Discipline domestique 029 – Halloween 2014 – Partie 22 : expier ses fautes dans la sueur

Hello 🙂

J’ai eu des remarques selon lesquelles mes textes étaient trop long pour une lecture sur écran et qu’il serait préférable de les raccourcir. Je peux comprendre ce genre d’argument. Donc désormais je ferai des découpages inférieurs à 10 minutes de lecture (contre 12-14 comme précédemment). J’espère que ça ira mieux.

Du fait de sa longueur excessive cette partie du texte a justement été découpée brutalement (que de violence dans ce blog !) en quatre publications distinctes : les 26, 27, 28 et 29. Lisez-les dans l’ordre 🙂


Sommaire du journal


Après avoir estimé que la tension sexuelle de mon homme était trop élevée en ce samedi matin j’avais décidé de le faire courir un peu. Nous étions dans la voiture en direction du parc où nous faisons notre jogging les weekends où il fait beau. Pendant le trajet il m’a semblé avoir envie de me dire quelque chose sans oser le formuler. Après les échanges un peu chaud que nous avions eu un peu plus tôt il devait vouloir éviter tout mot de travers, je peux le comprendre, j’aurais en effet saisi le moindre prétexte pour l’humilier à nouveau.
Nous sommes arrivés sur place, il m’a déposé à l’entrée et est allé se garer. J’en ai profité pour faire quelques étirements en inspirant profondément. Il faisait froid mais quelque part c’était agréable, « revivifiant » je crois que c’est le mot. Mon homme est arrivé en trottinant, debout cette fois, je n’allais pas lui infliger la honte de devoir faire le tour du parc à 4 pattes. Malgré ma réputation je ne suis pas méchante à ce point…
Pour éviter de geler sur place nous nous sommes élancés, c’était davantage une marche rapide à ce stade. Il en a profité pour poser la question qui lui brulait les lèvres :
— C’est vrai que j’ai été privé d’un moment de plaisir hier ? Où c’était juste pour me provoquer que tu as dit ça ?
Décidément cette nouvelle l’avait travaillé, je me suis dit que désormais j’insisterai bien davantage sur les privations.
Je lui ai répondu avec une question :
— Ça t’aurait plu que je te prenne au strapon après une soirée aussi dense en tease and denial ?
Il s’est esclaffé :
— Pas qu’un peu !
— Et cela ne te semble pas crédible que j’ai organisé tout ça justement pour te laisser un souvenir indélébile ? Tu crois peut-être que ce genre de soirée s’improvise ? D’ailleurs as-tu la moindre idée du temps nécessaire pour réunir autant de personnes ? Et tout ce que tu avais à faire de ton côté c’était garder tes vilaines mains loin de ton sexe pendant 2 semaines. Et tu as échoué ! Ça m’apprendra à vouloir faire des efforts pour te proposer un plaisir de qualité.
Il a fait une grimace de déception.
— Je ne pensais pas que c’était si grave, je voulais juste plaisanter un peu en tentant de…
J’allais me remettre à l’engueuler lorsqu’il a corrigé :
— Mais je ne conteste pas la sentence. Si tu as jugé que c’était nécessaire je ne peux qu’acquiescer. Tu es mieux placée que moi pour juger. Tu as fait les règles donc tu les connais mieux que moi.
— Exactement ! Et tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même si tu n’as pas eu de récompense. Moi j’ai fait ce que j’ai pu pour te faire plaisir. J’espère que ça te servira de leçon !
— Je crois que je vais pleurer.
J’ai ricané.
— Tant mieux, une punition est censée être éducative et les soumis n’apprennent jamais mieux que lorsqu’ils ont mal.
— Je ne risque pas de l’oublier celle-là.
— Et si ça peut te rassurer je n’ai pas encore décidé de te priver du milking de mardi. Ce qui ne veut pas dire qu’il est acquis loin de là !
Mon homme a tourné la tête :
— Je vais avoir un milking mardi ?
Le terme l’avait fait réagir c’est le moins que je puisse dire. Je me suis rendu compte que, si je lui avais dit qu’une seconde occasion de décharger la pression existerait, il ne savait cependant pas le « quand » ni le « comment ». Sans le vouloir je venais de dévoiler mon plan. Avant que j’ai trouvé quelque chose de spirituel à répliquer il a dit :
Avec des sextoys ? Quelle taille ?
— Eh ! Ne t’emballes pas comme ça. Tu auras ce que je voudrais bien t’accorder et ça sera déjà généreux…
Il a hoché la tête d’une manière un peu trop artificielle.
— Et tu auras forcément raison.
C’est pour ça que je n’aime pas lui parler à l’avance de ses récompenses, il se met à fantasmer à tort et à travers. Au lieu d’essayer d’anticiper mes besoins il passe son temps à imaginer le scénario. Un soumis distrait n’est pas efficace vous pouvez me croire.
Après ça nous n’avons plus parlé pendant un moment, nous avions commencé à accélérer le rythme de course et notre souffle ne nous permettait pas de maintenir une conversation. D’un côté tant mieux, comme ça il allait ressasser les idées que je venais de lui mettre dans la tête et peut-être que d’ici 20 minutes il aurait épuisé le sujet. J’étais naïve je sais.
