Week-end juin 2014 # 54 : le chien de traineau

Bonjour ! 🙂

J’ai un retard monstrueux dans les réponses aux mails, une bonne centaine en souffrance, je vais essayer de résorber ça ce weekend. Soyez patients 😀

Si vous arrivez ici sans avoir lu les parties précédentes je vous conseille de commencer à partir du chapitre n°48 qui marque le début de l’action en cours.


Précédemment : j’avais harnaché Chétif pour le ponyplay et je l’avais laissé attaché à une table le temps de m’occuper du prochain sur la liste, le Chiot.

Je suis passée devant Chouchou sans lui accorder d’attention, il semblait plutôt ravi par sa position, aux premières loges pour admirer les supplices sans avoir en subir les désagréments. Quelle chance ! Mais qu’il se rassure son tour viendrait bientôt.
Arrivée à la hauteur du Chiot je me suis arrêtée, son corps a été parcouru par un frisson, se retrouver nu et à genoux devant une femme qui allait lui faire sa fête lui mettait une pression folle. Il a hésité sur l’attitude à adopter, une part de lui voulait surement se coucher à mes pieds, l’autre était trop anxieuse pour faire quoi que ce soit. Il parait que je suis intimidante parfois… Je n’y peux rien, ce n’est pas ma faute si être une femme qui sait ce qu’elle veut effraye certains garçons — je ne peux décemment pas les appeler des hommes — et il est d’ailleurs cohérent qu’ils subissent en retour une castration symbolique par la mise en cage de chasteté.
Ce que je viens de dire est méchant et injuste, il faut du cran pour m’affronter, mais il est tellement amusant de jouer les castratrices, et puis mes soumis peuvent bien me laisser moquer leur virilité, c’est la moindre des choses vu la satisfaction que je leur procure.
Avec un certain amusement je lui ai dit :
— C’est au tour de mon petit chiot à ce que je vois. Ça doit le rendre heureux, non ?
Il a répondu avec un aboiement étouffé. J’ai mis les mains sur les hanches.
— C’est quoi ce manque de motivation ? L’idée que je m’occupe de toi ne te rend pas euphorique ? Je n’en vaux pas la peine ?
Il a baissé la tête, honteux de se faire gronder comme un simple d’esprit tout en étant excité par la situation. Pendant une séance l’essentiel du défi est de trouver le bon niveau entre angoisse et excitation, il ne faudrait pas que le stress l’emporte et gâche l’amusement.
Pour tenter de rectifier le tir le Chiot a émis un gémissement plaintif, il savait ce dont j’étais capable et voulait éviter de me mettre dans de trop mauvaises dispositions.
J’ai soufflé en levant les yeux au plafond.
— Si tu crois m’apitoyer avec un truc aussi basique sache que c’est peine perdue, on m’a déjà fait le coup, et plus d’une fois ! Ça ne prend plus.
Je me suis mise à tapoter du pied pour marquer mon impatience, le Chiot s’est couché sur le sol, tant pour se faire tout petit que pour me témoigner sa soumission.
— Je te l’ai déjà dit, si tu ne veux pas te comporter en chien volontairement j’utiliserai la manière forte. Je crois avoir largement prouvé que cela ne me dérangeait pas le moins du monde. Tu seras le seul perdant. Mais comme je suis de bonne humeur je veux bien t’accorder une seconde chance avant de passer tes couilles au mixeur. Mais ne t’y habitue pas ! Je ne serais pas souvent aussi conciliante.
Le sarcasme était peut-être un peu gros mais vous connaissez l’expression « plus c’est gros, plus ça fait mal au cul »…
— Par contre il va falloir assurer… Deuxième chance veut dire deux fois plus d’efforts nécessaires.
Le Chiot n’a pas réagi, il semblait ailleurs, tellement hors de la réalité que je me suis faite la remarque qu’un bon coup de fouet dans le bas du dos lui aurait fait du bien.
Infliger la douleur n’est pas qu’une punition, en tant que dominante je l’utilise aussi pour aider le soumis à se concentrer. J’ai frémi en imaginant le contact brutal et brulant d’une lanière en cuir claquant sur la peau pour y laisser sa marque dans une explosion de douleur. De quoi me faire soupirer avec lascivité. Comme pour les soumis mon imagination s’emballe parfois pendant les séances.
