Week-end avec 3 soumis juin 2014 #13 : frustration

Hello 🙂

J’ai finalement décidé de coller la partie manquante de la dernière fois au post d’aujourd’hui. Pour tout vous dire j’ai du mal à couper les parties en ce moment. J’ai rédigé le tout en un seul bloc et il est compliqué de trouver où interrompre l’action pour que chaque section ait son intérêt.

J’ai aussi un peu de retard dans mes relectures, lundi dernier j’ai commencé un nouveau jeu vidéo et j’ai tendance à être un peu trop « passionnée ». En 1 semaine j’ai accumulé une dizaine d’heure dessus (ce qui est beaucoup plus que ma normale), c’est autant de temps que je n’ai pas passé à écrire. Il faut dire que c’est un mélange entre de deux mes séries favorites, Professor Layton d’un côté et Phoenix Wright de l’autre. Ce sont des jeux d’enquêtes et d’énigmes. En temps normal lorsque je commence je ne peux plus m’arrêter alors lorsqu’ils font un crossover je ne peux que devenir dingue 😀 https://www.youtube.com/watch?v=fiJ7JwwlG6o
À cette vitesse je l’aurai bientôt fini.

Tant que j’y pense j’ai une question : dans cette phrase « Mon intention était de tester le respect d’une des obligations que je lui avais donné précédemment. » Je n’arrive pas à me décider sur « donné-donnée-données ».
L’antécédent du relatif « que » étant « Une des obligations » qui est avant il devrait y avoir accord en genre mais ça me semble bancal. Si quelqu’un a la réponse.

Bref retour à l’histoire. Pour un soumis jouer au chien n’est pas toujours facile, surtout s’il doit le faire nu et en plein air. Il n’est pas évident de gérer le froid. Heureusement il pouvait compter sur moi ! En dominante attentionnée que je suis j’allais l’aider à se réchauffer…. Je ne joue pas sur les mots ça allait effectivement chauffer 😛

Le sommaire est par ici.