Lorsque j’ai commencé à fatiguer je me suis mise à marcher, il m’a imité. J’ai claqué des doigts :
Non, toi tu continues, tu as de la frustration à décharger. Et il faut mieux que ce soit de cette façon qu’en jouissant pas vrai ?
— C’est que je commence à être fatigué.
— Moi aussi, je commence à être fatiguée de tes jérémiades. Et tu ne fais qu’aggraver ton cas.
— Ok, ok.
J’ai de nouveau claqué des doigts.
— Entre les deux panneaux, fais des aller-retours.
Il s’est mis à courir, je lui ai crié :
— Et si tu ne le fais pas sur tes 2 jambes ça sera à 4 pattes. Même si je dois te trainer avec une laisse. J’en ai 1 dans la voiture tu veux que j’aille la chercher ?
Il ne s’est pas retourné, faisant comme s’il n’était pas le destinataire de cette menace.
Je sais ce que vous vous dites, j’étais méchante, mais comprenez-moi il fallait que j’ai le dernier mot, c’était compulsif. Chacun ses plaisirs.
Bon d’accord, c’était la frustration d’avoir involontairement dévoilé mon plan. Il fallait bien que quelqu’un paye.
Après avoir marché quelques minutes je me suis assise sur un banc et j’ai regardé mon homme courir. J’allais bientôt lui accorder le droit de s’arrêter mais pas avant d’être certaine qu’il ait compris qui commandait.
Je lui ai fait signe de revenir, il a marché pour me rejoindre, une fois à proximité il a affiché un large sourire forcé.
Je lui ai demandé :
Tu as quelque chose à me dire ?
— Je crois que ma crise d’infériorité est passée, tout va mieux, grâce à toi, merci.
J’ai croisé les bras.
— Oh que non les choses ne vont pas mieux, je crois même qu’au contraire elles ne vont faire qu’empirer.
Il a dégluti et s’est demandé ce qu’il avait bien pu faire de mal.
— Je t’avais prévenu que lorsque tu ne chercherais plus les problèmes tu les trouverais.
Je vous assure qu’à ce stade il ne faisait plus le malin, maintenant qu’il savait ce qu’il allait pouvoir perdre il y tenait. Il a tenté un mot gentil.
— Comme toujours tu avais raison dès le départ et tu as fait ce qu’il fallait.
Je suis restée imperturbable et lui ai demandé :
Quel bilan tires-tu de cette matinée ?
— Lorsque je suis trop excité je dois aller courir. Enfin, en premier je dois t’obéir et ne jamais te contester bien entendu.
J’ai répondu laconiquement :
— Vrai. Mais ce n’est pas ce que j’attends.
Sa nervosité a passé un cran. Il a tenté un autre angle :
— Lorsque je suis trop excité je dois arrêter de m’écouter et t’obéir aveuglement ?
— Toujours pas. Je m’impatiente.
Il n’avait presque aucune chance de deviner ce que je voulais lui faire dire mais il est toujours marrant de voir un soumis mal à l’aise, c’est le fantasme, ou le cauchemar, de l’étudiant envoyé au tableau et qui ne connait pas sa leçon
Comme il ne trouvait pas je lui ai donné un indice :
Tu es fatigué ?
— Oui, enfin pour le moment, mais j’ai assez de force pour faire tout ce que tu me demanderas.
— Et niveau désir ?
Il a eu un sourire gêné.
C’est plutôt calme. Conformément à tes instructions.
— Donc… Fais un lien entre les deux…
— Lorsque je suis épuisé je n’ai plus de désir ?
— Dans l’autre sens. Un homme excité est un homme qui n’a pas fait assez d’effort. Tu connais l’expression : la paresse est le source de tous les vices ? C’est ça, les hommes les plus lubriques sont les plus paresseux.
Je préviens tout de suite, le premier qui dit en commentaire que je dois être sacrément paresseuse se prendra une gifle ! On ne retourne jamais les arguments d’une dominatrice contre elle ! 😛 Souvenez-vous de ce que j’ai dit sur mordre la main qui tient la cravache…
J’ai dit :
— Est-ce que paresse et soumission vont bien ensemble ?
Il a répondu avec un air espiègle :
— Seulement si on veut avoir les fesses rouges…
Je n’ai rien contre les soumis essayant de détendre l’atmosphère, par expérience je sais que certaines personnes répondent au stress en plaisantant, cependant j’essayais de le gronder donc c’était carrément hors de propos.
J’ai dit sèchement :
— Ça ne me fait pas rire… Tu veux te prendre une déculottée ici et maintenant ? Pour voir si ça te fait toujours autant marrer.
— Pardon, mon attitude était inadaptée à la gravité du moment, je m’excuse.
Après un regard appuyé j’ai repris le cours de mon argumentaire :
— Donc en te montrant tout excité tu ne fais que crier que je te laisse trop de temps libre. Tu me trouves trop gentille c’est ça ?
Il a marmonné :
Non. Tu es parfaite.
— Cela va sans dire. Il n’en reste pas moins que je dois prendre une décision. Et quelle est l’option la plus logique ?
Il a fait une grimace :
Me priver de mon temps libre ?
— Exactement ! Heureuse de voir que nous sommes sur la même longueur d’onde. Et puis quoi de mieux que la rédemption par le travail n’est-ce pas ?
Il allait dire quelque chose mais c’est coupé lui-même en disant simplement :