N’ayant aucun instrument en main, et voulant ménager le Chiot de toute façon, j’ai tapé des mains en m’écriant :
— Seconde prise : le Chiot apprend que sa maitresse va s’occuper de lui. Action !
Surpris par le bruit sec il a réagi de manière maladroite ce qui a rendu la scène d’autant plus amusante.
— Tu n’y es toujours pas. Tu peux faire mieux que ça, allez ! Un chien ça s’exprime avec son corps, surtout un chiot, lorsqu’ils sont contents ils font les fous, ils sautent partout. Fais un effort au moins ! J’ai envie d’être gentille avec toi, vraiment, mais j’ai des responsabilités. Il faut que tu me donnes quelque chose, un minimum, ou je vais être obligée de me fâcher.
Le vieux couplet du « je te mets au supplice mais je suis gentille/c’est pour ton bien », tellement cynique qu’il ne peut que combler une sadique comme moi. Ironiquement c’était un peu le cas, certains soumis ont tendance à être tétanisés en notre présence, cela leur fait du bien d’être forcés de gigoter un peu.
J’ai continué à le diriger de vive voix comme une réalisatrice l’aurait fait d’un acteur.
— Tortille davantage des fesses ou tu vas avoir de mes nouvelles ! Parce que si tu n’obéis pas à la voix je vais être obligée de te diriger à la cravache. Et ça te fera rougir bien plus qu’un peu de honte ! Surtout au niveau des fesses !
Une menace qui a fait son petit effet. Rapidement il s’est retrouvé à remuer avec maladresse dans tous les sens ce qui devait stimuler le plug anal qu’il portait, une goutte de plaisir au milieu de l’humiliation qui allait lui faire garder un bon souvenir de l’expérience. Pour l’instant je crois que la gêne l’emportait mais j’étais persuadée que ce n’était qu’une phase. L’animalisation fait partie de ces jeux qu’il faut avoir pratiqué au moins une fois avant d’être à l’aise. De manière plus générale les premières séances entre un duo domina/soumis sont rarement les meilleures, il faut s’habituer à l’autre, prendre ses marques avant d’oser aller plus loin.
Malgré son début de coopération mes reproches ne se sont pas calmés.
— Avec davantage de motivation ! S’il te faut des coups de pied dans les couilles pour te faire faire des sauts de cabris tu vas les avoir !
J’ai pris la cravache en main, voyant cela il a redoublé d’efforts, il se devait tenter le tout pour le tout ou il ne se le pardonnerait pas.
Parfois cela ne suffit pas, mes soumis savent que de temps en temps les coups tombent quand même, j’ai des besoins, mais est-ce vraiment étonnant qu’une dominatrice cravache à tout va ?
— Et les aboiements joyeux ? Où sont-ils ? Faut-il que je te fasse crier moi-même ? Tu te souviens de ce que je fais aux chiens qui ne savent pas donner de la voix sur ordre ? Non ? Je suis pourtant certaine de te l’avoir expliqué, et je suis encore plus certaine que l’image n’a pas pu s’effacer de ton petit esprit, elle est trop « poignante » pour ça… Si un chien ne veut pas aboyer sur ordre je mets ses couilles dans un étau et je serre encore et encore. Par expérience il suffit de quelques tours pour que même les cabots les plus timides fassent trembler les murs.
Chose que je ne fais évidemment pas mais pour l’ambiance il est toujours amusant de faire croire aux soumis que je peux être dure à ce point, un peu d’exagération fait monter l’adrénaline à moindre coût. Toute la difficulté consiste alors à brouiller les lignes au point qu’ils soient convaincus que je sois capable du pire sans pour autant me mettre dans une impasse.
Stimulé par cette menace le Chiot s’est lancé avec frénésie dans une imitation plutôt convaincante d’un jeune chien. Il était comme dans un état second à sautiller et à aboyer comme un dément, la situation était grotesque, hilarante, j’en avais mal aux joues. C’est fou ce qu’une femme armée d’une cravache peut faire faire à un jeune homme soumis.
Après quelques minutes je l’ai arrêté en disant sèchement :
— Couché !
Mon intention était de montrer mon inflexibilité mais ma voix a cependant dû trahir mon émotion.