J’ai regardé ma cravache avec un certain scepticisme.
— Je crois qu’elle ne suffira pas à suffisamment te réchauffer. Il serait plus prudent de viser plus gros. Qu’est-ce que tu en dis ?
Il semblait hésitant, craignant sans doute de s’enfoncer davantage. Il a émis quelques gémissements pour m’attendrir. Il ne se rendait pas encore compte qu’il commençait à s’exprimer naturellement d’une autre manière, en faisant varier son attitude, ses expressions, il compensait l’interdiction de parler. Vous pouvez leur infliger toutes les privations que vous voulez un soumis finira toujours par trouver son chemin. Il m’a finalement répondu avec un bien nommé « regard de chien battu ».
— Ouaf ?
Au-delà de la plaisanterie j’avais comme une irrésistible envie de le frapper, pas simplement de lui mettre quelques petits coups mais bien de me déchainer. Pendant son dressage j’avais ressenti une montée de puissance de mon égo qui avait entrainé à son tour un besoin de me lâcher physiquement. Je voulais quelque chose de bestial. Comment le justifier ? Il était sage depuis un moment je ne pouvais donc pas compter sur lui pour faire un faux pas suffisant à justifier de telles extrémités. Les soumis sont parfois si peu coopératifs. Il fallait que je trouve un prétexte pour lui faire sa fête, il fallait que ce soit crédible pour que même lui se résigne à trouver qu’une correction était opportune.
Une idée a germé dans ma tête, lorsqu’il s’agit de prendre en défaut un soumis j’ai tout un tas de plans plus sadiques les uns que les autres qui surgissent. Ça doit être un don.
— Suis-moi.
J’étais désormais joyeuse, pleine d’entrain à l’idée de me montrer plus maligne que lui. Nous sommes retournés voir les deux autres soumis. Ils étaient attachés aux poutres, toujours en train de subir un milking avec plug anal vibrant et un tuyau d’aspiration attaché à leur cage de chasteté. Ils semblaient très tendus, l’épreuve semblait les avoir épuisés. En arrivant à côté d’eux j’ai lancé.
— Alors les garçons, je vous ai manqué ?
Ils ont sursauté, ils étaient tellement dans leurs pensées qu’ils ne m’avaient pas entendu arriver. Mon retour a provoqué une poussée d’adrénaline, j’étais synonyme de libération, à moins qu’ils ne fassent un faux pas… Ils savaient que leur concentration devait être maximale pour que leur attitude ne cause pas un bonus. Comme tous les soumis après un supplice ils n’avaient qu’une envie, se jeter à mes pieds et me promettre qu’ils seraient sages désormais. J’ai coupé les vibrations des plugs puis j’ai inspecté les bocaux où étaient récupérés le résultat du milking.
— C’est pas mal tout ça. Qu’est-ce que tu en dis le Chiot ?
Mon intention était de tester le respect d’une des obligations que je lui avais données précédemment. Je lui avais dit que les chiens découvraient le monde en reniflant et je comptais bien qu’il l’ait oublié. J’étais excitée comme une puce (ça reste dans le thème) à l’idée de le punir, j’avais envie de le posséder. Je n’en pouvais plus d’attendre, je voulais ressentir les vibrations d’une bonne grosse lanière en cuir rebondissant sur la peau dans un claquement sonore, laissant derrière elle cette délicieuse couleur cramoisie que j’aime tant.
Il s’est approché, très mal à l’aise, je croisais les doigts pour qu’il ait oublié. J’essayais de me rassurer, c’était un homme, il ne pouvait pas spontanément mettre le nez au-dessus de bocaux remplis du sperme d’autres hommes pour les renifler. Je connais les soumis, il allait falloir que je me fâche, que je lui rappelle ses obligations, que je lui empoigne la tête pour le forcer et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Jusqu’au dernier moment j’ai voulu y croire, il ne faisait que s’approcher, il n’allait pas le faire, ce n’était pas possible.
Ma première réaction a été de nier la réalité, mes yeux me jouaient forcément un mauvais tour. Comment avait-il pu obéir sans que j’ai à le forcer ? Comment avait-il pu anticiper mes envies ? Si les soumis commencent à bien se comporter je n’ai plus de raison d’être. C’est impossible ! Je suis importante ! J’existe donc j’ai un but, une place. Le monde ne peut pas tourner sans moi ! Il ne doit pas. Un soumis ne peut pas être autonome, ce n’est pas naturel. C’est comme un poisson-volant, c’est un non-sens ! Ça ne devrait pas exister !
Je ne sais pas comment décrire cette sensation, lorsque vous avez l’impression que tout votre corps se craquèle et tombe en pièce de la manière la plus douloureuse possible.
J’ai dû user de toute ma volonté pour ne rien laisser transparaitre. Je ne pouvais rien faire c’était les règles du jeu. Quelle était l’imbécile qui avait posé ces règles ?
Je sais, c’était moi.