— Merci. Je suis content que tu me laisses des occasions de me racheter.
Je crois que la petite voix lui disant de tout faire pour me contrarier venait de se faire étouffer. Après tout elle lui avait causé assez de problèmes comme ça donc il était sage pour lui de l’enfermer à double tour pour le moment. Certes elle finirait par s’échapper à nouveau d’ici quelques temps mais le plus tard serait le mieux.
— Je crois que tout a été dit. Quelque chose à rajouter ?
Il a répondu avec un grand sourire :
— Non, tout est parfait, comme toi.
Je me suis levée et me suis dirigée vers le parking, il m’a suivi et m’a demandé :
— Et juste pour être certain, est-ce que je suis aussi privé du milking ? Je ne conteste pas, je veux juste être sûr.
Je l’ai pris de haut, enfin façon de parler, il fait une bonne tête de plus que moi…
C’est tout ce qui t’importes ?
— Non, ce n’est pas ça…
Il a eu un rictus embarrassé, il craignait d’avoir définitivement compromis ses chances.
J’ai dit :
— Je n’ai pas encore décidé. Les prochains jours vont être décisifs… J’hésite entre privation et service minimum.
Il a hoché la tête et avec un sérieux difficile à croire a répondu :
— Un choix difficile, désolé de te l’imposer. Mais je fais entièrement confiance à ton jugement. Et pour te faciliter la tâche je vais être un homme parfait pour les prochains jours.
J’ai ricané.
Parce qu’en temps normal tu ne dois pas déjà l’être ?
— Je vais faire mieux, enfin, je dois déjà faire mieux tous les jours… Je m’enfonce…
— Oui.
À essayer de ne pas me froisser il était adorable. Et ne me prenez pas pour une débile, je savais que c’était du sur-jeux, mais tout de même il essayait de bien faire. En agissant de la sorte il voulait me faire comprendre qu’il reconnaissait mon autorité. Souvent il n’en faut pas plus pour mettre une dominante de bonne humeur.
Il m’a demandé :
— Et si je me comporte bien jusqu’à mardi je serais pardonné ?
J’ai gloussé :
— Ne plaisante pas avec ce sujet je pourrais mal le prendre…
Craignant de ne pas avoir été assez claire j’ai rectifié :
— Bien sûr que non ! Tu ne seras pas pardonné en faisant juste ce à quoi j’ai normalement droit. Mais j’ai besoin de temps pour réfléchir à une vraie punition adaptée à ton attitude, parce que tu n’y couperas, on réglera nos comptes.
Quand ?
— Tu veux absolument une date de procès ?
Il a fait une grimace.
— Pas absolument, je demandais juste.
J’ai soupiré.
Demain 10h du matin.
— Merci.
— D’ici là je te conseille d’être un ange.
— Je vais l’être.
Avec une certaine lassitude j’ai répondu :
— Des mots, des mots…
Nous n’avons pas dit grand-chose d’autre d’intéressant avant de revenir à la voiture. Sur le trajet de retour il m’a demandé :
Je peux te demander un truc qui va peut-être te vexer ?
— Pourquoi tu poses la question ? Tu sais très bien que si je suis vexée tu prendras cher.
Malgré la menace il a dit :
— J’étais sérieux lorsque j’ai dit que j’aimerais que tu envisages de me mettre dans une chasteté un peu plus longue.
J’ai tourné la tête vers lui.
— Et j’étais sérieuse lorsque j’ai dit que je ne voulais pas en entendre parler. Commence par te tenir correctement pendant 3 semaines et après on en reparlera.
Mais tu sais, plus tu es sévère avec moi et plus je fais d’efforts…
— Ce que tu es encore en train de me dire c’est que si tu ne tiens pas 2 semaines c’est parce que je n’exige pas 6 mois ? Je ne suis pas certaine de te suivre…
— Mais…
— Silence ! Je crois que ma position est claire donc tu vas vite changer de sujet. Il est hors de question que tu aies ce que tu veux avant que j’ai eu ce à quoi j’ai légitimement droit. Parce que je te rappelle que d’après le contrat c’est toi qui dois être frustré, pas moi ! Et pour l’instant tu as l’air de tirer davantage ton épingle du jeu que moi. Donc j’ai légitimement le droit de râler, pas toi. Et tant que je ne serais pas satisfaite de ton service tu n’auras pas l’honneur que je te garde en cage plus longtemps. Parce que je te rappelle qu’être mis en chasteté est un privilège. Tu te rappelles ma conception de la répartition des efforts pendant une chasteté ?
Il a soupiré et a dit :
— La chasteté est plus dure pour celle qui détient la clé que pour celui qui a la cage.
— Exactement. Tu vois ce n’était pas si difficile de le reconnaitre. Et donc je ne ferais pas davantage d’efforts tant que tu ne rempliras pas ta part du marché. Si ta chasteté du mois prochain se passe mieux j’envisagerai peut-être de pousser le jeu plus loin pour l’année prochaine.
Il faisait un peu la gueule, je crois qu’il aurait voulu que je le suive tout de suite dans son envie. Malheureusement pour lui ce n’était pas une possibilité, j’allais garder l’idée dans un coin de ma tête mais ça se ferait selon mes conditions et non pas sur son initiative. Je suis du genre têtue.

