paroles s’envolent comme on dit.

  2. C’est sublime comment votre dressage fait mouche dès que Vous décidez de reprendre le contrôle.

    Vos écrits son superbes le Mlle Emilie

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