Je sentais l’agressivité monter, j’étais comme une enfant à qui on venait de prendre son jouet favori. Quelqu’un allait devoir payer. Il voulait bien se comporter ? Il allait voir de quel bois je me chauffais. J’imaginais déjà ce que j’allais lui faire et ce n’était pas joli-joli.
J’ai soupiré. Il fallait que je me change les esprits ou j’allais me mettre à pleurer.
J’ai arrêté l’aspiration et j’ai débranché les tuyaux branchés sur les cages de chasteté de mes soumis. Ils s’étaient retenus de pleurer pendant toute l’épreuve mais ils ont quand même laissés couler quelques larmes lorsqu’elle a pris fin. L’aspiration devait leur avoir donné des envies qui avaient été sévèrement réprimées par les cages, il y avait un côté tease and denial, les nerfs avaient été mis à rude épreuve. Quelques gouttes ont fini de couler sur le sol, je me suis dit que j’aurais pu les laisser encore un peu plus longtemps. Difficile de trouver le bon moment pour arrêter, il n’y a pas de jauge pour évaluer l’état de leur stock. J’ai regardé le Chiot.
— C’est fascinant tu ne trouves pas ? Il y a quelque chose de remarquable à être vidé de son désir sans orgasme. Le corps est satisfait sans que l’esprit ait sa carotte. C’est comme arracher une part de l’existence avec des pinces chauffées à blanc. Ça laisse un vide très douloureux.
J’essayais de me projeter dans leur tête pour nourrir mes envies avec leur souffrance. J’étais pensive, comme dans un état second.
— L’esprit attend désespérément le signal pour déclencher l’orgasme, il attend, attend mais rien ne vient.
J’ai relevé le menton de Chouchou pour le regarder dans les yeux.
— Si on y fait attention on peut l’entendre hurler : « où est passé mon plaisir ? ».
J’ai poursuivi en chuchotant.
— Il est confisqué et il le restera tant que j’en déciderais ainsi.
J’ai souri en me redressant.
— Il vient un moment où ce manque est tellement fort qu’ils sont prêt à supplier de la façon la plus pathétique qu’il soit pour un simple orgasme. Ça s’appelle tenir un homme par les couilles et c’est très efficace. Qui aurait cru qu’il serait si facile de vous affaiblir ?
J’ai mis une tape sur la joue de Chétif.
— Et puis s’il existe une alternative douloureuse pour te vider les couilles pourquoi choisir la voie du plaisir ? Tu as une idée mon grand ?
Il a pris une inspiration avant de me répondre, je crois qu’il aurait préféré un moment de calme pour reprendre ses esprits.
— La masturbation me fait plaisir, le milking vous fait plaisir. Je suis prêt à faire ce sacrifice pour vous maitresse.
J’ai gloussé puis j’ai répondu sur un ton sarcastique.
— Je suis flattée. Tu attends quelque chose en retour de ce « grand sacrifice » ?
— Non maitresse.
J’ai levé les yeux au plafond.
— Le pire c’est que tu es sérieux. Tu ne te rends pas compte que ce « sacrifice » est ridicule. Ton plaisir est pathétique, l’abandonner ne représente rien. C’est comme perdre un capuchon de stylo, ce n’est pas grave. Comparé au plaisir que « moi » je prends … Non attend, il n’y a même pas de comparaison qui tienne. C’est de la simple logique. C’est comme « perdre » 5 minutes pour sauver la vie de quelqu’un. Ce n’est pas un vrai choix quand tu y penses. Qu’est-ce que tu en dis Chouchou ? Toi aussi tu penses que perdre tes orgasmes est un sacrifice ?
— Non maitresse. Comme vous avez dit ce n’est rien.
— Tu peux t’en passer ?
Il semblait marcher sur des oeufs, il savait ce qu’il devait répondre mais malheureusement il voyait qu’il m’ouvrait une porte pour lui lancer un défi.
— Oui maitresse. Très facilement.
Il s’est immédiatement rendu compte de son dérapage verbal.
— Oh ? Vraiment ?
Il n’osait plus dire un mot. J’ai ricané pour lui signifier qu’il avait réchappé au pire. J’allais me détourner de cette cible évidente, j’avais d’autres envies sur le moment et elles monopolisaient mon attention. Pourtant en général j’aime voir mes soumis s’écraser et c’est ce qu’ils faisaient. Ils ne savaient que trop bien que si je percevais ne serait-ce qu’une lueur d’insolence dans leur regard ils se prendraient des jours et des jours de cage en représailles. Je peux vous assurer qu’ils en avaient marre d’être privé d’orgasme et étaient prêt à tout pour les retrouver.
Le pire dans tout ça c’est que j’allais bientôt leur permettre de se relâcher. Je tiens à ce que mes soumis n’oublient jamais ce qu’ils ratent, je veux qu’ils aient un souvenir frais qui vienne les tourmenter à chaque occasion où leur queue se retrouve bloquée.
La situation était plutôt ironique quand j’y repense, j’avais été frustrée par la bonne réaction du Chiot lorsqu’il avait reniflé les bocaux spontanément. En m’empêchant de trouver un prétexte pour le punir il m’avait fait sans le savoir du tease and denial. J’avais anticipé une prise de plaisir qui n’était pas venu et j’étais en train d’évacuer cette frustration en forçant mes soumis à encaisser la leur sans rien dire.