Le Chiot a rougi, en se calmant il prenait conscience de ce qu’il venait de faire et il devait avoir honte de s’être laissé dressé de la sorte. En même temps il en était tout excité, qui sait ce que j’allais lui faire faire ensuite.
Je lui ai caressé la nuque.
— En ce moment tu crois peut-être que tu es ridicule mais je t’assure que tu l’étais bien davantage lorsque tu te tripotais tout seul. Il n’y a rien de plus pathétique qu’un homme qui se masturbe. Heureusement tout ça c’est fini pour toi.
Avec un sourire moqueur j’ai ramassé la carte sur le dessus du paquet. Après l’avoir parcouru du regard je me suis exclamée :
— Ah oui c’est vrai !
J’ai continué d’une voix plus calme.
— Comme pour Chouchou ce sera une première. Mais ça on s’en doutait tous, le contraire aurait été étonnant, comme tout jeune chiot tu ne connais qu’une chose, jouer avec ta propre queue en haletant comme un dératé.
Il a semblé aussi vexé qu’amusé par mes remarques, j’avais bien plus raison qu’il ne l’aurait voulu. Je lui ai tapé sur le museau avec la carte avant de lui en révéler le contenu, le dessin d’un traineau. Il est resté figé un instant. Je crois qu’il s’interdisait de réfléchir à la signification de la carte, pas tant par respect envers mon pouvoir d’interprétation comme je l’aurais voulu mais plutôt parce qu’il devait avoir peur que son imagination s’enflamme et que son trouble ne devienne visible.
Après une tape sur la joue, pas une vraie gifle, je lui ai dévoilé la signification de la carte.
— Nous allons donc jouer au « chien de traineau » pour un seul petit point.
Ce faible score potentiel a semblé le décevoir, à ce rythme il n’allait pas atteindre avant longtemps la fameuse barre des 7, le sésame vers la récompense tant attendue. Situation qui n’était pas étonnante venant de moi, tous mes soumis vous diront que mes conditions sont toujours sévères, et ce n’est pas (que) de la méchanceté ! On me reproche parfois de n’accorder que trop peu de place au plaisir masculin, je trouve cette critique injuste car, au contraire, j’estime que je le traite comme il le mérite. La plupart des soumis sont d’ailleurs d’accord avec moi, en tout cas après avoir joui. Lorsqu’ils sont dans cette phase en creux ils regrettent d’avoir vécu ces quelques secondes d’extase et auraient préféré être maintenus au bord du précipice plus longtemps. Chez eux la phase de chasse est plus plaisante que de marquer un but. C’est pour cette raison que la jouissance masculine n’est pas systématique lors de mes sessions, en tout cas pas facile à obtenir puisque je ne la bannis pas totalement. On ne peut pas priver un homme de plaisir ou son désir s’estompera avec le temps. J’estime qu’il est préférable de la réguler pour trouver le bon équilibre, exiger un comportement exemplaire pour mériter ces quelques petites secondes de plaisir et ne pas hésiter à l’en priver aussi longtemps que nécessaire. Un bon moyen de motivation.
De la soirée Chétif était le seul dont la jouissance était garantie, mais à quel prix ! Nous avions convenu, surtout moi en fait mais ma parole l’engageait, que je compléterai au tarif de 0,1 point bonus par coup de pied dans les couilles jusqu’à atteindre la fameuse barre des 7. Je suis dure en affaires vous y êtes habitués maintenant.
J’ai dit à l’attention du Chiot.
— Par contre ne te fait pas d’illusions, le faible nombre de points ne signifie pas que ce sera facile. Au contraire. Si ça rapporte si peu c’est parce que je sais que tu vas apprécier. Il n’y aurait pas de cohérence à donner beaucoup de points à ce que tu aimes. La cohérence c’est important.
Le Chiot n’était pas plus avancé, même si ma déclaration l’avait rassuré, quoi qu’il arrive ça ne serait pas son pire cauchemar. De toute façon un jeu s’appelant « le chien de traineau » ne pouvait pas être mauvais, non ?
J’ai claqué des doigts.
— Sur le dos.