La suite par ici…


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8 réflexions sur « Discipline domestique 029 – Halloween 2014 – Partie 22 : expier ses fautes dans la sueur »

  1. Bonsoir Mademoiselle Emilie,
    Merci encore une fois pour votre merveilleux travail d’écriture.
    Vous nous plongez dans votre univers féminin de Maitresse Femme.
    C’est trés rare de lire des témoignages de Maitresses Dames aussi édifiant
    aussi bien décrit et écrit.
    Vous nous décrivez toute votre démarche dans le détail, c’est fantastiquement bien expliqué.
    Vous nous faites découvrir tout le plaisir, plutôt tous les plaisirs que vous en tirez.
    Vous jouez avec votre mari et avec vos soumis comme avec des marionnettes,
    c’est vous qui tirez toutes les ficelles, vos pauvres victimes n’ont aucune chance,
    ils sont piégés dans tous les cas. J’aime votre perversité exquise, Mademoiselle Emilie.
    J’aimerai appartenir à une Dame comme vous.
    jean-louis mohair

    1. Merci des compliments 🙂 Je fais de mon mieux pour partager ma passion et rassurer les gens qui ne voient dans le BDSM que violence.

  2. Bonjour Mademoiselle,

    Textes magnifiques, toujours très bien écrits et passionnants. Ils apportent un éclairage nouveau et très rafraîchissant sur une relation D/S au jour le jour.

    Merci beaucoup !

    G.

  3. Bonjour Emilie

    Je trouve que le commentaire de Iamjustg résume très bien votre blog, les récits sont toujours magnifiques et très bien écrits, et surtout comme il dit, et c’est ce que j’adore ,il apporte un éclairage nouveau.

    Je suis toujours aussi admiratif de la qualité de votre narration, à chaque lecture de vos textes, on a l’impression d’être un spectateur aux premières loges et d’être acteur ou actrice .

    Et, je tenais avant tout à vous remercier pour le travail que cela représente.

    Bonne journée Emilie

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