Cela peut passer pour inéquitable comme traitement. Je vais me contenter de répondre pour me justifier que je suis une femme et que j’ai des privilèges que n’ont pas les hommes !
Je crois l’avoir déjà dit, je suis désagréable lorsque je suis frustrée, je suis vraiment insupportable. Avec mes soumis je joue souvent à la peste pour mettre de l’ambiance mais il faut savoir si quelque chose me tourmente ce n’est plus du jeu, je suis réellement une peste. C’est un automatisme que je n’arrive pas à le contrôler. Je suis très mauvaise joueuse, il m’arrive parfois de lâcher une phrase très cinglante à mon insu et en dehors de tout jeu SM. Je n’en suis pas fière.
J’ai fini de détacher Chétif et le Chouchou. Ils se sont étirés pour réduire la tension musculaire que leur immobilisme pendant le milking avait provoqué. Je les ai pris de haut.
— Faut pas vous gêner ! Vous voulez que je vous aide à vous étirer ? Vous avez de la chance que je n’ai pas 4 chevaux sous la main ça vous aurait fait du bien de vous faire écarteler.
Ils ont baissé les épaules, se recroquevillant pour tenter de minimiser leur importance.
— Pardon maitresse.
Ils venaient de comprendre que j’étais dans un état où je ne laisserais rien passer. Il fallait absolument que je me reprenne ou j’allais pourrir l’ambiance avec mes remarques. J’ai soupiré.
— Tant que j’y pense. Le Chiot. Tu veux leur montrer ce qui tu as appris ?
Je me suis retournée vers les deux autres.
— On a répété quelques tours pendant que vous vous amusiez.
J’ai claqué des doigts sans attendre leur réponse.
— Assis !
Il baissait les yeux, embarrassé de devoir s’humilier devant des témoins. Vous vous doutez bien que c’était l’effet recherché. Il s’est pris un coup de cravache sur les hanches. Que c’était bon. Bien trop court malheureusement.
— Souris ! Tu es fier de tes tours. Je veux voir un air béa, une langue pendante et haletante.
J’ai tapé des mains.
— On recommence.
Les deux soumis spectateurs étaient tout autant embarrassé par la prestation. J’ai enchainé les ordres.
— Assis ! Tends la patte ! Roule par terre ! Couché !
Il a exécuté mes ordres plutôt correctement, il voulait vraiment me faire souffrir. À contre-coeur j’ai dû le récompenser. Je lui ai ébouriffé les cheveux.
— Ça c’est un bon chien.
J’ai regardé les deux autres soumis et j’ai dit avec sarcasme.
— C’est quoi cette absence de réaction ? Pas d’applaudissement à tout rompre ? Vous avez peur d’abimer votre manucure les filles ?
Puis de manière plus agressive en voyant leur air ébahi.
— Soutenez le un peu bordel ! Soyez solidaire.
Ils se sont mis à applaudir mollement, je me suis fâchée.
— Plus fort ! Et je veux des acclamations avec. Si je dois vous reprendre encore une fois, je vous le promets, je vous applaudirais au coin de la gueule, vous le sentirez passer !
Comme dirait une de mes connaissances « toi tu as sérieusement besoin de te faire sauter ». Sans commentaire.
— On recommence. Assis ! Tends la patte ! Roule par terre ! Couché ! Soumission ! Gémi !
Le visage du Chiot avait viré au rouge vif et pourtant il se donnait à fond dans sa prestation. Il avait très bien compris que ce n’était pas le moment de se faire remarquer.
— A quatre pattes ! Remue la queue !
À ce moment là je suis partie en fou-rire mais à un point. Je crois que mes nerfs ont lâché. Il avait l’air si… niais avec sa langue pendante. Il remuait sa queue en fourrure avec conviction, comme un imbécile heureux, pendant que les deux autres soumis applaudissaient et lançaient des « bravo ». C’était trop pour moi, j’ai craqué. J’en ai pleuré de rire. Je ne pouvais plus respirer, je crois qu’ils ont essayé de me tuer. Le pire c’est que malgré l’embarra il n’y en avait pas un seul qui a osé s’arrêter.
J’ai dû sortir pour me calmer. C’est dans des moments comme ça que je me dis que je ne pourrais jamais repasser dans le camp « vanille ». Après avoir connu des sensations si intenses je ne pourrais pas rebrousser chemin.
Je suis revenue après quelques minutes, j’étais à peine remise de ma crise. Les trois soumis essayaient de se retenir de rigoler à leur tour, les fou-rires sont contagieux. Pour éviter les relâchements je devais conserver une certaine discipline. Je n’ai rien contre la complicité dominante-soumis mais elle ne doit pas dégénérer en familiarité.
— Silence ! Il ne s’est rien passé c’est clair ? À moins que l’un d’entre vous veuille faire un commentaire ? J’attends.
Ils ont regardé le sol, la menace avait été efficace.
— Alors, où est-ce que j’en étais ? Ah oui le Chiot et moi avons quelque chose à faire.