Il s’est retourné, les pattes repliées pour mimer un chien soumis, il commençait à prendre de bons réflexes, je pouvais être fière. Tout en restant debout je me suis mise de part et d’autre de son torse, il a détourné le regard « ne surtout pas regarder sous sa jupe ! », il avait le pressentiment que ça ne lui causerait que des soucis même s’il mourrait d’envie d’aller y fourrer son museau. De part nos échanges précédents je le savais intéressé par le face-sitting et me « laper avec passion » selon ses propres termes. Un jeu que je n’aime pas trop pratiquer, il faut que je sois très à l’aise avec la personne. Pour autant je n’avais pas banni la pratique mais j’avais prévenu qu’elle devrait être méritée. J’allais la lui faire miroiter et, de temps en temps, je lui donnerai satisfaction pour le garder sous contrôle. Juste assez souvent mais pas trop. De quoi maintenir un équilibre à mon avantage.
Je me suis assise sur son torse. Le nylon de mes collants et le cuir de mes chaussures sont entrés en contact avec sa peau nue. Distrait par ces caresses il s’est laissé faire et ce n’est que quelques secondes plus tard, trop tard, qu’il a senti que je l’avais enserré entre mes cuisses comme un prédateur l’aurait fait avec sa proie.
J’aime être assise sur le torse d’un homme, être la cavalière et lui laisser le rôle de la monture docile.
J’ai saisi ses poignets et je les ai fait glisser au-dessus de sa tête pour les croiser. Se faisant je m’étais penchée en avant et ma poitrine s’était retrouvée « accidentellement » contre son visage. N’ayant pas de débardeur, il n’avait eu droit qu’au contact avec le tissu mais cela avait suffi à le mettre mal à l’aise. Je me fais peut-être des idées, la situation avait dû être aussi profitable pour lui puisqu’il avait pris une inspiration profonde pour s’enivrer de mon parfum. Même si je n’aime pas le reconnaître les soumis profitent souvent autant de moi que moi d’eux.
Après m’être redressée je me suis mise à triturer ses mamelons entre mes doigts avec l’assurance de celle qui sait ce qu’elle fait. Il a soupiré en essayant de sourire mais il ne pouvait pas cacher sa nervosité, son corps était tétanisé, tout juste parcouru par quelques frissons intermittents. Comme beaucoup d’hommes il n’avait pas l’habitude qu’une femme le manipule de la sorte. Ils sont conditionnés pour être ceux qui agissent, à utiliser notre corps comme un jouet, lorsque les rôles sont renversés ils découvrent les joies de la passivité, un monde nouveau. Ce n’est pas forcément mieux ou moins bien, cela dépend des caractères.
J’ai agité une pince métallique sous son nez, je voulais qu’il regarde le danger en face et qu’il puisse se préparer mentalement à ce qui allait suivre. J’avais opté pour une pince japonaise basique, le genre dont la pression augmente avec la traction. Au début la douleur allait être modérée mais j’allais pouvoir rajouter du lest pour travailler son torse plus sérieusement, vous voyez venir l’intérêt du « traineau ».
La pince a glissé du visage jusqu’au torse, langoureusement. Une fois à destination je lui ai fait faire quelques tours des pectoraux avant de la rapprocher en spirale du mamelon. Le Chiot n’est pas resté insensible à ses caresses même s’il appréhendait la suite.
À l’aide de 2 doigts j’ai fait ressortir la pointe du mamelon. Après quelques « faux départs » j’ai finalement relâché les mâchoires métalliques sur la si sensible pointe de chair ce qui a arraché au Chiot un grognement. Une réaction naturelle mais qui allait me servir de prétexte à quelques remontrances.
Après « shhhhhh » menaçant j’ai donné un coup de l’index sur la pince tout juste posée pour provoquer une pointe de douleur.
— Un bon chien ne grogne jamais après sa maitresse ! Non seulement c’est grossier mais c’est surtout « dangereux ». Je peux grogner et mordre bien plus fort que toi.
J’ai agité une seconde pince dans sa direction pour lui faire comprendre mon sous-entendu.
Après lui avoir laissé le temps de fixer la pince – en réalité c’était davantage pour laisser s’estomper l’effet de la pose de la première – j’ai fait glisser la seconde selon le même rituel, du menton au torse, jouant des caresses avant de lui faire accomplir son office.