J’avais failli oublier que je lui avais promis de le « réchauffer », à défaut de complètement me satisfaire cela allait me permettre de me détendre. Je n’avais toujours pas pris ma décision sur ce que j’allais lui faire. À ce moment précis il aurait été dangereux que je reste sur ma dernière idée. Malgré ma règle de ne recourir aux instruments les plus sévères qu’en cas de mauvais comportement cela me démangeait de lui infliger une sacrée raclée. Mon fou rire m’avait permis de décharger une partie de la pression mais n’avait pas fait disparaitre l’envie. Heureusement pour moi j’avais prévu de me défouler sur Chétif après le repas, ça allait me faire un bien fou. C’est toujours le pied d’avoir sous la main un soumis qui encaisse.
Faute de pouvoir prendre une décision sur l’instant il fallait que je gagne du temps, je devais détourner l’attention.
— Mais avant.
C’est dans des moments comme ceux-ci que je suis contente d’avoir une imagination capable de me pondre des idées à la chaine. Je commençais des phrases sans savoir comment les finir.
— Vous deux.
Je désignais Chouchou et Chétif.
— Vous êtes sales. Passez-vous au jet. Il y a du savon dans la salle de bain allez en chercher. Ensuite vous remettrez vos robes et vous irez préparer le repas je commence à avoir faim.
Ce n’était pas terrible mais ça les occuperait un moment.
— J’ai quelque chose à finir avec le chiot. Il semble avoir froid, il faut que je le réchauffe.
J’étais encore pensive, j’essayais de faire le tri entre toutes les possibilités et les inconvénients.
— Attendez !
J’ai souri, une idée venait de sortir du lot.
— Comme vous êtes des hommes je me doute que si je ne vous surveille pas vous bâclerez votre travail. Comme j’ai autre chose à faire que d’inspecter votre propreté après la douche je vais devoir ruser. Je crois que j’ai une solution. Je reviens. Aspergez-vous en attendant. Je vous veux trempés des pieds à la tête.
Je n’avais rien dit car j’avais peur de ne pas avoir pris le matériel nécessaire. J’aurais du me faire confiance, je prépare mes outils avec minutie, surtout pour tout un week-end, je ne pouvais pas avoir oublié « ça ». Je suis revenue les mains pleines, plus précisément avec un pot de moutarde et deux tubes de peinture à l’eau. Ils ont commencé à calculer ce que j’allais bien pouvoir leur faire.
— Commençons par le plus marrant, qu’est-ce que vous en pensez ?
J’ai tendu à Chétif et Chouchou un tube de peinture chacun, un jaune et un bleu.
— Même des abrutis comme vous peuvent comprendre à quoi cela peut servir.
J’ai tapé des mains.
— Allez plus vite. Je n’ai pas tout le week-end. Surtout mettez-y la dose !
En quelques minutes mes deux victimes ont changé de couleur, c’était plutôt marrant à regarder, surtout en sachant ce qui allait suivre.
— Vous êtes adorables, surtout toi mon petit schtroumpf. Quoi que le canari est aussi sympa. Dommage qu’il n’y ait pas de miroir ici.
J’ai rigolé en reprenant les tubes.
— Bref. Vous allez vous frotter l’un contre l’autre jusqu’à ce que vous soyez verts tout les deux. Ça sera facile à contrôler. Puis vous vous doucherez. Encore une fois il me sera facile de contrôler.
Ils se sont regardés de travers. L’idée ne semblait pas leur plaire. J’avais prévu cette réaction. J’ai poursuivi.
— Alors bien sûr je sais que vous êtes timides et que vous n’allez pas oser vous frotter l’un contre l’autre. Heureusement je suis une femme donc je suis intelligente donc j’ai déjà pensé à une solution !
Ils se sont crispés lorsque j’ai brandi le pot de moutarde. Je n’avais pas besoin de leur faire un dessin ils me sentaient venir. Comme ils s’en doutaient j’en ai généreusement enduit leur cage, prenant soin d’en faire rentrer un maximum dans les interstices. J’arborais un large sourire qui n’a fait que croitre au fur et à mesure qu’ils grimaçaient.
— Ça brule ?
— Oui maitresse.
— Bien. Ne vous faites pas de mal dépêchez-vous de changer de couleur.
Malgré la douleur ils osaient à peine se toucher. On aurait dit des adolescents pour leur première fois. Je trouvais leur souffrance très agréable à regarder, pas de doute à avoir je suis sadique. J’étais plutôt fière de moi jusqu’à ce que je me rende compte que si j’avais gagné du temps avec brio je n’avais toujours pas résolu le problème de base. Qu’est-ce que j’allais faire du Chiot ? J’ai scruté le sac de matériel, espérant y trouver un signe miraculeux. Je n’arrivais pas à m’enlever de la tête mon envie de l’accrocher en Y pour le passer au single-tail. J’en avais justement un sous les yeux, un très beau modèle en cuir tressé qui était capable de créer une douleur hors du commun et de laisser des marques pendant des jours. C’était si tentant, pourquoi c’est toujours ce qui est impossible qui est attirant ? Nous devons avoir une tendance à en vouloir toujours plus.
J’ai fait un compromis avec moi-même, j’allais taper dans la catégorie des fouets mais en me restreignant dans mon choix. J’ai pris une chambrière, un instrument plutôt sévère pour un débutant puisqu’il sert normalement au dressage des chevaux, mais qui reste tolérable si le soumis fait un minimum d’effort pour se contrôler. Ce n’est pas un instrument impressionnant à première vue, il semble assez fragile puisqu’il n’est composé que d’une fine et longue baguette se finissant par une lanière tressée. L’intérêt principal réside dans sa longueur qui permet au dresseur de rester au centre du terrain tout en pouvant atteindre les chevaux à distance. Bien sûr avec la longueur vient la vitesse, avec plusieurs mètres avant de s’abattre la lanière a le temps d’emmagasiner une vitesse conséquence. Pas au point de blesser bien sûr ce n’est pas un fouet à boeuf, simplement elle est capable de rappeler à un soumis qu’il doit obéir.
Le Chiot regardait avec curiosité ce que j’avais pris en main, il devait essayer d’estimer la douleur qu’elle allait provoquer. Vous pouvez me faire confiance il n’allait pas rester dans l’ignorance longtemps.
— Pour te réchauffer je vais te faire courir un peu dans la cour. Quelques tours devraient faire l’affaire. Passe devant.
— Ouaf.
Il a commencé à trottiner, je pouvais sentir une certaine angoisse dans son attitude. J’ai déplié la chambrière et j’ai fait quelques mouvements de poignet pour m’échauffer. Le Chiot me regardait du coin des yeux, le genre d’attitude craintive que j’affectionne tout particulièrement. Bien que sa docilité soit très plaisante à ressentir j’aurais cependant préféré qu’il exécute mon ordre avec davantage de motivation. Il faisait des tours sans vraiment chercher l’effort physique. Lorsque j’ai commencé à le suivre des yeux de manière appuyée il a détourné le regard. Il essayait de faire comme si de rien n’était. C’était le moment idéal pour abattre mon arme sur le bas de son dos il ne le verrait pas venir.
Le son d’une chambrière est particulier, plus aiguë que celui d’un fouet classique mais suffisamment sec pour ne pas me laisser indifférente. Le Chiot allait apprendre à se crisper à chaque fois qu’il l’entendrait fendre l’air. En quelque sorte c’est un instrument dangereux en ce que j’ai tendance à en abuser par simple plaisir personnel. À chaque coup je n’ai qu’une envie, lui en remettre un autre pour ré-entendre ce son.
— Concentre-toi sur ta tâche ! Plus vite !
J’ai souri en voyant sa réaction, cette grimace si particulière que les soumis ont lorsqu’ils découvrent un nouvel instrument. Ils n’ont qu’une envie c’est frotter la zone d’impact pour apaiser la douleur et évaluer les dégâts. Vous vous doutez que je n’allais pas lui donner cette permission immédiatement, il allait devoir bien se comporter pour mériter un instant lui permettant de lécher ses blessures. Façon de parler il n’était pas blessé.
Comme j’étais loin de lui je ne pouvais pas voir la trace rouge que mon avertissement avait laissé. Quel tourment ! J’avais déjà envie d’inspecter le résultat. J’imaginais déjà mes doigts courir sur chacune des lignes rougies, j’en ai eu des frissons. Il fallait que je me ressaisisse, je lui ai remis un coup. C’était si bon. J’avais honte. J’ai tenté de justifier mon acte.
— Plus vite, bouge ton gros cul il faut que tu perdes du poids. Les chiots grassouillets ce n’est pas mignon.
Après tout quand vous demandez à un soumis de faire de l’exercice il est toujours trop lent. Argument facile.
Ne vous inquiétez pas pour la sécurité de ses mains et genoux, avec les protections que je lui avais mises il ne risquait pas de se blesser même en allant vite.
J’ai soupiré, cela ne faisait que quelques dizaines de secondes que j’avais mis mes coups et pourtant leur son me manquait déjà. Je lui en ai remis un pour la route.
— Plus vite, à ce rythme tu n’es pas près de te réchauffer !
J’enchainais désormais les coups à un rythme régulier, son dos allait être bien zébré. Je devais me dépêcher, motivé de la sorte il n’avait pas d’autre choix que de se donner à fond, il allait s’essouffler assez rapidement.
— Ne me fait pas le coup de la fatigue. Je sais ce qu’un être humain est capable d’endurer.
Les deux autres soumis se sont approchés. J’ai fait claquer la chambrière à côté du Chiot.
— Au pas !
Je lui permettais de ralentir le rythme pour quelques instants, la reprise n’en serait que plus dure. Je me suis approchée des deux soumis verts pour les inspecter.
— Vous avez fait vite.
Ils étaient vraisemblablement pressés d’aller se rincer leur cage. J’ai tourné autour d’eux; la couleur n’était pas uniforme mais j’ai laissé passer.
— Attendez que la peinture sèche un peu et ensuite vous pourrez vous laver.