Juste avant de la finir la mise en place j’ai dit :
— Tu te rappelles ce que j’ai dit à l’instant ? Pas de grognement. Je ne veux pas entendre un son ou tu seras sévèrement puni.
Un ordre exigeant mais je me dois d’être sévère avec mes soumis, c’est dans le cahier des charges. Surtout que je trouve important qu’ils ne se plaignent pas des traitements que je leur inflige. Se plaindre signifie conserver une part de libre arbitre et c’est inacceptable dans mon fantasme. Avant la session les soumis peuvent intervenir autant qu’ils veulent mais une fois que tout est planifié leur pouvoir disparait, ils ne sont plus que des jouets entre mes mains.
D’une voix douce, presque hypnotisante je lui ai dit :
— Fermes les yeux, respire lentement, concentres toi sur tes mamelons. Pour l’instant tu crois avoir mal mais je veux que tu réfléchisses bien. Est-ce vraiment si épouvantable que ça ? Porter sur ton corps la marque de ton appartenance est-il si horrible ? Ne pourrais-tu pas t’y habituer avec un peu d’effort ?
Comme dans un état second il a gémi. J’ai fait remonter une main sur son torse, encadrant une pince entre mes doigts. La vision de ces mâchoires métalliques encadrant ces pointes de chair m’a donné des frissons. Que de vulnérabilité ! Je m’en mordais les lèvres à me faire mal. C’était comme voir un homme nu et attaché en étoile sur un lit. Tant de possibilités.
En tentant d’empêcher ma voix de tressaillir j’ai dit :
— Je vais jouer avec ton corps. C’est bien. C’est pour ça qu’il est fait. De ton côté tu vas rester stoïque. Je veux que tu te répètes en boucle « satisfaire ma maitresse est ma priorité ». Si tu restes sage ça ne fera pas mal, pas trop, sinon…
Je me suis penchée pour lui murmurer :
— Je m’amuserai avec toi d’une autre façon. Et ça sera beaucoup moins agréable pour toi je te le garantis.
Il devait se demander dans quelle galère il s’était fourré, même si une partie de lui devait être rassurée, certains fantasmes sont plus faciles à assouvir lorsque l’autre prend l’initiative.
En douceur j’ai légèrement tourné la première pince, cela n’a duré qu’un instant.
— Tu vois, ce ne n’est pas difficile d’être un jouet docile. C’est bien moins douloureux que de me résister.
Je me suis mise à jouer avec l’autre pince. Toujours avec douceur. Il s’est contracté mais n’a pas fait de bruit. Une bonne progression de son attitude que j’ai récompensée par un « bien, bon toutou » avant de lentement faire glisser une de mes mains le long de son corps. Lorsque j’ai atteint son bas ventre il s’est contracté, sa queue a grossi dans un hoquet et il s’est mis à transpirer.
— Ssshhhh ! Reste calme. Apprends à t’épanouir dans la passivité. Douleur ou plaisir, je choisis, tu subis.
Mon intention avait été de le récompenser à l’aide de caresses mais visiblement il était trop à cran pour que je mette cette partie du plan en action. Dommage pour lui.
— Tu te souviens de la règle ? Si tu m’interromps alors que je joue avec ton corps tu es puni.
De toute façon dans son état la douleur était préférable au plaisir, au moins elle ne le mettrait pas mal à l’aise. J’ai avancé une main sur son torse et je me suis remise à triturer les pinces, un peu plus sévèrement que précédemment.
— Ça ne me fait pas plaisir mais je n’ai pas le choix. Dura lex sed lex.
Une façade vous vous en doutez, j’adorais ça. Le Chiot a serré les dents et a grimacé mais n’a pas trop grogné donc je ne l’ai pas puni longtemps. Je sais être juste lorsque les soumis font des efforts et prennent leur punition avec dignité. Pour finir je lui ai mis une claque sur les hanches et je me suis levée.
— Remets-toi à 4 pattes.
J’ai repris ma cravache en main.
— Nous avons un chien bien harnaché, maintenant préparons la suite.