Je me suis tournée pour reprendre mon dressage, Chétif a répondu dans mon dos.
— Merci maitresse.
Tandis que Chouchou s’est permis un commentaire.
— Et pour la moutarde ?
Je me suis retournée, le regard froid. Sans un mot j’ai attrapé le pot et je lui en ai remis une couche. Ce n’était pas la réaction qu’il attendait.
— Comme ça tu en as assez ?
Des larmes dans les yeux il a répondu.
— Oui merci maitresse.
J’ai tourné la tête vers Chétif.
— Toi aussi tu en veux une nouvelle couche ?
— Non merci maitresse.
Ce souci réglé je pensais retourner m’occuper du Chiot quand, pour la deuxième fois, j’ai fait demi tour à cause d’un commentaire. Ne me faisant plus face Chétif avait trouvé le courage, ou l’inconscience, de me chercher.
— Enfin si un peu maitresse.
Je l’ai regardé, à peine surprise de sa réaction. Je me suis dit « putain, Chétif, après le repas je m’occupe de ton cas », il avait envie de souffrir et j’avais envie de faire souffrir, nous étions fait pour nous entendre.
Il a eu le souffle coupé lorsque j’ai appliqué la moutarde.
— Ça sera tout messieurs ?
— Oui merci maitresse.
— Toujours ravie de pouvoir rendre service. Plus sérieusement je ne veux plus un mot. Le prochain qui ouvre la bouche je lui passe la queue à l’huile bouillante.
J’ai gardé l’index pointé et le regard noir jusqu’à ce qu’ils baissent les yeux. C’est avec méfiance que j’ai repris la chambrière pour reprendre mon dressage.
— Allez hop ! Tu te remets à courir.
Le Chiot devait sentir ses muscles se fatiguer et pourtant j’exigeais un effort supplémentaire, c’était une situation tendue. Un sifflement a fendu l’air pour appuyer mon ordre.
— Le coup de faire semblant ne marche pas avec moi. Plus vite !
Il luttait pour faire repasser son corps en mode effort. Pour varier j’ai visé ses cuisses avec mon fouet, il a sursauté au point que je me suis demandé si je n’avais pas touché ses bourses par accident. En tout cas il venait de réussir à mobiliser l’énergie du désespoir.
Je l’ai toujours dit, si vous voulez relancer la productivité en France il faut légaliser l’usage du fouet au travail. J’ai toujours de bonnes idées :p Vous pensez que j’ai ma chance en tant que ministre du redressement productif ? Je devrais déposer un CV 😀
— C’est ça de fumer, tu n’as plus aucun souffle. Tu peux cracher tes poumons cela ne me fera pas changer d’avis. Tu assumes tes erreurs.
C’était une façon de parler je n’allais pas le pousser jusqu’à la syncope.
Je le suivais du regard, il y avait un côté hypnotique à tourner sur moi-même et j’ai eu comme un moment de flottement, de lassitude. Une sorte d’envie de me replier sur moi, de me cacher sous ma couette en serrant mon oreiller d’un bras et mon nounous de l’autre. À lutter contre mes envies j’étais comme déphasée et j’avais envie de retrouver mon petit nid douillet. C’est ce que je disais plus tôt, lorsque je perds je veux arrêter de jouer. Surtout qu’en jouant j’expose un aspect intime de moi, un aspect fragile, je suis toujours sur le qui-vive prête à me protéger d’un danger, c’est épuisant. Dans l’intimité du foyer le bdsm est bien plus agréable. Je ne devrais pas dire ça, c’est simplement différent.
À défaut d’être pleinement opérationnelle j’allais me coller au planning. J’ai claqué des doigts.
— Toi ! Aux pieds. Vous deux à la douche !
— Merci maitresse.
J’ai replié la chambrière et j’ai inspecté les marques sur le dos du Chiot. Elles étaient très belles ça m’a remonté le moral.
— Tu as bien travaillé tu as bien droit à un moment pour jouer.
Je lui ai montré une balle en mousse.
— Tu as compris ?
— Ouaf !
— Alors va chercher !
Je me suis accoudée sur une barrière le temps de le voir cavaler. Il a couru derrière la balle comme le bon chien qu’il était. Une fois arrivé devant elle il a hésité à la prendre en bouche. Un coup d’oeil en biais vers moi a détruit ses inhibitions, il savait ce que je voulais et n’avait donc pas le choix. Il ne pouvait y avoir aucune hésitation sur mes envies.
Je l’ai vu revenir fier de lui et remuant la queue. Il y avait quelque chose dans son regard, un mélange de honte, de fierté et d’excitation. Son bonheur était communicatif et j’ai souri à mon tour.
J’avais une certaine tendresse envers lui, j’étais sa maitresse et il était mon fidèle chien. J’avais la responsabilité de le dresser correctement, Cette prise de conscience m’a remis dans le jeu.
Il a posé la balle à mes pieds, puis l’a poussé du menton pour l’approcher encore plus. C’était une sorte de signe de respect et de soumission qui m’a touché, il venait de marquer des points.
J’ai relancé la balle quelques fois pour qu’il puisse s’amuser et pour laisser aux autres soumis le temps de se laver et de préparer le repas.