J’ai donné un coup de pied dans une caisse en plastique pour la faire glisser sur le sol dans la direction du Chiot, elle allait constituer le corps du traineau. J’y ai fixé sans ménagement 2 pinces que j’ai ensuite reliées à celles qu’il portait aux mamelons à l’aide de chaines d’environ 2m sur 1cm. Pour éviter qu’elles ne le gênent lorsqu’il marcherait à 4 pattes je les ai fait passer par-dessus les épaules, il ressemblait désormais à une bête de trait tirant une charrette.
J’ai avancé un sac que j’ai posé contre le mur à côté, j’en ai sorti une petite brique en bois d’une centaine de grammes que j’ai agité entre mes doigts. Ce n’était pas grand-chose, il ne s’agissait pas de lui faire tirer des poids en fonte non plus, cela devait rester accessible pour un débutant.
— Tu vas faire le tour de la pièce, cuisine comprise, et à chaque fois que tu passeras ici tu rajouteras un élément à ta cargaison.
Le principe du jeu était d’augmenter progressivement la tension sur les pinces en alourdissant le chargement que le Chiot allait devoir tirer. Un supplice qui avait l’avantage de ne pas nécessiter ma présence active. Pour des raisons évidentes lors d’une soirée avec plusieurs soumis je dois trouver des moyens pour m’amuser avec l’un d’entre eux sans que les autres s’ennuient. Cela demande un effort point de vue imagination mais j’aime les challenges vous me connaissez.
J’ai jeté la brique devant lui.
— Mets-là dans ton traineau.
Il l’a ramassé timidement avec la bouche et l’a posé dans la caisse en plastique.
— Non ! Je veux que tu la jettes. Que ça fasse du bruit. Que je puisse contrôler à distance que tu ne triches pas.
Il allait la reprendre pour recommencer lorsque je l’ai interrompu.
— Trop tard pour celle-ci. Prends en une autre.
N’étant pas en position de discuter il est allé mettre la tête dans le sac et en a tiré une autre brique qu’il a jetée dans la caisse.
— Tu vois, ce n’était pas si compliqué.
Je lui ai donné un petit coup de cravache sur les fesses.
— Allez, donne-moi ta laisse et en avant ! Nous allons faire le premier tour ensemble.
En entendant cet ordre son entrain est revenu, il était plutôt content et fier que je lui fasse faire une promenade en laisse, même si ce n’était que le tour de la pièce.
Il s’est rapidement rendu compte que les tournants allaient être difficile à négocier, la caisse avait la vilaine tendance à se bloquer dans des endroits improbables et, s’il ne voulait pas s’arracher les mamelons, il allait devoir faire très attention.
La traction n’était pas forte, 200 grammes repartis sur les deux mamelons ce n’était rien, suffisamment pour lui faire comprendre qu’à chaque à-coup les chaines se tendaient et provoquaient un surplus de traction, mais pas assez pour l’arrêter.
Nous avons fini le tour de la pièce, une fois devant le sac il a levé la tête vers moi.
— Ne me regarde pas comme, je t’ai déjà donné tes instructions. Suis-les.
Il a avancé la tête vers le sac et a pris une nouvelle brique qu’il a laissée tomber dans son traineau.
— Bien. Tu recommences tout ça encore et encore. Je ne te fixe pas d’objectif sinon tu vas te limiter à ce nombre sans chercher à le dépasser. Et c’est mal ! Un soumis doit toujours chercher à un faire davantage pour satisfaire sa maitresse. À la fin je regarderai combien de briques tu transportes, si ce n’est pas assez c’est que tu auras été feignant et … Disons que … Non, ne parlons pas des choses qui fâchent, pas la peine de te terroriser.
Il a hoché la tête par réflexe avant de prendre la mesure de la menace que je venais de proférer. Il allait devoir trouver le bon équilibre entre sécurité et vitesse, de quoi lui occuper l’esprit.
J’ai tapé des mains en disant :
— Allez hop ! En avant mon petit chien de traineau. Et ne me force pas à m’occuper de tes grelots pour te motiver ! Parce que s’il faut rajouter des poids à tes bourses pour te faire aller plus vite je le ferais !
Il a hoché la tête et s’est mis à trottiner en tirant sa caisse. Pour l’instant il semblait motivé. J’allais garder un oeil sur lui pour vérifier qu’il le reste.
Deux de mes soumis étant en plein jeu il n’en restait plus qu’un, Chouchou, je me suis retournée vers lui et je l’ai pointé de la cravache.
— À ton tour.

À suivre…


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18 réflexions sur « Week-end juin 2014 # 54 : le chien de traineau »

  1. Bonsoir, ça doit être un sacré tableau à voir.
    Et suis très curieuse de savoir combien il aura pu tirer.
    Pour les mails, vous en faites pas, faites quand vous pourrez.
    Tant qu’on sait que vous aller bien, tout va bien 🙂

  2. Bonsoir Emilie

    Je vous l’ai déjà dit, pour moi, ce post est sublime, certes j’adore les jeux de pinces, mais tout est superbe dans ce récit, une grande réussite. aprés, je me suis fait la même réflexion que Raven , en fait il faudrait pouvoir filmer certains de vos posts 🙂 et combien va t’il pouvoir en tirer .

    Merci Emilie

    1. Bonsoir,
      Il faut savoir que je garde des souvenirs de mes sessions, photos, vidéos… Les images existent mais elles resteront secrètes un bon moment 😀 Question de confidentialité.
      Après je ne suis pas certaine que ce soit si intense que ça à voir, je pense qu’on rate beaucoup de ce qui se passe dans les têtes.

      1. Bonsoir Emilie

        Vous avez raison , ça se passe avant tout dans la tête, et c’est pour cela que vos récits sont sublimes , ils sont si bien décrits , avec une telle précision , que chacun peut s’imaginer les scènes , et ainsi se faire son propre film et passer un vrai moment de bonheur.

        Merci Emilie

  3. Toujours aussi délicieux, créatif et psychologiquement très juste.
    Le sort de Chouchou ne pourra être qu’enviable!
    Bravo ludique Émilie!