6 réflexions sur « Week-end avec 3 soumis juin 2014 #13 : frustration »

  1. Bonsoir Emilie
    Si le fait de jouer aux jeux vidéo vous inspire à ce point, allez y, ne vous privez pas;quel post encore, j’en suis tout retourné.La scène ou le chiot se fait dresser comme un cheval est époustouflante et criante de vérité, on s y croirait,vous au centre avec le fouet,et lui courant en rond, une pure merveille .Un petit regret cependant, autant vous nous faîtes bien ressentir votre plaisir, votre sadisme ; vous le faîtes de mieux en mieux à chaque post, autant on ne sent pas la douleur et la souffrance du chiot , le moment de l impact de la chambrière doit être trés douloureux , il doit à chaque coup gémir, comme Simplet avec le fouet ( tiens, il me manquait) mais bon , je crois que je vais le lire plusieurs fois, ne boudons pas son plaisir.
    Bonne soirée

    1. Bonsoir,
      Ce n’est pas faux, j’ai centré cette partie sur moi-même.
      Je vais me faire un post-it pour me rappeler d’intégrer l’autre côté lorsque je repasserais sur le texte.

  2. Bonsoir Emilie
    j espère que vous n êtes pas fâchée par ma remarque, c est juste par rapport à ce que vous m aviez écrit, qu il est difficile de faire ressortir la passion et les émotions et vous le faîtes si bien
    Bonne soirée

  3. Bonjour,
    J’aurais écrit « donnée » car il me semble que l’accord se fait avec le COD antéposé qui est un féminin singulier : « l’une des obligations ». Mais je ne jouerais pas ma vie dessus…

    Très beau post. je trouve qu’il met l’accent sur l’échange (le fou rire, votre surprise à la récation de chiot, la demande de chétif) et je côté jeu de la relation. Ces points sont souvent absents des récits (chez les autres, bien sûr), ils humanisent pourtant les choses et apporte un éclairage enrichissant.
    Bonne soirée

    1. Merci 🙂
      J’ai en effet tendance à mettre en avant mes propres émotions au détriment des autres participants. Il faudrait que systématiquement je fasse une phrase d’écriture dédiée à intégrer les « autres ». Petit à petit je développerais une technique d’écriture complète :p Merci pour les retours extérieurs, il est parfois difficile de voir ses propres erreurs et de trouver tout seul comment s’améliorer.

  4. …une des obligations que je lui avais données…
    Que lui avez-vous donné ? Des obligations. C’est donc bien le COD, qu’il faut accorder en genre et en nombre : ées. Peu importe, chère Emilie, que vous souhaitiez en tester une ou plusieurs ; ça n’a ici aucune importance.

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