    1. Merci 🙂
      Enviable je ne sais pas, efficace c’est certains ! 😀
      Et Chouchou appréciera davantage sa 2eme carte…. #spoiler

  4. Bonjour Emilie,
    Toujours aussi créative, magnifique sujet que ces dressage et travaux, allez au bout de sois même ,un but que je recherche aussi dans ma formation.
    Au plaisir et merci.
    Chriss

    1. Merci 🙂
      Dans la vie il faut savoir aller au bout de ses envies pour ne rien manquer.
      Bonne chance pour votre formation et au plaisir de vous croiser.

  5. Bonjour Mlle Émilie,

    J’espère que tout va bien.
    En tout cas, vos récits, vos réflexions intellectuelles, me manquent.
    Je croise les doigts, que vous puissiez revenir nous voir ici.

    Bien à vous

    1. Bonsoir,
      Comme je l’ai dit dans mon dernier mail le prochain texte arrive bientôt. J’espère qu’il plaira 🙂
      Bon courage pour le nouveau blog et pour les épreuves à venir.

  6. Bonjour,
    j’apprécie grandement vos écrits, je vous suis depuis un an et je ne me lasse pas de vos récits, tous uniques en leur genre, magnifiquement bien rédigés, profonds, réels, surréels…
    Merci beaucoup pour ce cadeau que vous faites à la communauté BDSM, qu’est de témoigner d’une vision à la fois des plus érotique, intellectuelle, vivante, mais aussi paradoxalement bienveillante. Vos experiences personnelles sont un phare éclairant des novices, comme le jeune homme que je suis, vers le chemin à la fois sain et dur de l’accomplissement futur d’une sexualité épanouie autour de la domination gynarchique. Pour cela, merci.

    Respectueusement, Rafeet.

  7. Bonjour Melle Emilie, c’est abselument fascinant de lire ce récit, mais c’est trop long pour moi, je n’aime pas lire très longtemps, normal, je suis juste un mâle, je vous admire énormément car vous arrivez à maintenir des mecs dans une soumission totale pendant de longues heurres apparement, je ne sais pas si je serrais moi même capable de supporter se que ces, pardon du qualificatif, ces « sous merdes » peuvent supporter face à ce que je reconnait bien la, la superiorité FEMININE. il est vrai que j’aimerais bien être à leur place parfois, mais la, ce sont mes couilles qui me traissent en disant cela, en tout cas félicitation pour votre travail de dressage sur ces animeaux, les passages que j’aime beaucoup, c’est quand il est question de broyer leurs bourses , en effet, sans nos couilles nous ne sommes plus des hommes, par exemple, je penses qu’un mec qui confis et livre en sacrifice ses deux boules entre les mains d’une FEMME dominante n’appartient plus à lui même mais il deviens la propriété de sa maitresse. les couilles d’un mâle ne valent plus rien entre les mains de n’importe quel Femmes.
    bon courage pour remettre à niveau ces mecs, Divine Emilie.

    1. IL est vrai que je fais des textes trop longs, quelle serait la longueur idéale ? Que je fasse un petit sondage ^^

      1. Melle Emilie, personnellement je penses que deux pages pour moi me conviendraient bien. mais c’est vous qui décidez Emilie…votre blog est quand même très bien comme il est, j’éspères que cela aidera d’autres Femmes qui se lance dans la domination a mieux comprendre et diriger les bêtes que nous sommes à vouloir se vider les couilles.
        Merci Melle Emilie pour ces récits, de vous lire ça m’aide à comprendre ce que je suis.

  8. Bonsoir Mlle Emilie alors pour répondre à votre petit sondage vos textes ont la bonne longueur ca permet de « s’immerger dedans et de profiter de la qualité de vos descriptions et de votre écriture magnifique.

    Ce post et cette histoire avec 3 soumis est sublime à chaque fois je frisonne et mon imagination marche à plein régime. Je me demande d’ailleurs si vos « ascendants japonais » ne vous aident pas à rester impassible est sévère quand vous avez juste envie de partir en fou rire…

    J’admire également votre maitrise de la psychologie masculine car la psychologie féminine est bien plus complexe, mais absolument fascinante à étudier…

    Je vous remercie sincèrement

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